‹ ConstantinopleChapitre 9 sur 9 · C-OXSTAXïl XOl'LK · texte numérisé non relu

C-OXSTAXïl XOl'LK

rassemblait ses flots qui cou\-raient la iin-r, et la \'ague vient maintenant lécher le pied du tombeau de eelui (|ui la domina pendant sa vie.

Un autre tombeau, long de sept mètres, entouré d'une enceinte de murs, situé près du Bosphore, au milieu des buissons et des fleurs, sur le mont du Géant, appelé par les Grecs de l'antiquité le I^it d'Hercule, est devenu chez les Turcs le tombeau de Josué, qu'il se représentent comme

Au bois funèbre de Scutari.

un géant. Josué est devenu un saint de l'Islam. Une mosquée s'élève à coté, sur les ruines de l'église Justinienne de Saint-Pantaléon.

L,es cimetières turcs, ceux où sont enterrés les simples mortels, sont extrêmement intéressants à visiter.

I/'ensevelissement chez les Orientaux a lieu peu de temps après le décès, et le plus souvent le jour même de la mort. Ue Prophète a dit : « Si le défunt était un homme pieux, il est juste et raisonnable de l'emporter aussi vite que possible pour qu'il puisse entrer dans le Paradis ; si c'était un méchant, soyez heureux d'en être débarrassé. » Que répondre à ce di-

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lemme ? Eyoub, caché entre les buissons et les arbres, au milieu des jardins de tulipes et de cyprès, enveloppé d'une tranquillité, d'un calme invitant à la rêverie, est le lieu de repos de beaucoup de grands personnages, car c'est ici que se trouve la demeure dernière du porte-étendard du Prophète. Par amour pour cet endroit de l'Europe sanctifié par le tombeau du héros de l'Islam, on établit cette allée funéraire qui passe devant les superbes monuments. Partout de l'or, des couleurs, du feuillage, des buissons fleuris, des parfums de fleurs. Les chapelles mortuaires y succèdent aux chapelles mortuaires. Mézar-bournou est un autre champ de repos d'un aspect tout aussi idyllique. Une verdure exubérante couvre les pierres tombales placées à l'ombre des arbres. C'est une image inoubliable de magnificence sombre et triste quand le soleil perce le feuillage épais des arbres, que la source qui jaillit dans les environs s'écoule en faisant entendre sa chanson argentine, ou quand, la nuit, les pâles rayons de la lune brillent à travers le feuillage, glissent sur le marbre blanc des monuments, que des myriades de vers luisants scintillent dans l'ombre autour des tombeaux, et que le ruisseau murmure des paroles de vie en s'écoulant.

La piété des Turcs a placé les bois funèlDres pleins de charme romantique et de gravité soleimelle dans les plus beaux sites des montagnes. Le célèbre cimetière de Scutari, long de deux kilomètres, est le plus grand et le plus remarquable de Constantinople et même de tout l'Orient. Le vaste bois de cyprès est coupé de voies nombreuses servant de chemins publics. L'Asie est la véritable patrie des Turcs, la terre d'où sont venus le peuple, la dynastie et la religion : il semble que le Mahométan ne se trouve pas chez lui en Europe et qu'il a comme le pressentiment que sa domination n'y est que passagère. De même que le feuillage ombreux des platanes s'élevant au-dessus des troncs argentés et rafraîchissant les passants lui paraît être une image du bonheur de la vie, de même les cyprès au feuillage sombre et immobile sont considérés, à juste titre, comme les arbres des morts : le tronc, les branches s'élèvent en une ligne ondoyante vers le ciel, et le vent traverse les rameaux sans en agiter les feuilles. Ils donnent à tout ce qui les entoure un aspect mélancolique. A quelques places du champ de repos se trouvent des ateliers, des magasins de marbriers ; avec quelle adresse ils cisèlent en haut-relief l'écriture turque aux rondeurs élégantes et aux liaisons gracieuses ! Les pierres tombales et les colonnes sont presque toutes de marbre, même chez les plus pauvres, tant cette matière est ici bon marché. A la tête de la tombe se trouve une pierre commémorative et une autre au pied ;

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pour les personnes aisées nous voyons encore une plaf^ue de marbre, les familles riches font même placer sur les tombes des sarcophages artistiquement sculptés. I,c mort est toujours enterré dans la direction de la Mecque. I<es colonnes du coté de la tète portent un turban ou un fez rouge pour faire reconnaître si c'est un homme ou un jeune garçon qui y est enterré. I^a dimension de cet ornement de tête correspond à la situation sociale du défunt. I,e turban placé un peu de côté sur le pilier est l'indice de la mort par décapitation : il n'j- a rien de déshonorant pour un Turc à perdre la vie par ordre du souverain. Combien de fois nous trouvons même des allusions poétiques gravées sur la pierre ! « Une main puissante mit rapidement une fin à son existence terrestre et l'envoya vers le souverain Juge, le Seigneur miséricordieux ! » « Au soir de la vie l'ombre de la faveur princière s'éloigna de lui ! « Pour les femmes, les pierres sont ornées de fleurs, pour les jeunes filles non mariées, d'un bouton de rose, les inscriptions tombales simples et pleines de sens contrastent étrangement avec celles des monuments publics, ampoulées et emphatiques ; nulle part un éloge pompeux, simplement le nom, la date de la mort, du « passage de cette vie précaire à la vie éternelle «. Ensuite la prière pour obtenir une Fatiha. C'est le premier chapitre du Coran. Il est pour les Turcs de la même importance que, pour nous, le Patci' uosfcr. Les sept versets de ce chapitre représentent les sept membres du corps saint du Coran ou les sept parties de la doctrine du livre saint de l'Islam. D'autres mots suivent encore, qui parlent de la fragilité de la vie terrestre, du néant du bonheur d'icibas et montrent la voie qui conduit à Dieu, source unique de la vie éternelle ; les vers renferment généralement à la fin le chronogramme de l'année de la mort. En haut, on lit : « Dieu est l'Eternel » ou : « Il est la Vie », puis une maxime du Coran :

Tonte àrae doit goûter à la mort.

Nous appartenons à Dieu et nous retournons à Dieu.

Troubler le repos des morts est un acte de scélératesse et fouiller le sol d'un cimetière, un sacrilège. Il est remarquable toutefois que tout en nourrissant ces idées, les Turcs négligent bientôt les tombes, les laissent sans soins, inclinées, déjetées par le vent ; tout est dans un triste état de délabrement et d'abandon. Cependant les bois funèbres sont les lieux

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d'excursions favoris des Orientaux flegmatiques : chaque vendredi on y prend ses ébats, on y emporte de la nourriture et les cimetières deviennent les théâtres sur lesquelles se jouent des scènes animées de la vie populaire ...

Une nouvelle période s'est ouverte pour les arts à Constantinople avec la fondation des musées dans la première cour du sérail. A rencontre des préceptes de l'Islam, brisant avec toutes les traditions, en opposition directe avec le commandement qui défend de reproduire les êtres animés et vouant même à la destruction toutes les œuvres d'art de ce genre, Hamdy Bey collectionne non seulement toutes les antiquités trouvées sur le sol turc et les dispose ensuite de manière à faciliter les recherches, mais encourage encore les indigènes à étudier la peinture et la sculpture dans l'école des Beaux-Arts fondée en 1S89. Après avoir étudié le droit à Paris et s'y être voué à l'art corps et âme, il occupa de hauts emplois dans l'administration. Déjà, il s'était acquis un nom comme peintre d'intérieurs turcs, joignant ainsi la pratique à la théorie. Il revint enfin ici, comme directeur des musées impériaux, sur le champ véritable de son activité, et commença à sau\-er ce qui pouvait encore être sauvé dans le domaine de l'archéologie. Il s'acquit la faveur de son souverain qui s'intéresse au progrès des arts et des sciences, et jouit de la sympathie du sultan actuel qui met à profit ses eftorts et ses lumières. C'est ainsi qu'il put réussir à placer, d'un seul coup, les nmsées impériaux à la même hauteur que les plus importantes collections d'art de la terre, par des trouvailles et des acquisitions de grande valeur conduites avec énergie, un goût artistique rare et une sûreté de main étonnante. C'est une jouissance délicieuse que de se promener dans les galeries et les salles où les vieilles et authentiques conceptions artistiques ar^dennes se manifestent librement. Le coup d'œil et la persévérance d'un seul homme ont suffi pour accomplir cette réforme de la pensée et de l'exécution religieuses et artistiques chez un peuple nourri et élevé dans la négligence sj'stématique et même dans l'acharnement contre les principes mêmes de l'art. Nous nous reposons donc, à la vue des trésors réunis ici, de la monotonie des mosquées qui, malgré toute leur magnificence, finissent par nous lasser. vSans nous arrêter aux collections purement archéologiques, nous indiquerons rapidement les principales œuvres de l'art dont quelques-unes offrent un réel intérêt.

Voici la tête régulière d'une Artémis éphésienne, à l'expression tran-

quille, aux traits d'uue grande pureté de style ; non moins remarquable est le torse d'un Apollon plus grand que nature ; à côté d'un buste d'Aphrodite, se trouve une Athéné très intéressante et la tête souriante de

L'Hercule Chypriote.

l'Apollon de Tliasos ; la Cybèle caressant le lion est une œuvre phénicienne primitive et la reproduction la plus surprenante de ce motif souvent traité. C'est une œuvre attrayante que la statuette représentant une Ariane nue endormie. Arrêtons-nous devant une statue datant de l'époque romaine représentant Artémis de I<esbos se reposant de la chasse, appuyée du bras droit sur une petite colonne ; c'est une réplif^ue très

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jolie d'une œuvre grecque, l'Amazone de Polyclète, appartenant au musée de Berlin. Il faut encore mentionner le torse gigantesque en marbre du Zeus de Gaza ; la statue colossale de l'Hercule chypriote, placée dans le vestibule, est une œuvre hideuse, mais pourtant magnifique, rappelant l'art assyrien ; elle fut trouvée en 1873 à Amathonte, sur la côte sud de l'île de Chj-pre — elle est en pierre calcaire poreuse : le demi-dieu a le corps tout couvert de poils, le front orné de cornes et la barbe

i''acc l.itcrale du Sarcophage des Pleureuses.

bizarrement bouclée, il tient suspendu par les pattes de derrière un lion qui s'efforce de toucher terre avec celles de devant, la tête de la bête a disparu, à la place oir voit une ouverture quadrangulaire, le groupe est complètement creux et il n'est pas improbable qu'il ait servi originairement de fontaine, la gueule du lion crachant l'eau. Je dois faire remarquer ici un Hercule épirote armé de la massue et du bâton ; une tête rhodienne du vi*^ siècle avant notre ère dont la coiffure est réellement singulière ; nous regardons avec intérêt la tête d'un \'érus, un Hadrien barbu de Cyzique, Tibère en pontife, le Néron d'Aïdin couvert de la cuirasse et du manteau de camp ; la célèbre statue de marbre d'un Hadrien crétois de deux mètres et demi de haut, l'ensemble un peu lourd

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et pourtant majestueux : l'homme de guerre barbu est représenté en Triomphateur lauré avec la cuirasse et le paludamentum agrafé à l'épaule droite, l'armure est ornée de très fins et très élégants reliefs de la louve allaitant les deux frères et de Victoires ailées — sous le pied, un enfant représentant la Cyrénaïque vaincue.

Nous voyons, en outre, des lions du Mausolée d'Halicarnasse. Parmi les bronzes, on remarque principalement deux tronçons d'athlètes que

Face latérale du Sarcophage des Pleureuses.

l'on doit attribuer tous deux au même auteur : œuvres précises et claires — l'un avec la tête respirant la vie rajjpelle l'Hermès de Praxitèle. Un grand relief venant de Tliessalonique et ayant appartenu à la porte impériale romaine figure une chasse au sanglier : au centre, le Thrace, monté sur un coursier fougueux, agite sa lance de la main droite ; derrière lui, deux compagnons portant le stjdet et le bouclier ; sous un arbre touffu, le sanglier se tient dans une posture agressive ; une vipère s'enroule autour du tronc de l'arbre et le cheval se cabre à la vue de ce reptile. D'un joli travail est une métope très antique de Thasos : elle représente Hercule combattant vêtu de la peau de lion. Nous ne voulons pas .supprimer la mention d'une précieuse colonne d'honneur venant de

ijo COXSTAXTINOPLE

Cyzique et qui porte un médaillon : un homme barbu, au regard autoritaire y est représenté de profil, l'inscription du iii^ siècle avant notre ère y a été gravée par suite d'une décision des habitants pour perpétuer la mémoire de cet homme. Tout près, quelques restes remarquables d'architecture, provenant du temple d'Assos, et un morceau d'une frise du théâtre de Pergame. Une coupe d'argent de Lampsaque est un chef-

Sarcophage dit d'Alexandre.

d'ceuvre de ciselure : des ornements délicats entourent les bords ; au centre de la coupe, est représentée Diane Astarté au croissant de lune, assise sur un siège d'or orné de défenses d'éléphants, tenant l'arc et élevant la main droite, les cheveux et la carnation ont été rendus en émail noir, des étoiles sont semées sur les vêtements d'or ; sur les côtés, des figures allégoriques : animaux de toutes sortes, pintade, animaux sauvages, des chiens de chasse ; sous la déesse, deux hiérodules aux habits d'or, tigre et panthère. Nous ne devons pas non plus oublier les ornements et les bijoux en or de Troie, provenant des fouilles faites par Schliemann ; de plus, deux belles hachettes de bronze trouvées à lo mètres au-dessous du sol.

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L,es sarcophages célèbres de la nécropole de Sidon sont certainement tout ce que Constantinople renferme de plus beau et de plus précieux, et ce que chaque niuso doit em'ier à celui d'Hamdy Bey.

I<e premier cercueil est désigné comnir celui de Sarpédon, le héros lycien. Il est resté longtemps submergé, de sorte que la couleur est presque entièrement disparue et que les traits des figures ont un peu perdu de leur beauté et de leur netteté primitive. Cependant ce cercueil est précieux en ce sens qu'il nous permet de nous faire une représentation exacte de l'aspect des œuvres de ce genre. Les bas-reliefs y traitent la vie princière orientale : guerriers, jeux de l'hippodrome, scènes de chasse au cerf, le souverain sur son lit de mort étendant avidement la main vers un ^-ase plein de boisson qu'un esclave lui apporte ; deux femmes sont placées aux angles, l'une assise, en proie à l'émotion douloureuse ; les groupes sont partout pleins de vie et de naturel.

Le deuxième sarcophage, dit des Pleureuses, a la forme d'un temple ionien avec ses façades décorées de frontons et ses colonnades sur les bas côtés. Dans les entrecolonnements se trouvent appuyées, sur une balustrade, dix-huit figures de femmes, debout ou assises, représentant les phases les plus diverses de la douleur humaine.

I,' artiste a su donner à chacune d'elles une expression propre et caractéristique. Après deux mille ans, son œuvre saisit l'âme d'une manière aussi puissante qu'au premier jour.

Le troisième sarcophage exposé dan.s cette salle du musée a beaucoup souffert des

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injures du temps. Les têtes des tîgurines manquent sur tout un côté. Les reliefs représentent l'enfant dans le^ Gynécée, l'adolescent dans une forêt peuplée de sangliers, l'homme sur le trône, et le vieillard dans l'assemblée du peuple.

Le cercueil suivant, énorme travail originaire de Lycie, évoque à nos 3^eux la grande époque athénienne de Phidias par les motifs et la beauté des reliefs qui le décorent. Il représente des héros se livrant ardemment au plaisir de la chasse au lion et au sanglier ; les coursiers qu'ils montent, taillés en marbre, semblent être animés d'une vie réelle, tellement leurs formes surgissent nettement de la pierre. Sur les côtés étroits du sarcophage, le combat des Centaures et des Lapithes ; le couvercle est orné de sphinx.

\"ient ensuite le sarcophage de Tabnith, le père d'Echmounazar, dont le cercueil est exposé au musée du Louvre. Il est en basalte égyptien : si l'on en croit les hiérogh-phes dont il est orné, il a d'abord servi de lieu de repos à un grand de l'empire des Pharaons, qui a dû dans la suite céder la place à un autre pèlerin de la terre, fatigué lui aussi de cette vie d'ici-bas. On a conservé cependant, lors de la restauration, l'ancienne inscription et la décoration dont il était déjà pourvu. On a simplement en dessous placé le nom du roi phénicien et ces mots suivants : « Qui que tu sois, ne profane pas ma tombe ; tu n'y trouverais aucun trésor. Ne trouble pas mon repos éternel. Que celui qui s'en rendrait coupable soit maudit pour l'éternité ! » Le deuxième habitant ne fut pas plus heureux que son prédécesseur ; les chercheurs qui fouillent les tombeaux anciens, dans le but d'enrichir les musées, le tirèrent lui aussi de l'obscurité où il voulait rester. Lorsqu'on l'exhuma on trouva sa momie dans le cercueil ; elle est gardée maintenant derrière, sous une boîte de verre.

Le célèbre sarcophage d'Alexandre est ainsi nommé à cause de la façon extraordinaire dont fut traité le mort et parce que l'inscription : « A lui seul ', ornant le cercueil, ne semblait pouvoir s'appli(iuer qu'au grand Macédonien. C'est le plus magnifi([ue de tous les sarcophages, d'une beauté indescriptible, tout en marbre pentélique, dans un état de conservation presque irréprochable, chef-d'œuvre unique de sculpture antique et aussi monument important digne de servir à l'histoire de la peinture chez les anciens.

Ce sarcophage est une des créations artistiques les plus saisissantes de la grande époque des Diadoques, à la fin du iv^ siècle avant notre ère. Même le profane qui est demeuré dans l'ignorance des choses de l'anti-

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quité et de l'histoire de l'art, peut à peine demeurer maître de lui et commander à ses sentiments devant cette œuvre magistrale.

Indiscutablement, ce sarcophage célèbre la gloire d'Alexandre.

Iv'artiste attique a reproduit sur le cercueil les batailles d'Alexandre et les chasses royales, et relevé son œuvre par des teintes habilement distribuées. La peinture en est riche et pourtant délicate. On ne peut qu'admirer la grandeur de la pensée du maître et son exécution consciencieuse, la conception individuelle de chaque personnage, la signification des plus petits détails, et en même temps la belle harmonie et le groupement proportionné de l'ensemble. Nous nous trouvons en face de la réalité pleine et exacte autant qu'il est au pouvoir de l'art d'en donner une reproduction fidèle : tout est impétueux, pas le moindre épisode des combats représentés qui soit sans mouvement et demeure privé de la vie naturelle. I,es personnages semblent sortir du marbre ; nous sentons les émotions de leur âme, nous éprouvons le contre-coup des passions qui les agitent. Comme toutes les fibres du corps sont tendues, comme chaque muscle se dessine sous la peau, comme chaque veine se gonfle sous l'effort continu de la lutte et comme les yeux étincellent dans l'agitation du moment où l'artiste les a immobilisés ! On oublie complètement qu'on se trouve devant une pierre inerte.

Il est peut-être bizarre de terminer, par une visite au musée de sculpture, notre longue promenade à travers Constantinople et ses environs ; de laisser le lecteur en face d'un établissement de fondation si nettement européenne, d'un esprit si opposé à celui de l'Islam. Mais qu'importe un contraste de plus ou de moins dans cette ville où tout est contraste — où tant de civilisations se sont superposées sans s'abolir ! — Ce n'est pas ici qu'il faut chercher une impression définitive d'ensemble. Le charme de Stamboul est de nature composite, comme les langues qu'on y parle. Pouvons-nous espérer l'avoir fait sentir à nos lecteurs ? j\Iais malgré toute notre bonne volonté avons-nous su exprimer la magie de la nature et décrire les merveilles de l'art ? Peut-être les mots sont-ils impuissants à rendre les sensations c[u'on éprouve à côtoyer le Bosphore, à errer sous les voûtes de Sainte-Sophie. Seuls, ceux-là qui ont vu pourraient nous rassurer à cet égard...

TABLE DES ILLUSTRATIONS

Muraille maritime et Mosquée d'Ahmed i

L'escalier de Yuksek Kaldirim 5

Compagnie des pompiers irréguliers turcs 7

Quartier turc 9

Le Bosphore aux environs de Kanlidja 13

Guérites de pêcheurs sur le haut Bosphore 15

Source sur la route de Ghemlek 17

Panorama de la vallée de Gueuk-sou, près de Brousse 19

Ruines du Palais de Dioclétien, à Nicomédie 25

Vue générale de Sainte-Sophie 29

Sainte-Sophie. Côté Est 31

Sainte-Sophie. Vantail de la porte du Narthex 33

Sainte-Sophie. Parvis intérieur 35

Sainte-Sophie. La grande nef 37

Sainte-Sophie. Une colonne latérale 39

Sainte-Sophie. La nef vue à travers les colonnades i\i

Sainte-Sophie. Détail d'un chapiteau 43

Sainte-Sophie. Détail des arcades 45

Sainte-Sophie. L'abside et la chaire 47

Sainte-Sophie. Colonnes de porphyre provenant d'Héliopolis. LIrne de Pergame. . 49

Sainte-Sophie. Entrée du Turbé de Sélim II 51

Saint-Serge 53

Église Sainte-Irène, actuellement transformée en Arsenal 55

Sarcophage devant Sainte-Irène 56

Kahrié. — Théodore de Métochite présente au Christ Pantocrator le modèle de

l'église de la Campagne 57

Kahrié. Le Christ Pantocrator 58

Kahrié. Saint Pierre et saint Paul 59

Kahrié. Coupole du Narthex 60

Kahrié. Coupole du Narthex 61

Kahrié. Mosa'ique : La belle-mère de saint Pierre 62

Kahrié. Mosa'ique : L'annonciation de la Vierge 63

Kahrié. Mosa'iques : Le songe de Joseph. Le voyage à Bethléem 64

Kahrié. Mosa'ique : L'arrivée à Bethléem 65

Kahrié. Mosa'ique : La naissance du Christ 66

Kahrié. Mosa'ique : Hérode et les trois mages 67

TABLE DES ILLUSTRATIONS

Kahrié. Mosaïque ; Guérison du paralytique 68

Kahrié. Mosaïque : Le mariage de la Vierge 69

Kahrié. Mosaïque : Marie reçoit le fil de pourpre 70

Kahrié. Décoration d'une archivolte 71

Kahrié. Le Christ. Fresque de la chapelle latérale 72

Mosquée Féti3'é 73

Tekfour Sérail 75

Façade du Tekfour Sérail. 77

Intérieur du Tekfour Sérail 79

Aqueduc de Mahmoud 80

Aqueduc de Valens 81

Citerne des 1001 Colonnes 82

Chapiteau d'une colonne de Yéri Batan Sérail 83

Enceinte de la prison de Dioméde 85

Vue de l'intérieur du Château des Sept Tours 87

La Porte Dorée du Château des Sept Tours 89

Porte de Mevlévi-hané 91

Porte du Canon 93

L'Hippodrome, l'Obélisque, la Colonne Torse et la Mosquée d'Ahmed

Sculptures du piédestal de l'Obélisque. Côté est

Piédestal de l'Obélisque. Côté ouest

Piédestal de l'Obélisque. Côté sud . . ...

Piédestal de l'Obélisque. Côté nord

Colonne Serpentine

Obélisque Muré et Mosquée d'Ahmed . -

La Colonne Brûlée

Tour de Galata

Brousse. Tombeau des Sultans

Brousse. Intérieur de la Mosquée Oulou

Brousse Entrée de la Mosquée Verte

Brousse. Fenêtres et niche de la Mosquée Verte . , ...

Brousse. Le Mausolée Vert ...

Brousse. Le Turbé Vert. Faïences du Mihrab

Brousse. Mosquée Oulou

Brousse. Hudavendiguiar à Tchekirgué-keuï .

Rouméli Hissar

Anatoli Hissar ...

Le Sérail vu de la mer

Tour de la jeune fille, prise de Scutari . .

Mehmédié. Mosquée de Mahomet II . . . .

Mosquée de Bajazet

Chah-zadé. Façade et minaret . . .

Djéhanghir et le Bosphore. ...

Mosquée de Suléïman

■Grand portail du parvis de la Suléïmanié

Mosquée de Roustem Pacha. Porte et faïences

Mosquée de Roustem Pacha. Faïences de la Niche Sainte . . Arcades à coupole de la cour de la Mosquée d'Ahmed ...

Mosquée de la Validé et Bazar Égyptien

Palais de Dolma-Bagtché

Porte du palais de Dolma-Bagtché

TABLE DES ILLUSTRATIONS

Le palais de Beylerbey i.|7

Mosquée de la Validé à Ak-sérail i.|9

Yildiz-Kiosk et mosquée Humidié 151

Place du Séraskiérat 15,5

Fontaine d'Ahmed 155

Intérieur des Bains de Yéni Kapludia 157

Au bois funèbre de Scutari 161

L'Hercule Chypriote 165

Face latérale du Sarcophage des Pleureuses i6t)

Sarcophage des Pleureuses 167

Face latérale du sarcophage des Pleureuses 168

Sarcophage des Pleureuses 169

Sarcophage dit d'Alexandre ... 170

Face antérieure du Sarcophage d'Alexandre 171

Face postérieure du Sarcophage d'Alexandre 173

Sarcophage d'Alexandre. Combat des Grecs et des Perses 177

Sarcophage d'Alexandre. Chasse 180

Sarcophage d'Alexandre. Combat des Grecs et des Perses.

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