Constantinople, Jerusalem et Rome
En France et dans tous les pays catholiques, ïc pèlerin qui arrive de Jérusalem est accueilli avec empressement, je dirai presque avec respect. Quoiqu'il n^ait pas à la main Tantique^purdon, en guise de canne, ou à la ceinture la redoutable épêe du croisé, chacun se serre autour de lui et veut entendre parler de la Ville- Sainte, de ses monuments ou de ses ruines, des collines et des vallées, animées par les souvenirs et par les lectures de notre première enfance. Il fat des temps même où il ne suffisait pas à l'heureux voyageur de destiner à ses amis une pierre, une relique détachée de quelqu'un des sanctuaires où il avait prié; il se voyait encore arracher et disputer les derniers lambeaux des Tétemênt^
qu'il avait eu tant de peine à rapporter. Depuis Vltinéraire de Chateaubriand jusqu'au Voyage en Orient de M. de Lamartine; depuis Guillaume de Tyr, le Père Nau, Quaresmius, Anthoine Régnault, surnommé le Bourgeois de Paris j jusqu'au Père de Géramb, que de récits, que de lectures, que d'émotions, que de poésie ont fait battre le cœur de la foule! Chacun sent que la Palestine appartient au monde entier et que tous ont des droits à la parcourir, à l'étudier, à la connaître, à l'interroger.
En même temps que le pèlerin est invité à prendre la parole, il a donc à se demander aussi comment il pourra intéresser et oser écrire, à côté de ces conteurs qui ont tenu le monde chrétien comme suspendu à leurs lèvres, et qui ont parsemé leurs récits de tant d'éclat et d'un si vif intérêt. Mais le champ est vaste, et ses trésors sont inépuisables. D'ailleurs ceux que je viens de nommer n'ont pas tout vu et leurs regards, surtout ceux des poètes, étaient souvent plutôt fixés sur les reflets de leur brillante imagination que sur la sérieuse réalité des choses. Les Lieux-Saints eux-mêmes ont modifié leur aspect, et leurs ennemis ne sont plus aujourd'hui redoutables par les mêmes influences et par les mêmes dangers qu'autrefois* Les accents de douleur, les cris de déses-
pi^, qui retentissent des entrailles etdqs ruines actuelle^, da Jérusalem jusqu'aux plus lointaines contrées ^ n -wi. ldi^:l€^i mênaes causes et les mêmes excitations qu'aufc . temps d'Omar ou d'Adrien.
Lors donc que je pris ta plumé pour donner aussi mes jugements et impressions , pour raconter mes pérégrinations lointaines, j'eusse déjà été digne de pardon, rien que par la raison si simple que j'usais du droit commua qui appartient à celui qui a eu le bonheur de voir Jérusalem. Mais une bonne fortune, inattendue et. par conséquent inespérée, daigna donner à mon bâton de touriste une couleur quasi-officielle, et je me trouvai, transporté, sans l'avoir demandé et comme par enchaiit^nenjt, au sein des questions les plus vives de ce monde nouveau pour moi et dans cet orageux tourbillon^ qui présage aux moins clairvoyants la chute prochaine d^ tout ce qui a été maintenu et étayé jusqu'ici avec tant de peine en Orient. Une mission des plus douces à mon cœur de français et de chrétien, celle de rendre aux catholiques l'église de Sainte -Anne , à Jérusalem , fit abaisser devant moi bien des barrières qui jusque-là n'avaient pu être franchies; je vis se réveiller partout sur .mon passage le respect et l'antique amour de la France; je fus témoin des larmes et des espérances de
eem qui n'ont plos (f antre sahit; je partageai lenrs craintes, leurs jugements, et, si Ton veut, leurs îHuskm»; je reconnus leur bonne ibi et là perfidie de leurs
ennemis ; alors il me sembla que mon silence serait un erîme. Ydlà pourquoi j'ai parlé de Jérusalem î Crediii^ prapter quod locmtm 9mn!
Mon voyage d'ailleurs ne fut point limité à la visite àe J^nsalem, de ses ruines, de ses douleurs. Il me jeta, malgré mon désir de ne roir que la Ville-Sainte, à travers les préoccupations et les commotions qui menacent, dans ces derniers jours, la société politique et lé monde religieux. Les hasards d'un long chemin, le désir ardent de visiter les Lieux-Saints et la haute pro- , tection d'un ami puissant et conféré, m'ont conduit à travers les trois grandes questions qui préoccupent le monde et le tiennent aujourd'hui comme en suspens : la question d'Orient, la question des Lieux -Saints et la question romaine. En ma triple qualité de chrétien , de Français et de prêtre, je me trouvai intéressé à la recherche de la pressante solution qu'attendent des problèmes aussi ardus et aussi graves. Cette heureuse mission de Sainte-Ânne , qui me fit accueillir avec tant de joie à Jérusalem , m'ouvrit des portes fermées depuis des siècles, me combla d'honneurs inattendus et me
plaçft iBomédi^tçment auiAentre de tout^ee quç je désirais saw^ir, ,.■■■...',
C'est ainsi que ^le fupeait ouverts les trésors du Vieux'- Sérail , à Constantinqple j que Sainte-Sophie me révéla toutes, ses niggi^icçnces; que les gardiens fanatiques de la mosquée d'Omar , à Jérusalem , durent me laisser pénétrer Jusque. dans les entrailles de la redoutable Caaba, et que la tribu intraitable qui a fermé les portes de SiQn dut m'adnptettre au saint Cénacle et m'y laisser célébrer les saints mystères. En vain le fanatisme frémissant cria au scandale et appela à la révolte les frères et amis des assassins futurs de Djeddah ; tous ces lieux furent ou>û9rts comme par enchantement, et ce ne fjit qu'après mon départ qu'ils se refermèrent plus impitoyables que jamais. Hélas! Constantinople a vu le gardien des trésors payer de sa tête , peu de temps après mon départ , l'empressement qu'il avait mis à obéir aux ordres du Sultan, son maître, et à nous montrer jusqu'aux derniers oripeaux gardés dans son palais. A Jérusalem, Son Eminence Monseigneur Spaccapietra, envoyé dans la Palestine par le Souverain Pontife Pie IX , pour le règlement d'affaires graves et urgentes, ne put obtenir, durant les jours qu'il y passa, la faveur qui m'avait été si facilement accordée alors d'entrer au saint Cénacle,
et aujourd'hui, à l'heure solennelle où tout s'ébranle en Europe autour de la chaire du vicaire de Jésus-Christ, chargé seul de la défense des droits de tous , le monde chrétien est épouvanté par les menaces de l'empire ottoman* Tout marcha au gré de mes désirs, sans contrariété ni retard. Sans m'en donner aucun souci, le programme de mes courses, l'opportunité de mes gîtes , le choix de mes escortes, les précautions d'une hygiène salutaire, tout était réglé par des hommes d'expérience et d'autorité que j'étais trop heureux d'entendre et d'écouter.
Placé, en arrivant sur un terrain quelconque, au cœur même de la question qui s'y agitait, j'avais la satis&ction de voir mes renseignements aussitôt obtenus qu'ils étaient demandés. Toujours en intime communi*^ cation avec les hommes les plus habiles dans les choses politiques, et en même temps les plus sages et les plus éminents , la liimière se faisait pour moi à l'instant • même, et mes appréciations, guidées par ceux-là même qui étaient à la source des événements , n'étaient point exposées à errer longtemps. Les hésitations n'étaient point longues, l'expérience des autres venait les terminer; mes idées préconçues, mes préjugés, mes faux jugements , et je dois reconnaître que j'en avais beaucoup avant d'arriver en Orient, étaient aussitôt redressés ;
j'employai donc à de sérieuses recherches, à d'utiles conversations le temps que, sans cela, j'eusse perdu ëri stériles tâtonnements ; je m'appropriai, en un mot, je dois l'avouer avec autant d'amour pour la vérité cpie d'éloîgnemcntpcrarunefeusse modestie, les lumières, l'expérience, les preuves, les connaissances pratiques des hommes énrinents a^ec lesquels le hasard des voyages me mit en rapport. Voilà de quelle manière je fus initié aux émotions tés plus intimes des trois importantes questions que je viens de signaler.
Gommé simple chrétien , je me trouvai d'abord, dés mon arrivée en Orient, en face de l'impuissance des Turcs et? dé la perfidie des Grecs. D'un côté, un malade qui se ichlèïiri;; de îàutre, un rusé flatteur qui sourit déjà' à la pensée d'un brillant héritage; d'un côté, un vieil édifice qtu craqué et s'écroule et qui demande , comme un méttbie arititiue, les mains les plus habiles et les plus dèHcafeâ précautions; de l'autre, \ine société prétentïètise et arrogante dans laquelle l'orgueil n'est égalé que par l'ignorance et la corruption; en un mot, d'un côté le Cbràn avec ses ruines , son impuissance , ses antipathies, son fanatisme; de l'autre], le clergé grec presSùranit'sés fidèles ruinés par les exactions, le schisme oriental avec ses misères, ses efibrts inutiles pour vivre
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et rrappelj^ la ivie m sem des popuUtÛMis^ Vé^lm 4e Photius .avec ses iioatausasaois()^^ pour la Russie, qui aspire au ^protectorat 4b loutes ù^ (?oqgciencfia 4^ pourvue» de ioi et d'autorMér 9Îoi^z ^fid» hm&kabit couditiûu de la &imae, «dimt le iQpra^ a i^ ou uAe idole de chair ou uue jjofartUiitée et stupide . 1:1^ de sonuue, et dout raoéaatiss^eut j:^,m^9^U^ .k jamsûs toute xestauratiou eu Oneot; voil^.Je ta^e€(u.4j^^ solant oi&it par taut de miUiers 4'Âmea jpi oqqwi^-cent déjà, en dépit des plus honteuses ipaloouiîôs^,;^ tendre de&oiains. suppliantes ¥ôr^.câtte £lglise 4e JB^e qu'on leur avait enseigné à maudire .^ à 4étester. , JjS me hâte 4'4ûuter qu'un ^ycm dudeli qui £onoh meBçait 4éjà à éclairer ce sombre tableau, J^ 46, mon passage à Gonstantinople, s'est rmer^eilleusemepi. développé 4epuis <^es trois de»rmèces années, ^et que. ^ faits signiûcatî& et trèsHm(M)rtaiits sont . veoms 4o^ récemment encore confirmer hautement le moiivement religieux que j'avais signalé «comme fune prédeuse espérancCt ^ ...,,;.
Gomme prêtre, impatient 4'arriver à la ViUe^intô^ de {IHer et de pleurer sur le saiat Tonaheau du 4i94n Sauveur des hommes; les douleurs <6t l'ahwdon 4@ Jérusalem^ ses larmes et ses ignominies, ses -ai^oisses £t
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s^ débkii'eKiéhtsr ont bouleversé mêû Ame. GeUa Beine
dêâxvie^^VMm gùntiimy c&iJ^ Veuve ée$ nations 4bban-i^
donnée dans sa donlenr, a .gravé dans jnon cœur sop
amer sonvetau", sa kiélaiicolÂius mage^ et j'^eaoj^ottai' y
en me s/^inàrsitit icf ëfié , an trait dmpeiswné^ une iÀe$^
sure morl^lÂ; ^uî tie me jpieiûat point d^ me taire; '0
Jértàsékrii^'qjBie m^ latigue s'attache h mtia pakis ai
jsaùsSsjé'Vty^Mie^ si je ae i^aconte 4e6 soiii&aaoes ! Jdhittèat '"^insm tnèa famièus nm&j si mm n^mmeno
'Eli vàîn"voudra4*on œe [prêcher un laonteux silence
et me isyké douter c nn^ ans de tguerre avec la
fiùèsiëv^it faut que chacun sache les ruses eachée^^ les
lie^fidës'iteènéesd'utae puissance que Dieu a vaine«e et
affeftiè'^ Medakoff, le 8 septembre 1855 ; il faut que le
istiondéf d'Ocoîdràt.) le monde chrétien prenne en main
la défende dé ces Lieux qai ont déjà coûté tant de sang «t
de ruines j qu'il ne nous est pas permis d'abandonner
et ifji' ttous sont légués par la valeur et par la |)iété
de nos ancêtres ; il &ut qu'une main habile , sinon '.ûhêi^é^é puissante y dénoue pacifiquement le nœtul
pùf^die^ 4e tant d'intrigues, et rende à l'Eglise de
Jëstts^rïst ce qui n'a jamais pu être donné à l'Eglise
'de-Photiu6»
Heureux pourtant au milieu |dé tant de dôùléiirs, il mé fut donné de sécher une des larmes de Jénisàlem et de lui porter une grande consolation. Le sanctuaire de Sainte-Anne ; la maison Probatique, exaltée par lès premiers chrétiens, par les Pères de l*Eglîsé, par la piété des croisés; la demeure de Joachm et diAnne^ qui vit naître et croître la Tige de Jessé; ce beau sanctuaire, devenu si cher à tous les chrétiens, depuis la proclamation par Pie IX dû dogme dé rirnmaculée Conception , fut arraché à l'opprobre de Fhlamisme et rendu aux catholiques de la Ville-Sainte , par lés soins habiles et par le pieux zèle de Son Exe. M. Thouvenel , ministre des affaires étrangères , alors aihbassadeur de France à Constantinople. Je fus chargé , en nia qualité de prêtre français, de l'honorable mission de porter à Jérusalem la preuve et les titres de cette riche donation. A mon retour par Rome, il me fut donné de me prosterner aux pieds de Pie IX, et je reçus, pour les miens et pour moi, dans une audiènfee particulière et bien précieuse, les abondantes bénédictions du Père commun de tous les fidèles, qui connaissait déjà , avant mon arrivée , la mission dont j'avais été charçé, ainsi que ses heureui résultats.
Là encore, au sein de la Ville-Étemelle, je vis le flot
iinppr ^d^.^la^.iQalojQiinia namiter jusqu'aux Ùvres tsoujr^iintçset^ chargées da doucea bénédictions de oelui qm e$t à.la fois Roiji..P^^ et Pontife; je m son cœur tpiypurs^jFêli à.si^pwivrir çt toujoiirs refermé par VépouvantQ qmQif^eqt autouir de lui leS; enfants de ténèbres et l^simplatC^lçs^. ennemis d^ toute liberté. Là, comme à ^^érusalç^m^ je vis l'œuvre de Dieu aux prises avec la rus^ et^la per^die dfi^ méchants. Et tandis qu'il nous ajgriyj?:4fifVoir; de nos jours, sur la montagne de S^on, façe^j^çe avec la tour dç David, la Russie schismatique, qel^t^ J^uçsie qui dénie sans pitié la liberté aux con- ^iences let n§ conqaît que l'oppression , s'établir comme ohez^ ,eUi9 et bâtuf, sournoisement une citadelle flanquée de quatre tours qui commandent la ville entière bien ipievu^ que, la fameuse Tour Antonia ne le faisait du temps des RpmainS;; nous, sommes témoins, à nos portes et en
* I(a^ie^ de» eiforts impies et hypocrites de ceux qui demandent la chute de l'Église, sous le prétexte menteur de raf&r2u;iohissement et de l'unité d'une grande nation. S$icbpn§-^e bien : comme la véritable liberté est le pri^ vilége spécial et le partage des enfants de Dieu, les deux dapg^, qui jnenacent Rome et Jérusalem deviendraient deux grandes catastrophe?, pour le monde entier, et
* VoppiKSÂoo devrait suivre ces deux victoires» ^i le ciel
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pouvait abandonner à la fois et la Ville-Sainte et la Ville- Éternelle. Aussi n'hésitai-je point à proposer pour Tune et pour l'autre les mêmes moyens de salut.
' Comme Français, chargé d'une mission honorable pour mon pays , je fus^ loin d'être insensible à la victoire et à la prépondérance que le sort tles armes, moins que la volonté sainte du ciel , venait de donner à la France. Reçu partout avec les plus graiMls égards par les autorités et les représentants du sultan, qui témoignait à S. M. yBmpereur des Français sa reconnaissance en lui cédant te sanctuaire de Sainte- Anne , je vis par moi-mtoe se réveiller de toutes parts le respect et l'amour de ma patrie. Combien je fus ému en présence de ces montagnes du Liban qui abritent dans leurs gorgea pittoresques et profondes tant d'âmes catholiques, que l'amour de la France soutient seul contre leurs ennemis , et que le monde catholique laisse incendier et égorger à l'heure où j'écris ces lignes. Qu'il fait bon retrouver aussi loin de chez soi un tel dévouement à son pays ! Et comme cette sympathie catholique console le pèlerin français de la haine des Grecs et des amis de la Rus^e ï
Hélas! tandis que, d'une part, les Turcs ra'accueillëient avec franchise et bienveillance, je voyais^ partout les Grecfi^, frémisBant de rage, ^^)er jusqu'à refisser de
croire à rhumiliation de la Russie, jusqu'à r^iiser de croire, eu 4856, à, la victoire remportée depuis ua as i Sébastopol! A leurs yeux, une {missance capaUe seule* ment d'oser combattre le colosse di^ Nordtf était pas possible en Cfi monde; comment ^oncauraieijitHils pu croire à un succès tel que celui qui amenait le sultiui à rendre une église au culte chrétien? Ce solennel hommage rendu à la FVance rappelait à tous la noble et sainte mis^a qui lui avait jadis été confiée et que les décisions le^ pluSt aur thentiqueact Im plus récentes de la cour de Rome iPAi^ tieiKfôïit encore aujourd'hui, d'être la protectrÎM îîatrtrelle et avouée des Lieux-Saints. Et depuis ce jour, d^s victoires mémorables, qui ont mis fin en Italie au çysième envahisseur et déplorable de l'Autriche, ne sont^UeB p«s venues réveiller et proclamer encore une fois la mission glorieuse et humanitaire de la France ? Ce lut donc avçc un orgueil légitime et national que je vis partout, et dans les desseins de Dieu et dans les jugements des nations , le drapeau de la France élevé au-dessus de tous les pavillons, et le nom de son empereur honoré par sa fpri^ et par sa sagesse , par sa gloire et par sa dignité, par ses résolutions et par sa patience, au-desssus de celui de tous les souvers^ins. Quoique je dusse bien m'y attendre, i\ me fut encore posâble, et je doi3 cet hommage à la vérité^ de
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proclamer, comme la reine de Saba(III Rois, ch. X, v. 7.) qu'on ne m'avait point dit la moitié des choses qu'il me fut donné de voir de mes yeux et d'entendre de mes oreilles. En Italie comme en Turquie, je vis les hommes sages et prudents effrayés des immenses dangers qui les menacent, et ne croyant pouvoir attendre d'aucun côté leur salut, tourner avec anxiété leurs regards et leurs espérances vers ma noble patrie, si puissante et si généreuse ; je vis la rage des méchants confondre dans sa haine et le nom du prêtre qui commande à Rome et l'épée de la France, et je priai Dieu en silence de donner au bras puissant qui nous a déjà sauvés de l'abîme, la volonté, la force et la sagesse de défendre aussi Rome et Jérusalem;
Cette gloire de ma patrie qui se trouve en ce moment, et par l'éclat de ses victoires et par la force des événements , constituée modératrice désintéressée et arbitre puissant dans les conseils où s'agitent les destinées du monde , je me crois en droit de la considérer comme la récompense de ses vertus chrétiennes et de sa piété. La France ,* sortie meilleure des épreuves et des étreintes dans lesquelles tant de peuples se tourmentent à cette heure douloureuse, a un mérite que d'autres n'ont pas, au moins à un tel degré : elle a exalté
plnsi que Umtef:iMtr&xi«t»m>k^
{HÛssa^tedu ci€4 et del^^ Gb&c Moon j^uple oti
fi'a 1^1 lar feouKfe&ise iran^ ^immààst d'ediprèssemdBt et d'wioorfMM6iBa#Gonée J^mmètec rt ei^aiiteF «utatt de pvodj^ i4e aiM^dficle iH;>ée dâi/^uemfflft^dans^aiBQi^ desf plQs ymUrates^amiéis^ tm n'a vut des âddat» aussi dignes de portw à iaî fofis iet la €i?i^^^ ^mmm, pri"\âlégeft en&dotôsr par le etdte et ipsiX) ïmaatit de Me^^ei ^ qm je im mai3qaërai pa« de fainei ressoràl' dans^ Keecaâoiretauificpi^ yatlFJflbu^ia mitarcMiijpré^^ et si hû»orabie pcatr mai pairie de régénérer laf^nmè eii Orient et de.caJiâe»* les^ foreurs des. méchante eit itatiei Eaeâfe giiielqtie» jours dote t^ le mon]de Iba uss dia^ pitre nouv^u ajcmté au Uvre étonnant qui a maa^é une place ai giêwàe et si belle à ïèpée de là Franeè éaa» les desseins* de Dieu; Gestes Déi per Frmcos\,
Qui 9sera sonder les* seerets desseins de Bieu et en pap-^ 1er aulx hommes I Et poui^taut fui n'entrev<Mfl de tous coté$« de sainte» espàianees? Noii^ ce n'est pas sans ratsoiK ^ saïas caus^que bt terre tremble et s'agite %m ses fra^ dementSià eette heure» effrs^aafie , qui^ rassurons^-uous!^ n'est< poiàt^ enàn^e lia^ d^nièrek L'œuvre dé Bieu n'esl ^pmHc^im^^r» el ses^ miséricordes ne^ sont, p^^épi^ées^. ilifout quer l'humirtûlié se^tffàusforme^ ^§ de cHte: trafic»'
formation ressorte la vie des grands principes étemels. Une grande lutte s'est établie entre le ciel et l'enfer. Les nations, élevées à la lumière douce et féconde de l'Evangile, se sont tout à coup soulevées en frémissant contre Dieu et son Christ > et enivrées de leur intelligence et de . leur force, elles ont proclamé des droits qui , il faut bien le reconnaître, ne sauraient anéantir les droits de Dieu. L'hunianité a grandi et de brûlantes passions la dévorent i^m* dans sa jeunesse ; mais celles-ci n'auront qu'un temps ; elles frémissent, mais elles s'apaisent. Déjà les camps sedessinent et le monde, qui a senti sous ses pieds gronder et palpiter un volcan , partout revient à Dieu.
Voyez ces deux camps, voyez ces deux étendards ! Peuton s'y méprendre aujourd'hui? D'un côté la cité de Dieu y de l'autre la cité du mal : les bannières n'ont pas changé depuis Augustin, mais la solution s'avance. Déjà ceux qui gouvernent ont appris à distinguer l'autorité qui vient de Dieu, la seule qui véritablement commande, et la révolution qui protège l'anarchie; ils voyent avec crainte ceux d'entre eux qui sont sur le trône , méconnaître Dieu , pactiser avec de fausses divinités et porter leur tête couronnée à cette hydre sensuelle qui doit les dévorer. Le monde , de son côté , qui sent le besoin d'une prompte régénération et qui a horreur de sa propre ruine,
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le monde, même celui qui n'est pas chrétien, commence à se méfier du règne de l'incrédulité et de la chair; il entrevoit les vrais principes qui constituent la stabilité des empires. Lorsque j'ai trouvé sur mon chemin le Coran aux prises avec l'Evangile, j'ai toujours vu l'Islam prêt à défaillir dans cette dernière lutte; Mahomet, qui combattait les idolâtres et qui pourtant a divinisé et établi ' le culte de la chair, n'est grand, chez nous, qu'aux yeux des hommes sensuels qui méprisent les vertus du Christ et de son Église. Aussi, dirai-je encore, les chrétiens et les hommes sages de l'Orient, à l'heure prochaine où il leur faudra en finir avec le sceptre brutal et vermoulu de l'Islam, n'ont d'autre espoir que la France et regardent avec effroi le Czar, roi et pontife de toutes les Russies, comme incapable de faire autre chose que d'opprimer les consciences et d'imposer le schisme à quiconque n'a pas su défendre sa patrie.
Voilà comment, en rentrant dans ma patrie et faisant abstraction pour un moment des hontes et des douleurs si profondes de Jérusalem, j'étais ému, et cela jusqu'au fond de l'âme, par deux spectacles bien différente. Ces deux impressions , quoique éloignées l'une de l'autre de toute la distance qui sépare l'Orient de l'Occident, aboutissaient toutes deux aux mêmes larmes, aux mêmes.
^apévafro^. «l'avAîft traveraé la Turquie e| l'Italie^ et wr QiQDi ehemin Je a'avais "vu que des populaUoas loenaeées de ruine. Je me dcaoaudais doiic par q«el secret et itty&^ târiemoi desseta de Dieu la vie de l'empire aUoiAan m trowait miae en questioB en même tenpe que le pourair tempord: des papes , jusqu'ici le salut de l' humanûté et> la gloire de l^ItaUe) était inenacé ànot» porte» et mm DOS regards par tant de danger&r £t.une yoix tfirtérieure^ e&i dehors des passions qui font tant dflt bruit», jm^ disait que FÉf lise , cette ^ouse fidèle de Jésiis^Ghrist,i sdlaH ' sertir de œtte grandie et dernièt e épreuve ornée de toutes lei perfections^ les plus éektantes et les plus capables de ramener au iercail les en&futs égarés de l'Ofieat^ et d'éclairer ces Grecs malheureux que des préjugés^ hai^ neux, bien plus^cfnte te sabre de Mahomet^ retiemMent soui^ le fartai empire d- Km scission déplorables qin date déjà d'un millier d'années.
En effet , aiu sein âe& populâtiom que te ^fespotisnie de Fl^m' a livrées à l'oppression eu aux appétita de by Ruseiev j'avais rencontré tm deifé ignorant^ ha«lain>^ scms (Ëgnité^et sans stèle, ammireuot jusqn'au» scaudate des richesse^ et; des biens dé la terre^ et nei régnant ;sia!: lesF e(mseÊe3ices> qufeni reprochant ài FÉglîse dé Rome une^^ande* ambition;^ et une grande préoocupatioiir po^fï»
les intérêts de ce monde. J'avais entendu sortir des entrailles de ces peuples un cri de foi , annonçant le premier rayon de la lumière , appelant la parole de Dieu et le jour de la vérité sur des calomnies si souvent répétées et ^ souvent démenties , et menaçant enfin de se ranger du côté de cette Église Romaine qui seule montrait des prodiges de zèle, d'abnégation et de pauvreté. J'avais vu la Russie, alarmée de ces heureux symptômes, redoubler d'efforts et déclarer que le temps était enfin venu d'en finir avec la Turquie.
De l'autre côté , au sein de la riante et fertile Italie, j'avais vu des populations ardentes, mais égarées, confondre dans leur haine , ce qui est vraiment haïssable, l'oppression, la violence, l'abjuration de son langage et de sa nationalité, avec la religion divine et ses saintes^ lois , avec ce que le monde a de plus auguste et de plus respectable. J'avais sous les yeux les efforts patients et toujours renouvelés de la France , cherchant en tout temps, même dans les jours pénibles consacrés aux épreuves de la dernière République , à séparer la cause de Dieu de celle des hommes, et mettant son épée et ses soldats au pied . de 1^ chaire de saint Pierre , pour défendre à l'impie d'y toucher et de la renverser. Partout sur mon chemin , chose bien douloureuse au sein