‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 37 sur 39 · SIDON ET SALNT-JEAN-DACRE · texte numérisé non relu

SIDON ET SALNT-JEAN-DACRE

les côtés par nos balles, nos bombes et nos boulets ; les Vues encombrées de fragments de bombes, de pierres et d'armes abandonnées ; à côté d'un cheval mort, un soldat qui se débattait dans les crises de Tagonie; près du cadavre d'un homme, une bète mutilée se remuant encore.

Cette scène d'horreur devenait plus épouvantable sur les lieux où le magasin à poudre avait éclaté. Son explosion avait entraîné la chute d'une partie du fort qui donnait sur la campagne au-dessus d'une vaste caserne d'infanterie. Dans cette explosion, seize cents hommes furent ensevelis sous les ruines. Les mourants et les morts gisaient pèle-mèle avec les cadavres des bœufs, des mulets, des chameaux tués, écrasés, moulus sous le poids des pierres qui les couvraient. Il y avait des hommes entièrement défigurés ; d'autres se traînaiejit pleins de sang et s'accrochaient aux poutres pour respirer. Enfin, rien ne peut exprimer ce qu'il y avait de terreur dans nos âmes, de souffrances dans nos cœurs, quand, l'exaltation du combat terminée, nous fûmes appelés à débarrasser tous ces décombres pour porter du secours là où on espérait sauver encore quelquea existences.

Daiis cette attaque, deux mille hommes environ périrent, seize cents sous la poudrière, et quatre cents sur le fort et dans la ville.

Les Anglais, d'après le bulletin de Stopford, perdirent douze hommes et un officier; trente-deux furent blessés; les Turcs n'eurent que deux morts et trois blessés; l'escadre autrichienne, deux morts et deux blessés; la

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àfëêëè^ Ml tiim*t ; ta Ùmrrieru, né f»ort et d^nx blessés . Les déHfïrtiageft qu'éprdUtèMit les ^fra^ireé allié6 furent ptbsquè nu h.

iite<^ k chute Aè Sâiiit4eaft^d*Acrè , Mé%éynel;^AIi pbbfi&ît Mt^bidérer la Syrie c<^i(^iAe perdue ]!K)Ut* lui. En •effet, n'^lait-UpasektlIiordînailre que les quelques fni lie Mldats employés tontre loi pteLi* les quatre puissances reubseht vaincu, lui qui avait à sa disposttioti, sous les ôfdfesde Sôn fils Ibrahim, uneforcB<ïuititôple à opposée?

En 1830, Méhémet^Ali disait au divan df» Kén^ : •t>e tous les Européens qui ont travaillé pour md, trois A'ôrft rendu dègt^andsbervices : Selve, GérisîjrelClôt. €Ses Français sont les premiets Francs <fue j'ai connus, et ils ont toujours justifié la haute opinion que j'avais conçue d^x lors de lekpédidon de Uobaparte.» Ces paroles n^élafent point une flatterie de circonstance; il n^yavuit à ce moment dahs le divah que le prince l^uckler' Muskaw, un coloYiel russe, M. Gampbell, consul anglais, fejtleâ gouvèfrnéuhs dé Kén^ et d'Esneh.

Kitt ingénieur itriien, Delcarettô, qui avait fortifie Saint -Jean-^*Acre, depuis que cette ville était tombée entre les mains d*Ibrahim , fut le premier à passer à l>OÉrd de la flotte anglaise peur communiquer le plan de la place et diH^r le feu. Un Anglais, M. Bretelle ingénieur des mines 9 se rendit également coupable d'uoe pareiHë thihisem. Pendant dix ans il avait parcouru la Syrie aux (hits du gouvernement égyptien; il connaissait parfaitement les dispositions des diverses parties de la populsttion, ^t le fm et le taible de dia^ue loea-

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lîté. A la Aobyellè du projet de coalitioii européenne contre rhomme dont il avait accepté les bienfaits et pos*i^édé la cpnfianee, M* Bretell passa en Angleterre pour donner lea renseignements nécessaires au soplèvement de la Syri/9 et à la conduite des opérations militaires dans cette contrée. Les Français n ont point été coupable» de félonies s^blabtes; Tous suivirent Tbonorabieei^eni pie donné par Soliman-Pacha, et restèrent inébranlablement Mêles à la cause qu'ils avaient embrassée. 11 faut dire aussi qu'ils ne se trouvaient pas dans la nécessité de porter, d^nt celte campagne. \p^ armes contre le drapeau 4e leur pays, et que même jusqu'à la fin ils espéraient le cdneonrs de la France.

A lia nouvelle de la prise de Saint-Jean* d'Acre> Méhé- {uet-'AU donna ordre d'Alexandrie d'envoyer dans la Syrk neuf frégates. Le vaisseau amiral était sur le point 4e sortir quand le bateau à vapeur le Cyclope et d'autres navire^ pIaQé9 à l'entrée du port s'y opposèrent.

te 6 octobre^ la colonel Leb^eltern, débarqué de bon Inatin fm iH>mpagnie du cadet Botta, pour prendre une eonfiaissaûce exacte du fort et en dresser le plan, man- ^^a â'y être enseveli avec quatre cents liomn^s pqir upe ^epndie e^ploMon qui eut lieu un peu avant qu'il y mtt Iéï piedv iCe nouvel embrasement fut produit par le^ matière*^ «^fJarpflfiées qui, sous terre et parmi les déçoiA^ l^ra^t vinrent atteindre quelques biarils de poudre abançbuii«9. U'arebiduc descendit à terre immédiatement, se porta sans délai sur le lieu de I événement» et remar^ qya>q[U UAdoOjou et un pan de mm>aiUe étaient tombés.

Le colonel anglais Smith avait été blessé à cette occasion.

Pendant que ces choses se passaient ainsi, le major Logotetti, commandant la corvette la Clémence, qui était restée devant Alexandrie aux ordres du commodore Fischer, commandant du vaisseau anglais V A$ie^ passait à Tripoli, où il arrivait au coucher du soleil, le 16 octobre, malgré une furieuse tempête qui lavait assailli en chemin. Il informa immédiatement 1 archiduc, qui se trouvait là, de 1 état des choses.

Le major Logotetti, depuis le matin du 17, avait arboré son pavillon. Un horrible fracas qui partit de la ville vint frapper son oreille: Informations prises, il apprit (|ue les Égyptiens, à la vue du pavillon autrichien, avaient encloué leurs canons et mis le feu à la poudrière. L'agent consulaire d'Autriche et quelques citoyens vinrent à bord prier le commandant de vouloir bien envoyer un détacbement afin d'assurer la vie et les biens des habitants, ce qu'il fit en envoyant une petite expédition sous les ordres de Martinitz, porte* enseigne de vaisseau. Cette expédition était composée de soixante hommes pourvus de deux machines à fusées. Sur une autre embarcation, le cadet Donadini était prêt à protéger la retraite du petit détachement dans le cas où les circonstances l'exigeraient. Le lendemain, le commandant s'empara du fort, et planta le drapeau ottoman au milieu des drapeaux des quatre puissances, La corvette le salua de vingt et un coups de canon.

Le bruit courut que la cavalerie égyptienne se nortait

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sur Tripoli, et qu'Ibrahim, s'étant aperçu que la ville n'était défendue que par une seule corvette, regrettait d'avoir fait sauter la poudrière et encloué les canons, et qu'il venait pour s'en emparer. Cette nouvelle répandit quelques alarmes parmi nous. Nous nous retirâmes de la ville, après y avoir établi toutefois un gouvernement provisoire. Le détachement fut échelonné pour harceler Tennemi. La corvette se mit à Tancre près de la côte, et les embarcations furent armées avec ordre de 8e tenir prêtes au premier signal. Pendant que l'équipage de la corvette prenait ces dispositions, on envoyait les montagnards armés pour prévenir les Egyptiens au cas où ils tenteraient une attaque. Rien cependant de tout ce qu'on craignait n arriva. Ibrahim et ses troupes ne se montrèrent pas, et jusqu'au 17. novembre la forteresse eut garnison autrichienne. Plus tard, le commandement en fut remis au pacha qui y avait été envoyé exprès pour en prendre possession au nom de son souverain. La corvette n'ayant plus rien à faire, partit par ordre de notre contre-amiral pour Beyrouth.

Stopford fit remettre à notre contre-amiral, à Saint- Jean-d'Acre, la dépèche suivante du 5 novembre, qui fut lue le lendemain à bord de tous les navires :

tt Après le succès éclatant qu'a obtenu l'escadre de S. M. Britannique, réunie aux forces autrichiennes placées sous votre commandement, je saisis avec un vrai plaisir les premiers instants de tranquillité pour vous exprimer mes plus vifs remerciements au sujet des services que les forces autrichiennes sous vos ordres ont

M EQYFn.

l^nduè dettliètr^nitAt dàhs lattà^ùe de 8àint4éàfo-à* Aère. ië Tbud prie, Motlfeieur, dé vouloir bien coiïiiiiuniquer mes BetltimenU à S. A. I. Tàrebidue j^rédérie et à toti^ iey offleierA et Êquipàgds de Tëséâd^e a^lri-^ chienne, h

U 10, noué (tmèd Voilé p6tir Beyi^outh, àfid de raltiei^ lë l*e6tè de Ift flotte qui mouillait dand eon pctft. Le 12; ptusieUk*^ èmbàrcationd venant dé Gonstantinopie itti-^ tenta terre la milice ottomane. La garnison tnrque pèû-^ vaitètre évaluée èh Syrie à àei^e mille homméë. Il y avait ded vigoureux montagnards en gi^and nombre quj fhftpitèt^tit bien vite utié salutaire teri^eur âfidë le payé; îlâ empêchèrent les Syriéris, attachés énèorè à là ctuié dé Méhémet-^AIi, de tëntel> là moiddrë téâcfidÈi en éë fàtéur.

Le 15, le vàpetii* MèHernfch apporta des dépêebéiJ impéi^ialèë et la décoration dé SfUriè Théine i{ûé l'ërii^ {kîretik* àéiiiUrdàit â son côiisin Frédéric pbUr k prisé dé fitdôtf. A l^occasion de cette nouvelle^ 1 amiral St6p-^ ford et 4J6ilt t*état-inàjor anglaié se téuhii'ent te jour sbi^ vbnt à 1 elà^major autrichien datiS un Sdniptuëux ban-* ifùéit fLë ëorttfè-érriiral Bàndiera en donna UH àittrè iè lendemhitt S bébd àé la Ulédée.

Pëùdantcjeà fîtes, Un bruit sourd ciréUtaii : llëMémet- Ali, disait dri, àtëit réussi à sortir du pbrt d'Alëiandrië avec là fltttte tUrco éjkyptlëttne, et; àprê* avôi? iiHaquê léè^ dlliéS', il les avait mis en déroute et répris Sainilëan-d'Acte. Ge bruit était taux. Méherhël I aVait lait i€pandré j^atâii sléâi troupes poûf èftipëchér Iti d^ciioÀ,

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qui augmentait de jour en jour. Cinq mille Arabes, qu'il avait fait blottir, pour ainsi dire, dans les rochers et dans tous les enJroits cachés, pour qu'ils se jetassent sur les détachements isolés et qu'ils inquiétassent par la terreur la sécurité des habitants qui avaient fait leur soumission, se dispersèrent petit à petit devant l'attitude des alliés. Ibrahim, ne pouvant plus rien tenter d'important, se retira à Damas.

Un bateau à vapeur turc, qui venait augmenter la garnison du continent, apporta au prince Frédéric la décoration de Tordre chevaleresque de Saint-Georges de Russie, accompagnée d'une lettre autographe de l'empereur Nicolas, ainsi conçue :

)« Prince Auguste,

« Très-sensible aux preuves de courage et de disci- « pline militaire par lesquelles a'ous vous êtes distingué « dans les derniers faits d'armes en donnant un exemple a de valeur et de sagesse ; pour vous donner une marque a de contentement et d'affection, nous vous décorons « de l'ordre sacré de Saint Georges, que vous voudrez a bien agréer comme un gage du désir que nous avons a de vous voir poursuivre le cours glorieux que vous a avez commencé sous de si heureux auspices. Nos es- « pérances ne sauraient être mieux appuyées, puisque € vos actions concourent déjà à les consolider.

« Nicolas. »

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CnAPlTllE IX.

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