‹ Constantinople, Jerusalem et Rome (volume 2)Chapitre 2 sur 79 · XX · texte numérisé non relu

XX

de nattons chréti^nes , je m'étais heurté aux [û^es et aux prétentions orgueilleuses des enfants de TÂngleterre, confondant, dans leur aveugle haine, et FÉglise et list France, et Rome et Naples, et la primauté de saint Pierre et le bras de fer de FAutriche , trahissant avec une constante perfidie, ainsi que je le ferai voir ai maintes occasions, la cause sainte de Thumanité pow les vils intérêts de son commerce et par une instinctive aversion pour notre gloire, se réjouissant des annexions du Piémont et cherchant à soulever une coalition contre celle de la Savoie qui se donnait à la France. Il m'avait été donné de me prosterner devant l'auguste et vénérable figure de Pie IX, de baiser cette main gracieuse qui rie s'ouvre que pour bénir, d'entendre cette voix qui ne parie aux hommes que pour les réconcilier et les instruire. Je l'avais entendu dire à ses ennemis : « Ne me demandez point l'injustice! Iniquitatem odio habui! » et à Dieu : « Que votre volonté se fasse et non pas la mienne, ô mon Dieu ! Que votre royaume arrive et non pas le mien ! > J'avais été béni par ce Bon Pasteur, préparé à l'exil, à la pauvreté, à la mort, plutôt qu'à la trahison ou à l'abandon de soh troupeau. J'avais admiré ce calme, cette confiance inaltérables, cette douceur angélique, qui lui faisaient en* tendre, le sourii^ sur lés lèvres et le regard attaché à la

croix, les sourds grondements de Forage qui s'annonçait dans le lointain. De saintes et vives espérances, à propos de rOrient que je venais de visiter et de la guerre faite en Occident au Christ dont il est la douce image, étaient tombées de ses lèvres inspirées. Il me semblait voir Jésus, le Rai des siècles et le Pontife des cieux, étendre les bras, bénir son Église et confirmer ses divines et inaltérables promesses, et je compris que, dans cette grande et terrible lutte entre le bien et le mal, la victoire ne resterait point à Tétendard de la mort.

C'est alors que^ béni , malgré mon indignité, à propos de ce bien-aimé , de ce glorieux sanctuaire de Sainte- Anne^ je rentrai dans ma patrie avec mes joies et mes espérances et que je pris la résolution de raconter ce que je ne pouvais cacher à mes frères, ce qui avait rempli mon âme et l'avait, à côté de tant de joies, plongée dans une si grande tristesse à CONSTANTINOPLE, à JÉRUSALEM et à ROME.

Page 1