‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 27 sur 39 · H 5,800 bMbO · texte numérisé non relu

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Lieues.

riSTHME DE SUEZ. SÛ3

Pour connaître quelle serait l'importance d'une communication directe entre la Méditerranée et la mer Rouge par la voie de Suez, il suffit de suivre le mouvement commercial de l'Europe avec TOrient, et Ton remarquera qu'en ls44 la valeur des marchandises exportées des Indes à travers TÉgypte monta à 5,755,810 fr., et que le nombre des passagers s'éleva environ à 4,000. En 1846, les marchandises transportées en Europe par cette voie furent d'une valeur de 6,000,000 de fr., et les passagers étaient au nombre de 7,000. Il est évident qu'une fois le passage ouvert, le commerce de l'Europe avec les Indes, la Chine et le Japon, au lieu de suivre la longue voie par le cap de Bonne-Espérance, passerait par Suez, qui deviendrait ainsi la seule voie de communication entre l'Europe, l'Asie et les Iles. Ce commerce est évalué en moyenne à 1,020,000,000 de francs ; et il faut remarquer que les frais de transport, les risques et les avaries seraient infiniment moindres en ne doublant pas le Cap.

Mais, pour ne pas froisser les intérêts politiques des puissances de l'Europe, il conviendrait que le canal devînt la propriété des principales puissances maritimes de l'Europe, la Turquie et l'Egypte comprises. Ces puissances seraient : l'Angleterre, la France, l'Autriche, l'Italie, la Russie, la Turquie et l'Egypte ; chacune d'elles, au prorata de ses affaires commerciales avec rinde et de son intérêt, concourrait à la dépense générale du percement.

Ceux des Etats européens qui auraient concouru à

l'exécution du canal de Suez, pourraient percevoir un droit de transit, et feraient les frais de l'entretien et de la conservation du dit canal.

Le droit de transit sur les marchandises pourrait, pendant les cinquante premières années, n'être que de un pour cent sur la valeur des marchandises; mais, ces premiers cinquante ans passés, la recette se réduiraità la moitié, soit à un demi pour cent.

Or, le mouvement commercial maritime entre l'Europe, les Indes et la Chine est évalué à quatre cent mille kilos de marchandises représentées par une valeur de un milliard cinq millions de francs; un pour cent sur cette somme produirait donc dix millions, et, en déduisant de ces dix millions trois millions pour frais d administration et conservation du canal, il reviendrait sept millions aux parties intéressées.

Ainsi, les puissances qui auraient rendu un si grand service à leur commerce et à leurs rapports maritimes, non-seulement verraient s'accroître ces rapports, mais encore s'assureraient des profits importants pour le transit des marchandises qui prendraient cette voie.

La propriété du détroit ne pourrait et ne devrait être qu'un passage neutre et pacifique ; il ne devrait appartenir à aucune puissance exclusivement , mais à toutes les nationalités reconnues. Le commerce et Tindustrie des peuples les plus développés feraient de ce canal une route sacrée et commune; on devrait y défendre le passage des navires de guerre, de même qu'on les interdit dans le Bosphore.

LISTHMË DE SUEZ. 207

Chacun des États qui aurait concouru au percement de l'isthme serait représenté sur les lieux par un agent; ces agents réunis formeraient le conseil d administration du détroit. Tout en sauvegardant, bien entendu, les intérêts de leurs nationaux, ils veilleraient à la police du passage.

Ces agents pourraient être appuyés d'un nombre égal de soldats qui, casernes dans une forteresse, seraient employés à garder le détroit contre les Arabes^ et commis à la visite des arrivages par cette voie.

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