SU)O.N ET SALNT-JJ:AN-J)AI:HE
derrière les maisons le long 4a rivage. Une fois à terra» on yit le cadet Cbinca , de Brescia , pprte-enseigae , grimper jusqu'au sommet des boulevards en se crarpponnant aux débris d'une ancienne muraille; il était suivi de quelques hommes intrépides comme lui , et cherchait à s'introduire dans la ville.
Un bien petit nombre d'ennemis, quelques balles bien dirigées eussent suffi pour se débarrasser de ces hardis assiégeants. En effet, par un pan de mur éboulé qui ouvrait une brèche profonde, on les vit un moment disparaître; on crut qu'ils avaient été massa/^rés; mais cette crainte cessa bientôt^ quand tout à coup on vît flotter en haut de la terrasse le dra{>eau autrichien ; lo'était Chiûca, un enfant de l'Itialie, qui l'avait arboré»
Sur cette brèche tombi^ Le marin Ciriolo, frappé de trois balles, l'une à la poitrine, les deux autres au yisage. Là aussi fut renversé p^r une balle reçue dans la poitrine un ^utre marin, Bagotti, qui gjuérit pourtant, de sa blessure par les soins du docteur Minonzio. Le drapeau de Chinca était criblé de balles.
L'audace des nôtres déeoijragea telleipent les Egyp-^ tji^ns, X|ue bien peu osèrent traverser les petits sentiers pour tirer sur nous. En lattendant^ les Anglais enfon^^ rent les portes, et^ ayant chassé les ennemis, venaient nous rejoindre. Les Turcs, débarqués près de ladouaae, sa réunirent wssi, et à quatre heures Sidon ét^ eiji notre pouvoir.
£.66 Ar^lxes, itonnés de la discipline et de la vaiepr froide et tout à la fois ^nthousiaslbe des Suropéwis., M^
posèrent les armes au nombre de seize cents ; le reste prit la fuite. On dit que dans cette attaque Méhémet- \li eut trois cent cinquante morts et un grand nombre de blessés. Il n'y eut de notre côté que trois morts et quelques dommages éprouvés par nos bâtiments.
La possession de Sidon nous mit en communication ivec la Montagne, et par là en position d'armer le Liban méridional et de faire avancer nos forces contre l'émir Beschir. Le même jour, le commodore Napier envoyait au prince Frédéric la lettre suivante, pour témoigner sa satisfaction du succès obtenu par la Guerriera :
i< Je ne puis quitter Saïdèh sans exprimer à V. A. 1. f< mon entière approbation pour la bravoure des offi- « ciers et des hommes de la Guerriera^ qui, cohjoiute- « ment avec l'infanterie de marine anglaise, ont émir porté d'assaut le château qu'on leur avait désigné.
et Je remercie en outre V. A. I. pour la position prise « et pour la précision du feu des canons de sa frégate.
<c Dans toute expédition qui pourra désormais avoir oc lieu, il n'y aura pas pour moi de plus grande satis- « faction que d'avoir V. A. L dans mon escadre. »
En reprenant maintenant les détails interrompus sur Sidon, je remarquerai que la ville moderne occupe précisément l'emplacement de l'ancienne; mais elle est un peu moins enfoncée dans les terres. On y rencontre des ruines de la plus haute antiquité, et un vaste jardin de citronniers et d'orangers.
La plupart de ses habitants sont arabes ou catholiques romains. Cette ancienne métropole de Phénicie, si
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renommée pour son commerce et pçur son carmin, n'a pas entièrement perdu son habileté à teindre la soie, dont on fait encore des robes et des écbarpes pour les habi^ tants.
Cette ville fait aujourd'hui avec succès le commerce des cèdres.
De même que tous les Syriens, les habitants de Sidon se couchent sur des nattes et sur des tapis qui leur servent de lit la nuit et de siège le jour.
L'intérieur de leurs maisons est tenu avec la plus grande propreté ; mais les rues, les portiques et les avenues de la ville sont encombrés d'ordures d'où s'élèvent des exhalaisons nuisibles, et l'immense quantité d'insectes qui s'en dégagent font naître des maladies qui déciment le pays. Je rapporterai à ce propos ce qu'écrivait un médecin célèbre de l'expédition.
« L'ophthalmie, maladie perpétuelle ici, sévit dans toute rÉgypte. En parcourant ces rues étroites, on voit tous les degrés delà maladie, depuis la simple congestion jusqu'à la destruction complète de Toeil, et les ravages qui résultent d'une inflammation négligée. 11 pa« raît que le malheur commun , au lieu de rendre les Arabes plus avisés sur le danger, les porte au contraire à s'abandonner à une résignation commune et à ne se soucier de rien ; car la plupart ne prennent pas le moindre soin de leur infirmité. Des vieillards, des femmes et des enfants de tout âge et de toute condition en sont attaqués, et tous se mêlent ensemble sans aucune précaution. Maintenant le tiers de la population est aiïecté de
cette maladie, et il suffit de suivre un eonvoi funèbre pour voir combien d'aveugles le sont devenus^ bien moins par l'influence du climat que par le défaut de soins et de remèdes. »
D'après l'opinion de beaucoup de médecins oculistes, la cause qui fixe la maladie dans ce pays est l'humidité. Presque tous les Arabes dorment dur des terrasses à la belle étoile» et ceux qui se tiennent à l'abri de la rosée passent la nuit renfermés entre des parois humides et couvertes de salpêtre. On doit reconnaître aussi, comme une des causes influentes, celle supposée par Grégor. « Souvent I dit cet auteur , on aperçoit un grand nombre de inoucbes qui volent autour de ceux qui sont attaqués d'ophthalmie, et je soupçonne que souvent la maladie se propage par ce moyen* »
Les côtes de la Syrie fourmillent d'une quantité de nftouches dont il est impossible de se préserver. Leur opiniâtreté les a fait appeler importunes. Noua avons remarqué qu'elle^ se jettent sur les y6ux préférableme&t à toute autre partie du corps. L'Arabe d*y habitue, et il ne se donne même pas la peine de les éloigner» Il est pr^ableque c'est eh passant ainsi des yeux malades aux yeux sains que les mouches propagent l'ophthaloiie.
Au nombre des prisonniers que nous reçûmes à bord delà frégate^ beaucoup étaient affectés de cette maladie. Malgré les soins empressés de notre chitmrgieii en cheC^ le doeleur Minonzio, la contagion se communiqua à deux de n^s marins, qui en furent attaqués avec tant de vio ^ letice qu'on dut recourir m la médsode la ^os én^^que,
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la méthode antiphlogistique, qui put seule les guérir.
Reveaoas aux détails sur la campagne de Syrie. Le comncMlore Napier, réfléchissant qu'il serait imprudeat de laisser à Ibrahim le temps de rétablir une certaine discipline parmi les siens» et que ce serait, sinon meir tre ea dou^te le succès de Texpédition, au moins prolonger une lutte désastreuse, résolut d'aller à sa reacontre à la tète de deux mille hommes et avec Teseorte de plusieurs montagnards réfugiés.
Après a^dr gra^i les montagnes, il descendit dana uns grande plaine. Là, plusieurs des fugitife qui ^ih imfnt à travers les bois et les détours de ce vaste pays, aacaiurureQt ser^iger sous les drapeaux de l'expédition; ils aononcèrent qu'Ibrahim et Soliman étaient peu élot«gnéi^. Nos soldais s'éiant alors raagés en bataille su^ la route de Danms, cette foule confuse fut mise en déroute au premier choe, et les soldats d'Ibrahim disparurent k l'approche de la ville. h& nombre des blessés, de côté et d'autre, était peu considérable, et le 1 S nous aper* çûmes les nètresqui» au comble de la joie, revenaient à npus avec quinze cents prisonniers.
La démoralisation, la désertion et les dissensicms qui régnaient parmi les soldats d'Ibrs^im, étaient le résul* tat de sa rigueur excessive, qui les poussait à se sous* traire a sa férocité et à chercher la protection des alliésu Ibrahim, désorienté, et ne trouvant pas d'autres moyenspeur les r^aier et les réunir, publia la proclamation salivante :
fc llablUots de la* Syrie ! jeunes et valeureux guer-
riers auxquels le grand Prophète accorda la grâce d'être à mon service pour, défendre avec moi et Soliman les droits sacrés de la nation en même temps que ceux de mon père, votre souverain, ne tentez pas, dans ces moments d'infortune, de vous soustraire à mes ordres.
« Toutes les fois que j'ai été à votre tête, n'avez-vous pas marché de victoire en victoire ? N'avez-vous pas vu fuir toujours l'ennemi devant moi? Les arts, les sciences et le commerce n'ont-ils pas fleuri sous l'administration de mon père? Ne vous a-t-il pas poussés dans la voie du progrès? Pourquoi donc voulez-vous maintenant m'abandonner pour vous mettre à la discrétion des étrangers, qui, dans leur avidité, ne connaissent que leur intérêt, et qui ne sont dominés que par l'esprit de conquête et d'ambition? Ils mentent dans leurs promesses, et ne manqueront pas de vous subjuguer, de vous écraser. Il vaut mieux vivre ignorant et libre que savant et esclave. Qu'avez-vous à désirer sous le gouvernement d'Ibrahim?
oc Tournez un peu vos regards autour de vous ! Ne voyez-vous pas les édifices qui ont été élevés pour recevoir les mendiants , les orphelins et les pestiférés, horriblement mutilés et réduits en ruines! Les baïonnettes européennes ont percé vos amis, vos parents, vos concitoyens... Pouvez*-vous si facilement oublier une telle barbarie ?
« Défendez vos terres contre ces hordes ennemies qui viennent, aux cris d'affranchissement et de paix, vous enchaîner et fouler aux pieds vos lois ! La patrie vous
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demande du secours, ne la trompez pas dans ses espérances; dussiez-vous lui faire le sacrifice de votre vie, vous ne pouvez pas la lui refuser ! . . .
a Vous qui faites preuve de générosité, vous qui avez été mon soutien, venez à mon aide... Je saurai récompenser votre courage avec des honneurs, avec des emplois, avec des richesses. Mais ce qui fera éclater votre gloire dans toute sa beauté, ce sera d'avoir coopéré à votre indépendance et d'avoir affermi les fondements de votre régénération.
<K Ibrahim -Pacha, o
La publication de cet appel, où Ton voit des idées européennes en contradiction avec des faits orientaux, où les mots d'indépendance et de patrie paraissent de tristes railleries en présence de la hideuse domination d'Ibrahim, augmenta au lieu de diminuer le nombre des déserteurs.
Cette proclamation n'obtint aucun crédit sur l'esprit de ses soldats démoralisés par l'attitude de nos troupes dans les combats, par la tactique militaire et par l'union des premières puissances de l'Europe coalisées contre Méhémet-Ali.
Si Ibrahim se fût montré dans cette circonstance le défenseur de l'islamisme, s'il eût invoqué sa victoire sur les Vahabites pour délivrer La Mecque de leur joug réprouvé, il eût mieux réussi, et ses paroles eussent remué le cœur de ses soldats autrement que ne le firent de vaines déclamations sur une liberté et sur une indépen-
GGYPTE,
daM» (ia# w 1m?l»ri6 «riaatale otttMgMMi (|iiotîékm6*
Quoique la perte des fbrteresfte» à^ B^ftoiitii, de Saïdèi^ de Tyr et de^ Tripoli dât 6tee bmseneibla à héioel^iAUf il lui restait eueove quelques ehaMe^ ; l» QQurs d(ss Frao^aie ({u'il atteodait iatpatiemmeatt et Saiot-Jeaard'Acre ^ui n'était pas eneoiie t£)aU>ée dans fee meiaa ds ses ennemie. De cette plaee il pouvait ?epeutser irij(ettreiiee«ent lee atHa^fuee des alliée et Umt faire échouer dans leurs projets. Le génie de Napt^émt à son aiirove- et dane IPUite la vitalité de son audace, après avoir conquis Alexandrie, le Caire et l'Egypte, i^'evnt*<il poB eucoombi devant cette pbute, quand son file Ijbtahim, plue beiNNUMij s'en éteit sendu maitee quel* ques années aupaca^anb ?
Mttie pendant que ie vioe->roi était beveé' par eee idé^ flêtteueee, l'émir Beachir, ohef des montagnards, Catisait sa soumission et s'embarquait pour Beyrouth, eà il ae^ prepeiait de oomplinmntef les amirauat et de metti^e à leur diepeeîtien m mille homme» armés et ritu^ màlla smm erooee^ Apeèaoetto soqmission de l'émii», on pnu^t dire et aeeucer que la Syrie^ conquise pav lee quatn puissances, était rendue au Sultan.
Le 24 an soir, la Gu9tnmr&; en eompagnie de Ih Më^ dée, hiàsàt voile pour SaioiJeaaHt'Ais]»^ etile 35, au dé* cli»^ du îJCHir, ttûue< étions en- yoe db Tyr . Lorsqu'on a pwiri phmeups e6tes reoaittenMs et. andns qui s'étso»* dent en end d'Alkaittasa;, e» débeuebe ei^O) snf mie plaiiieniie^tbpûlée^ eii«bttissonftraiieset<^mtt8* etqni
SIDON ET 3AINT*J£AiVD*ACUE W
se termint à huit lieue» de là daoft la mer» oà ^lU s^mblo s epandre en formant un promontoire aigUt
Au<^delà de ee promontoire, parmi lea roebtts du ri< vage, on voit un point brillant qui ressemble à un vaii^ seau engravé dans la vase ; c'est Tyr ^ la eite naufragé^, connue aujourd'hui plus communément aoui le nom da Sourd. Une jetée en ruines, quelques cabanes de boue adossées à des murailles cfoùlantes, quelques troupeaux de chèvres noires pour toute richessci quelques Arab#a déguenillés pour toute populatioui la Toilà telle qu* la malédiction d'Ëaéchiel l'a Eaite, cette reine des mefl ! Pas une école dans Teiiceinte de U villes de eett4 yille qui inventa Téoriture ( pas un lambeau de soie sur le dos des descendAnts de eeux dont la pourpre babillait les rois ; pas un vaisseaui hors les nôtresi dân» \è port delà grande cité maritime des premiers %ei, de lA Venise antique.
Le 1 2 novèmbrci vers le soir, Musétions défont Sbint^ lean^d'AcrS) et nous jetâmes Tanoi^ devant la foUetisfta,
Les Juifs connaissaient Mh aotis le nom d'Haoo» lea Grecs sous celui d'ÂcooH) Ptoléméei qui VidhetimfMê$ l'appela Ptdémais.. Âpl^ avoir étégrecque etégyptitniiQ^ elle fdevint colofifte romaine aosis rempereur Glaildo} paie ks Arabes la conquirent en 638 $ lea Croisés la. ré# prir^itau commencèmrat d« douaiècieaî^cle« et à e^to époque nous la voyons 4aAe toute ea célébrité.. Deux siècles plus tardielle fut eacnagéci brâ^e» rsiinéo psr ^Si i»èmes Egyptia^a qui naguère Tavai^t embelMe^ JSxétn elle végéla 4aae la m&èr^ et doAi 1 * wUi« j utqu % ce «qùe^
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vers 1750, Ahmed-Pacha en fit sa résidence. Acre eut le don d'appri voiser cette bête féroce . Djezzar (le boucher) , tout en étalant quelques tètes coupées sur ses fortifications, à la manière des tyrans orientaux, la dota pourtant d*uiie mosquée digne de Constantinople, d'une fontaine digne d'Alep,d'un bazar digne de Damas. Quoi qu'il en soit. Acre ne pourra jamais devenir une capitale ; car sa rade est dangereuse, son port est comblé, et ses routes de terre sont presque impraticables.
On y compte dix-huit à vingt mille habitants. Sa position, avec une petite dépense et une petite garnison, peut la rendre une place de guerre assez importante. Du côté du continent, elle est défendue par un double enclos.
Le premier est tout à fait en ruine et consiste dans une muraille haute de vingt-cinq à trente pieds, sur- 7 ontée de plusieurs terrasses, etquiexistait déjà en 1 789 quand les Français en firent le siège. Le second, élevé par les soins de Djezzar, est encore très-bien conservé et bâti de manière à soutenir les coups de Tartillerie ; il existait à Tépoque où Ibrahim-Pacha l'assiégea. Ces deux enclos sont séparés par un fossé. Un second fossé, bordé d'une palissade, sépare le second enclos de la plaine. Du côté de la mer, cette ville a des remparts hauts de vingt-cinq pieds, avec des canons. La citadelle, située au nord, n'est qu'une tour carrée qui domine toute là ville; elle portait, à l'époque de notre expédition, à chacun de ses quatre côtés un canon de gros calibre.
Les bâtiments destinés à Tattaque étaient au nombre de vingt et un, savoir : sept vaisseaux, quatre fiégates,
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deux bricks^ quatre vapeurs anglais, deux frégates et une corvette autrichiennes, enfia un vaisseau turc. Il y avait en tout neuf cent vingt-huit pièces d'artillerie de dix-huit à trente-six, et, de plus, les pièces des vapeurs, dont chacfun portait six canons à la Paixhans. La garnison de la ville consistait en cinq mille hommes, sans comprendre la cavalerie ni Tinfanterie hors de la ville. Les murs portaient deux cent vingt-neuf bouches à feu, dont la moitié dominait l'escadre.
La mer était calme et le temps parfaitement beau. Une brise légère, qui, petit à petit, se changea en un vent du nord assez vif, en poussant la fumée de nos batteries sur la ville, devait favoriser la justesse de nos coups.
A deux heures de l'après-midi, le Castor ^ frégate anglaise, ancrée à portée du fort, commença le feu ; il avait à sa suite le vaisseau du commodore Napier et les autres bâtiments. La garnison ne riposta pas, ce qui nous permit de nous déployer. Quelques instants après, un large drapeau égyptien flottait sur les murs, et, comme s'il eût été le signal de l'attaque, son apparition fut suivie d'une bruyante canonnade sur tous les points ; mais heureusement, les canons ayant été pointés trop haut, leur feu ne nous fit aucun mal. Nous répondîmes vivement à cette invitation, et le drapeau fut abattu par une balle qui rompit la hampe en deux morceaux.
Il est impossible d'imaginer, quand le feu fut engagé de part et d'autre, le bruit infernal que faisaient la canonnade, le feu de la mousqueterie et les cris perçants des assiégés et des assiégeants. Des tourbillons d'une fumée
Doire obftcureissaient l'air» et faisaient qpe le ciel dis pavaisetit toot*à«>fait aai regards. Des boulets enflammés étaient laneés sur la ville, où ils portaient l'incendie et l'épou vante ^ tandis que leur sifflement dans les airs augmentait eaeore la terreur générale. La voûte ténébreuse qui planait sur cette scène épouvantable était éeUirée de temps h autre par la flamme rougeàtre des canons, qui vomissaient sans interruption la ruine e^ la destruction sur Saint*-Jean-d'Âcre.
Gette canonnade , continuée par les nôtres pendant plusieurs heures, aidée du vent qui poussait sur la Tille la fumée épaisse qui s'en dé^igeait, nous permit de faim Jieaueoup de mal à l'ennemi, qui, enveloppé de fumée» n'avait pas la conscience des coups qu'il tirait. Les soldats égyptiens étaient décimés par nos feux. Le CMsmandant de la citadelle, Sohutt, tomba un dee premier. La garnison, éperdue, découragée, ne ripostait pins qu'au hasard.
Vers quatre heures an quart, une poudrière sauta avec un firacae épouvantable. Cette e&plosi(m, eausée praiMUement par qoelques^nes de mm ftisées, ouvrit U9ie large brèche da câté du port. Vers ait hrar^ le feu de fai forto^esse eessa touttà^fait, m qai ttoa« aaifionçafl que nom étions, sinon eneoi^ nwattres de la place, au moins bien près de Têtre.
L'iéqtiipage de la duerri^em , qui n'avait pris que
tfA»<^p»u de mmiriture le matin, harassé de fatigue,
afiès avoir pkteé des «entîn^les, ^^int la permission
» rks ae <eepos€ir. l^da&t«e lemps, et if>eyaft «des \mmà-
SIDON £T flAlNT4l:AN.U*ACRE. 381
iM qai ixmrtiMtli iMigd^ ià^tte ^ «"ttâiMl^tsft ^^« ^yplMis f)iii ittsp«ctiliiil 1m dlfll^tiu petite de là {o9*ermu^ém hitiflttalûiift, pMf ftiir «'itë (miftràifént MMM ptféamttf de U vMMmM.
le eootreiMiifil ttiM Wâlcter^ Mi(>i«aiM ^ tat HlAlriti^
qU'aoè gnnib purtie d«ft Miieiiiîi t'élftit îetîréé 4e It vîifo» ftvtdt £ût d^Mftrquer tmze «i9iiti hommeii de «oti équîptge$ tttti^ «nmme ils kMiA ^ pelit nmAbti3, U avait dentiidé à l'arelildtic on délMliemént pont pM*^ Ffîreatmr ài^fii« Dtiè eeataiiiê d^omme» do ffiariM de boDDe volonté, soldats et artilleurs, MAdûilA ^i* le totoml lidMiltani et i'BKhîdtt^ m pièi«oftti«) d^Mqtièreiit ftur h phge mu «vd^est de la tillt^ «t^ i^uié ftu «M»te d« Nugmt» oout pénéfxAiMs d«tM Tinté^^euf à raids d'me bhkèe flûte par fe t^attoo .
Aci^ «ùtna^e fiidoti^ a de» mas étroites^ tOftMtis^s, et qui pouvaient renfermer à chaque paï dai efUbùèlitsiâ pleîaes df pérîb piuir k petit détaehémaat ^ èltes étaient o^^adaM piaofBf s dam vu profinid stitti»ea> A Meotti^ biwB ptrfaMit de taa de piernia 4pw «alm artiUefie y avait anoMelées» îNMa heartîans^ 4 chaque ^% ^uë QOïis bi«iois«^ de» eadavu^s et è&è ttoaranti. L*ob«eii^ rite augmentait riianrettr des cas qae aeft defniera pouBsai^ftt ÛBJBb kM profondeuf s des raeUei ei des â^ oades {)OQr appeler da aeckKirs. Nous KiMè dans k crainte d'être assaillis à eltia^iie ioatant à l*iiii]^viiit^) sans pouvoir deviimr de i{nd «âté viendrait Tatiaqtte. Le portiques^ les «oiiterraiw^ kà eoitien^ ha InMgâia
3^ Ér.YPTE.
80U8 lesquels les ennemis pouraient être cachés » de* vaient éveiller dans le cceur des plus hardis une terreur légitime ; nous traversions les maisons et les ruelles avec beaucoup de précautions et à pas lents. Le ciel s'étant éclairci, il nous devint facile de voir qu'en plusieurs endroits il y avait des sentinelles et des corpsde-garde, qui pourtant, frappés de l'apparition des nôtres, ne sachant quel parti prendre, nous laissaient continuer notre chemin. Arrivés à la citadelle, nous y montâmes, et y arborâmes le drapeau de l'expédition, qui, ayant été vu de la mer, fut salué par vingt et un coups de canon.
L'état-major à la suite de l'archiduc était composé du baron Lebzeltem, de l'enseigne de vaisseau, du baron Demboveoschy, Milanais, du lieutenant d'artillerie Sewrivich, du docteur Minonzio, chirurgien en chef de IsL Guerriera ^ et des cadets Hochofler et Kohen^ qui portait le drapeau.
Celui qui a vu Acre au moment du combat, a vu le tableau le plus horrible que la guerre puisse préseûter : des murs, des remparts, des boulevards troués, fendus , en pleine ruine; des canons jetés loin de leurs affûts, démontés, et près de ceux-ci des jambes, des bras, des crânes écrasés, des poitrines ouvertes par le boulet, mêlés aux débris de cette destruction; la terre jonchée de morts et de mourants : voilà ce qui se présenta partout à nos regards dans la citadelle.
Dans la ville, le spectacle n'était pas moins affligeant. Les maisons qui t(»nbaient en ruine, crevassées de tous