CHAPITRE XIV 2 S
en résumé l'histoire des successeurs de Sélim i'i, au nombre de six , jusqu'à rindolemt Ibrahim , qui lui-même péril étranglé (1649) l.
Sous Mahomet iv , fils et successeur d'Ibrahim , l'Europe vit un dernier triomphe de la Chrétienté sur la barbarie musulmane. L*an 1683 , les Turcs , fiers des succès qu'ils venaient de remporter sur les Impériaux, résolurent de pousser leur conquête au delà du Danube et même du Rhin. Trois cent mille musulmans parurent près des murs de Vienne. Tout fuyait à leur approche ; l'empereur lui-même, Léopold icr, se sentant hors d'état d'arrêter l'impétueux torrent, avait quitté sa capitale. Il sortait par une des portes quand les barbares approchaient de la porte opposée. L'Allemagne attendait dans la crainte, et l'Europe tremblait, en voyant cette capitale prête à tomber entre les mains des infidèles. Vienne , ce boulevard de la chrétienté , déjà presque réduite en cendres , allait tomber en effet sous le joug ottoman , quand une visible protection du Ciel vint procurer sa délivrance. Le 8 septembre , fête de la Nativité de la Vierge Marie , les habitants et les soldats , qui n'avaient pas cessé de l'invoquer, redoublèrent leurs prières à l'auguste Mère de Dieu.
Tout à coup on voit sur les montagnes voisines flotter des étendards : c'était Jean Sobieski , roi de Pologne , qui arrivait avec ses braves soldats. Il joint ses forces à celles de Charles de Lorraine, général de l'aimée impériale.
1 Ce sont Amurat ni, Mahomet ni, Achmet ier , Mustapha ier, Othman n , Amurat iv.
Mahomet ni commença 6on règne (159G) par faire étrangler dixneuf de ses frères.
2(H CONSTANTl NOLE
L'intrépide monarque n'a qu'une petite armée; mais comme nos vieux paladins, il met sa confiance dans le Dieu des batailles et ne doute pas un instant de la victoire. Le 12 au matin, avant d'engager le combat, Charles et Sobieski se précipitent aux bras l'un de l'autre dans la vieille église de Leopoldsberg , afin d'implorer ensemble le secours du Tout-Puissant. Un saint religieux, arrivé de Rome pour répandre sur leurs fronts les bénédictions du pape Innocent xi, célèbre la messe dans une chapelle élevée dans le camp. Les électeurs, les princes, toute la noblesse , se pressent pour l'entendre ; elle est servie par Sobieski. A genoux sur les marches de i'autel , la tête inclinée , les bras en croix , le héros prie avec ferveur. Il communie , se met lui et ses soldats sous la protection de la Vierge Marie, reçoit avec eux, au nom du souverain pontife , une solennelle bénédiction ; puis se relève, plein d'ardeur et de confiance, en s'écriant : Marchons maintenant sous la protection toute-puissante de la Mère de Dieu. Alors le saint religieux, s'avançant sur le seuil de la chapelle le crucifix à la main , dit aux chefs de l'armée : Je vous annonce, de par le Saint-Siège , que, si vous vous confiez en Dieu , la victoire est à vous.
La victoire couronna les efforts des Chrétiens (12 septembre 1683). Effrayé de la vigueur du premier choc, le khan des Tartares recule et s'enfuit en toute hâte; il entraîne après lui le grand-visir, forcé de le suivre en frémissant de rage : bientôt la déroute est complète , la plaine est jonchée de cadavres , le Danube engloutit dans ses flots des milliers de fuyards ; toutes les munitions , l'artillerie ,