Kirk-Teliesmé* Décoration d’une fontaine
ce Stamboul, tel qu’il apparaît encore aujourd’hui dans certaines de ses parties Et Clarke pouvait dire non sans justesse que la ville moderne ressemblait beaucoup à la cité ancienne :t .
1 V, plus liant* p. Gy*
- V* plus liant, p* 69, K G, 98, Sur la (xviir siècle), on remarque aussi dans vides; et. Mordtmnmi, op* cit+, p. Go, 72, ;i V* plus haut, p, 208.
vue perspective de Se ut ter la ville de grands espaces
CONSTANTINOPLE 1ÎYZANT1 NE
fc -h
si’
If 1
Aussi, dans l’état de délabrement où se trouvait déjà la ville avant la conquête musulmane ne faut-il pas s’étonner si bien peu de monuments ont été. conservés. Tekfour-Séraï et les ruines connues sous le nom de Maison de Justinien sont des vestiges authentiques de l’époque byzantine. Sur ces façades s’ouvrent des arcades et de grandes baies, devant lesquelles s’étendent des balcons 1 . Tekfour-Séraï était recouvert primitivement par une toiture en charpente. La maison à pignon, avec toit à double pente, èst représentée sur les dessins du xv° et du xvi c siècle et sur les miniatures. Mais l’habitation à terrasse et
à-plusieurs étages y apparaît aussi fréquemment 2 . La maison de Jean Zygomalas, signalée au xvi c siècle, appartenait à ce dernier type 3 .
Au iv® et au v° siècle les maisons des particuliers et les échoppes devaient être séparées des édifices et des entrepôts publics par un intervalle déterminé
1 V, plus liaut> p. 17, 18^ 140*.
9 cf ; ] a gravure reproduite par Panvinio (v. plus haut, p. 63 ), le. plan de Buondelmonti, l'ancien plan imprimé entre i 566 et 1S74, les dessins de Melcliior Lorcli, le plan de Yavassore (v. plus haut, p. 53 , n. 5 ; ch E- Oberhummer, Konstantinopel unter Suleiman dem Grossen , Munich, 1902, pl. VIII, XI, p. 21, 22; E. A* Grosvenor, Constantinople , t. I, Londres, 1895, p. 5 i), la gravure insérée dans la Chronique de Nuremberg. (Cf, Th. Reinach, Revue des Etudes grecques, t. IX, 1896, p, * 102), la vue ancienne reproduite par F. Murhard (v, plus haut, p. 212, n, 4). Sur les miniatures du Skylitzès de Madrid (xiv e siècle), 011 remarque des maisons à pignon, d'autres à terrasse; (cf. L. de Beylïé, L 9 Habitation byzantine, Paris, 1902, p. 90, 94 ^ 95 ). Les architectures, qui apparaissent sur ces miniatures, sont souvent plus ou moins conventionnelles. Ainsi pour le « palais d’Hormisdas ou Boucoléon », les différentes images ne se ressemblent guère {Ibid., p. 134-1 3 /).
3 V, plus liaut, ( p. 102.
ET LKS VOYAGEURS DU LEVANT
par les édits impériaux 1 . Les maisons privées ne devaient pas empiéter sur la rue. Les balcons ( solaria , qu’il était interdit de construire
exclusivement en bois, devaient avoir entre eux, quand ils se faisaient face, un espace de dix pieds.
Fig. 57. Kirk-Tchesmé.
Décoration d'une fontaine.
On 11e pouvait en construire sur les façades, si la rue n’avait pas cette largeur. Ces balcons devaient être à
quinze pieds au-dessus du sol et n’être soutenus ni par des colonnes en pierre ou en bois, ni par des pans
1 Cf. Codex Theodosîamts, édit. Mommsen, Berlin, igoS, XV, t, 4, p. 801-802; XV, 1, 38 , 39, p. 810 ; XV, t, 46, p. 812 : édits de 3 a 6 , 3 t) 8 , 406; Codex Justinianus, édit. P. Knieger, Berlin, l 8 y 5 , VIII, 10, 9, il, p. 334 ; édits de 406 et de 4^3.
de murs, afin que l’air pût circuler librement et que là' rue ne fût pas obstruée. Etaient prohibés les escapartant du sol de la' voie publique et donnant accès aux balcons. Toutes ces prescriptions avaient pour but d’ écarter lé danger dés incendies.
Quant aux portiques publics, qui longaient les grandes artères, il était interdit de les clore par des constructions en bois ou par des planches disposées dans les ehtre-çolonnemerits. Les escaliers en bois, donnant accès à la partie supérieure des portiques, devaient être supprimés et remplacés par des degrés èU pierre. Les boutiques ne pouvaient avoir plus de six pieds de large et sept pieds de haut ; un passage libre, permettant d’accéder du portique à la rue, devait être ménagé de chaque côté 1 . Ainsi les boutiques ( tabernae , êpyacrT/jpto) étaient rangées le' long des arcades, sur la rue même. La partie supérieure des portiques formait une: allée, à laquelle on accédait par des escaliers 2 .
Dans le dédale des rues populaires, des balcons
s’accrochaient aux façades des maisons. Les archi-
tectes de Constantinople adoptèrent vite les étages à encorbellement, qui permettaient de gagner dé l’espace sur lès rües 3 . Ceux-ci se perpétuèrent après la conquête musulmane. La maison de Koum-Kapou, bien qu’elle ne soit probablement pas byzantine,
1 Cf. Codex ,Theodosianus, XV, i, 45, p. 812 : édit de 406 ; Codex J us fini anus, VIII, 10, 12, p. 335-337 : édit de l’empereur Zenon.
- Cf. Th. Preger, Scriptores originum Consi antino politanarum, t. II, Leipzig, 1907, p. 148. Sur les miniatures de Skyliitzès apparaissent des portiques, dont les colonnes sont surmontées d’arcs en plein cintre ; cf. L. de Beylié, op. cit., p. 41, 43, 90.
8 Des étages à encorbellement sont représentés aussi sur les miniatures de Skylitzès; cf. L. de Beylié, op. cit., p. 90, 94-95,
comme semble l’indiquer l’examen des matériaux et du ciment, a conservé l’aspect d’une habitation ancienne, avec ses fenêtres surmontées d’arcs en plein cintre, son balcon couvert analogue à celui de Tekfour Serai 1 (lig. 55 ). Parmi les . rues étroites de
Stamboul, il en est plus d’une qui, avec leurs mou-
charabies, évoque l’aspect delà ruelle du moyen âge.
Les bains turcs avec leurs coupoles ont aussi gardé les dispositions essentielles des thermes byzantins, qui étaient très nombreux et disséminés dans tous les quartiers 2 . Par contre on ne peut plus évoquer que le souvenir des anciens monastères, qui ont tous disparu. Les relations de voyage apprennent que la . forme préférée était en carré, les bâtiments s’alignant sur les quatre faces de l’enceinte
Le décor de la ville était adapté à sa disposition monumentale. Partout le voyageur rencontrait des «œuvres d’art. Les portiques publics (sjj.Goào',) étaient couronnés de statues et décorés de marbres 7 *. Sur les
1 Cf. I— de Beylié, op. cit., Supplément, Paris, 1903, p. 4; C. Gurlitt, Zur Topographie Kojistantinopels im XVI Jahrhuncïcrt (Orientalisches Areliiv, janvier 1912, p. 56 ). Les maisons massives du Phanar et de Galata ont gardé des traits empruntés aux habitations byzantines, les balcons couverts, les fenêtres à plein cintre. Mais les maisons génoises et vénitiennes notamment ont conservé sans doute le caractère architectural de l’Europe occidentale.
- Cf. Unger, op. cit., p.’ 269; Notifia dignitatum, édit. O. Seeck, Berlin, 1876, p. a 3 <> s.; Ch.Texierct Popplewell Pullan, Architecture byzantine, Londres, 1S64, p. 176-178, pi. K VIIj de Beylié, op. cit., p. 6, 7;
a Y. plus haut, p. 46, 104.
'> Cf. Chronicon paschale, édit. Bonn, p. 528 ; Th. Preger, op. cif. t
CONSTA NTI NO P L E
places principales se dressaient les colonnes triomphales érigées par les empereurs, Constantin le Grand, Théodose le Grand, Arcadius, Marcien, Justinien I er , et des colonnes honorifiques, celle de l'impératrice Eudoxie 1 et celle qui s’élève dans le jardin du Sérail 2 . Nombreuses étaient les statues impériales 3 . Les portraits d’empereurs que les historiens
ont tracés dénotent un souci d’observation et l’art de noter ce qu’il y a de plus expressif dans la figure humaine, la physionomie, le regard 4 . Jusqu’à la fin du vin'* siècle l’on sculptait ou l’on coulait des statues de marbre, de bronze et d’argent, représentant non seulement les empereurs, mais les impératrices et les membres des familles princières 5 .
Les saints avaient aussi leur statue. Constantin le Grand avait fait placer dans le vestibule du Grand Palais, la Ghalcé> une statue du Christ, qui resta
debout jusqu’au règne de Léon ITsaurién 6 . Sur les fontaines étaient placées les images de Daniel et du Bon Pasteur 7 . Çes fontaines étaient probablement aussi
nombreuses à l’époque byzantine qu’à l’époque turque. L’une d’elles, située près de Sekban-bachi-Mesdjid,
1 V. plus haut, p. 233 .
2 V. .plus haut, p. 22.
a Cf. Th. Preger, op. cit., p. i 38 , l 5 o, i 5 S s.
•'* Cf. Cedrenus, édit. Bonn, t. I, p, 552 , 587 , 607, 61 5 , 636 , 642, 680, 688, 691, 708, 714.
Cf. Heine (Commentationes societatis regiae scientiarum Gottingensis, t. XI, 1790-1791, p. 3 g); Delbrueck (Roemische Mitteilungen, t. XXVIII, 1913, p. 3 io s., pi. IX s.) ; Ch. Diehl, Manuel d’art byzantin , Paris, 1910, p. 262-263; O. M. Dalton, Byzantine art and archaeolocjy , Oxford, 1911» P* 122.
*> Cf. J. Ebersolt, Le Grand Palais dç Constantinople et le livre > des Cérémonies, Paris, 1910, p. 21.
" Cf. O. M. Dalton, op. cit., p. 12 . 3 .
• lrT" 1 ï r
-il ! ii
IÎT IJ’.S VOYAGEURS DU LEVANT
a conservé son ancienne décoration J . Sous une arcade une dalle sculptée représente deux paons affrontés de chaque côté d’une phiale à pomme de pin, d’où s’échappent des rinceaux. Des plaques sculptées d’entrelacs, de fleurs et de rameaux, complètent cet ensemble, qui est une rareté, si l’on songe à la quantité de jets d’eau , de phiales, signa- /
lés par les textes ^ —/I \ \ \.
dans les palais 7 ) \
et les églises Vj Jy§j5ï2C___ y\ / )
(fig. 56, 57 ), çl /— / /
Les grands ^ ^
édifices, étaient
aussi décorés de tic. 58 . lête de Méduse,
, , A i près de Sainte-Irène.
statues. A la 1
Porte Dorée i;
se dressaient des statues d’éléphants 2 ; à l’Hippodrome des statues d’animaux étaient érigées près des colonnes historiées perpétuant le souvenir des cochers du Cirque 3 4 . Les statues antiques, qui furent enlevées aux grandes cités surtout sous le règne de Constantin le Grand, vinrent peupler les portiques,
les places et les édifices de la Nouvelle Rome *. Constantinople devint im véritable musée d’art antique 5 . Aux thermes de Zeuxippe, Constantin avait
iîji
iii ji
.i|ll
fri ‘
ji ;
1 Cf. Mordtmann, op. rit., p. 71.
2 V. plus haut, p. 29, 3 g.
• :1 V. plus haut, p. 34, 3 g, 5 i ; cf. Unger, op. rit., p. 317 s.
4 Cf. Preger, op. rit., p. 152 s., 189, 191, 194; Heine, /oc. cit. r p. 3 s.; Dalton, op. rit., p. 121-122.
■'* Cf. Nicétas Chômâtes, De sîgnis Constantinopolitanis, édit- Bonn, p. 856 s., 859 s.