‹ Constantinople byzantine et les voyageurs du LevantChapitre 25 sur 34 · VV · texte numérisé non relu

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Fig* 54 . Yctli-Koulé-Kapou

ÇONSTANT]NOPLE BYZANTINE

Ceux-ci n’avaient pas autrefois cet aspect dépouillé et dégradé. Les marbres jetaient une note clairè ici et là. Les jeux d’ombre et de lumière interrompaient la monotonie de ces longues murailles. Des ornements en brique, niches, fleurs à six ou huit pétales, losanges, dents de scie, grecques, retenaient le regard sur ces immenses façades J . L’ornement céramoplastique, combiné avec l’incrustation de marbre, formait un de ces ensembles savants où excellaient les architectes constantinopolitains. Même sur les architectures militaires ils savaient joindre l’agréable à Futile, la grâce à la force.

Le long des murs maritimes, qui protégeaient le rivage baigné par la Marmara, plusieurs ports avaient

été aménagés.' C’étaient des ports artificiels dont la'

construction et l’entretien exigeaient beaucoup de travail et de- dépenses. Aussi furent-ils délaissés quand l’empire byzantin alla vers son déclin. Un voyageur du début du xv R siècle les vit déjà ensablés 2 ; et les Turcs ne firent rien pour les entretenir. Mais quand la ville était dans toute sa prospé-

rité, cette côte présentait un aspect bien captivant. Les jetées, qui s’avançaient dans la mer, les tours, qui protégeaient l’entrée des rades, les portes de fer, qui en fermaient l’accès, les quais où l’on amarrait les navires, les phares, offraient un spectacle plein d’àttrait au voyageur, qui venait de la mer.

des murs, qui présentent un grand intérêt au point de vue épigraphique, puisque la plupart sont datées, devraient être toutes reproduites d’après de bons estampages ou de bonnes photographies.

1 Cf. C. Gurlitt, Die IBaiikunst Konstantinopels, Berlin, 1907, p. 91, fig. 187.

2 Y. plus haut, p. 53 , 63 .

11 embrassait d’un seul coup d’œil toute cette côte depuis la Tour de marbre (Mermer-Koulé) dont les puissantes assises reposent dans les Ilots, jusqu’au

dôme de Sainte-Sophie. Au-dessus des ports et des

murailles, la ville s’étageait en amphithéâtre. Les

Colonnes honorifiques émergeaient de la masse des

habitations ; les multiples églises arrondissaient. le:

dôme de leurs coupoles. En approchant de la. Corne d’Ôr, on distinguait les puissantes sübstructions de l’Hippodrome, surmontées du grand portique circulaire, les aiguilles des Obélisques et. la masse imposante du Palais impérial. En haut, près, de l’Hippo-

drome, surgissait au-dessus de grandes terrasses un groupe compact d’édifices. Plus bas des pavillons épars émergeaient des massifs d’arbres. Près de la mer des façades avec des .balcons et des colonnades se développaient sur le mur maritime.

Dans la Corne d’Or un autre spectacle attendait le voyageur. Deux tours, entre lesquelles on tendait, en cas de nécessité, une grosse chaîne, gardaient l’entrée du grand port 1 . A l’intérieur, dans toutes les sinuosités des deux rives, étaient amarrés des navires, chargeant et déchargeant leurs marchandises. Un pont de pierre barrait le fond du port 2 ; mais on passait aussi d’une rive à l’autre sur des caïques, comme.de.nos jours 3 . Une grande animation régnait

sur les quais et sur les échelles. Les grands escaliers

1 On peut voir cette chaîne ou du moins une chaîne tout à fait analogue, avec ses énormes maillons, à Sainte-Irène, où elle est conservée; cf. A. van Millingen, Byzantine Constantinople, Londres, 1899, p. 228-229.

2 V. plus haut, p; 38 .

3 V. plus haut, p. 43, 47.

de débarquement étaient probablement construits en pièrre^ U en existait sans doute de plus petits en bois, à l'usage des particuliers. Des maisons de commerce est des entrepôts avaient envahi, déjà à l’époque byzantine, la mince bande de terrain, qui s’étend entré le mûr d’enceinte et la mer. Là les changeurs pratiquaient leur trafic comme aujourd’hui *.

Dans ces quartiers commerçants chaque nation, chaque corporation occupait une place distincte et se livrait librement à son commerce ou à son métier. De

même qu’autrefois il y avait un quartier des tanneurs,

dés droguistes, des écrivains 2 , de même, dans le

Stamboul actuel, on retrouve un quartier des selliers, dés bouchers, des cordonniers et des étameurs.

Certes, dans le dédale de ces boutiques, dans l’enchevêtrement de ces ruelles le voyageur avait peine à retrouver sa route,. et lès pèlerins du moyen âge avaient déjà besoin d’un « bon guide ». Il existait cependant des quartiers mieux aérés et moins surpeuplés, avec des « rues larges, pavées dé dalles de pierre 3 ».

Ces grandes artères partaient des portes principales de la ville, reliaient les grandes places publiques et se terminaient au cœur de la cité. Suivant le témoignage de Buondelmonti, elles étaient bordées de colom nades 4 . Ces portiques (eu.poXot) prenaient différents noms suivantle quartier qu’ils traversaient. Ils étaient non seulement une des plus belles parures de la capi-

1 V. plus haut, p. 48.

2 V. plus haut, p. 34 s.

3 V. plus haut, p. 44.

^ V, plus haut; p. 64.

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HT LES VOYAGEURS l>U LEVANT

Fig* 55 . Ancienne maison près de Koum-Kapou.

taie, mais iis offraient aussi un abri contre les ardeurs du soleil et les intempéries *.

1 Cf* Unger, Vienne, 1878, p.

Quellen ia5 s.

lier byzantitiischen Kunstijeschichte,

Le long de oes grandes voies et sur les places se dressaient les édifices publics : le Capitole (to Ka^ex 6Xtov) f, le Prétoire (xb IlfaiTwpiov) .les palais du Sénat 3 , des « basiliques » à péristyles (axoat), un octogone à huit arcades, où Ton rendait la justice et où Ton enseignait 4 .

Les petits palais des familles princièTes et les maisons des grandes familles et dès hauts personnages étaient disséminés dans tous les quartiers 5 * . Beaucoup de maisons tombaient déjà en ruine au début du XIV e siècle, suivant le récit d ? un voyageur Au commencement du xv e siècle les ruines s’accumulent et

certains q Uar tie r s sont complètement inhabités 7 . On peut se demander s’il èn était de même avant 1204. D’après un historien du vi c siècle, les 1 2 constructions, « liées ensemble », s’étendaient partout, sans inter-

ruption. On rencontrait rarement un espace libre 8 . Pendant la première période de .l’empire la population devait être plus dense. La prise de Constantinople par les Croisés porta à la ville un coup très

Sensible. Beaucoup d’édifices avaient disparu avant

la conquête turque, Aussi les habitations musulmanes envahirent vite ce vieux sol déjà tout couvert de

1 Cf. Unger, op. cit., p. 246; 'Mordtmann, Esquisse topographique de Constantinople, Lille, 1892, p. 70.

2 Cf. G. Laskin,. Zamjetki po drevnostjam Konstantinopolja (Vizantijskij Vremennik, t. III, 1896, p. 338 ).

3 Cf. Ricliter, Quellen der byzantinischen Kunstgeschichie, Vienne, -1897, p. 393 s.

/( Cf. Ricliter, op. cit., p. 405 s.; Mordtmann, op. cit., p. 66.

5 Cf. Notitia urbis Constantinopolitanae dans Notitia dignitatum, édit. O. Seeck, Berlin, 1876, p. 23 o s.

c V. plus haut, p. 41.

7 V. plus haut, p. 48, 59.

8 Cf. Agathias, Jiist., V, 3 , édit., Bonn, p. 283 .

i:t les yoyageurs iju levant

ruines Mais sous la domination turque subsistèrent

ces grands espaces inhabités, qui ont été signalés avant la datede Les uns étaient des lieux vagues,

où croissaient des cyprès; les autres étaient occupés par des jardins. Les voyageurs du xvi ' 1 siècle ont vu

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