‹ Constitution de la thérapeutiqueChapitre 2 sur 5 · OUVRAGES DU MEME AUTEUR · texte numérisé non relu

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HIPPOCRATE — HAHNEMANN — PAi

THÉRAPEUTIQ

Le D' P. JOUSSET .',,, -

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19, BUE EAUTEFBU1LLE

L'étude de I» pathologie générale t compris quatre chapitres : l'homme, la la cause et la thérapeutique.

Arrivé à cette dernière question, J. I s'arrêta écœuré devant les insanités qui taient alors (1840) cette partie de la mé

Nous sortions en ce moment de la thér; excessive deBnoussAis, et la méthode des coup sur coup du professeur Bouillaud, î eu constituait comme un écho éloigné.

CfiojiKL se posait comme l'adversain de cette thérapeutique ; il prétendait re la méthode du hon sens dans une sort< chrétisme, où dominaient les évacuatii vésicatoires. 11 alla jusqu'aux conséqu plus extrêmes pour démontrer les erret peutiques de ses adversaires ; on lit, en e la clinique de l'Hôtel-Dieu, l'histoire d'i fille rhumatisante, à laquelle il applic en démontrer la fausseté, la méthode des

coup sur coup; et bien que l'observation signale l'aggravation de 1# maladie après chaque saignée, il continua l'expérience jusqu'au bout, c'est-àdire jusqu'à l'autopsie (1).

Louis, l'ami de Chomel, le statisticien inintelligent, accumulait des travaux dignes d'un bénédictin, pour démontrer que la pneumonie guérissait quelques jours plus tôt par la méthode du tartre stibié que par la méthode des antiphlogistiques ! ou peut-être le contraire, cela importe peu (2).

De son côté, Récahier appliquait, à tort et à travers, les méthodes les plus bizarreset lesmoyens les plus énergiques; mais c'est surtout dans des applications souvent malheureuses de la chirurgie à la médecine qu'il dépensait son activité maladive.

Au-dessus de ce pêle-mêle planait la grande figure d'AnDRAL qui, dans sa sagesse de sceptique, faisait constituer toute la thérapeutique dans les apozèmes et le sirop de groseille.

II faut encore citer Magekdie, intelligent et railleur, qui au nom delà méthode expérimentale,

(1J Clinique de Chomel, tome II, page 228.

(2) Louis : Mémoire sur les effets de la saignée, page 65.

plaçait l'expectation au pinacle de la thérapeutique.

Tel est le tableau, aussi triste qu'exact, que présentait la thérapeutique vers le milieu dusiècie dernier.

Il est facile de comprendre comment, en face d'un tel gâchis, J. P. Tessier se trouva attiré vers la réforme de Hahnemann. Cette réforme, représentée par une loi positive d'indication et par une matière médicale expérimentale, avait un caractère scientifique qui manquait totalement à la thérapeutique officielle. Sans doute Tessier, et, après lui, ses élèves, eurent le tort de ne pas faire des réserves suffisantes, tant contre l'exclusivisme de la loi des semblables, que vis-àvis des doctrines empreintes d'illuminisme et de mysticisme qui entachent une partie de l'œuvre de Hahnemann ; maïs la faute en fut, pour une part, à l'éclat des vérités contenues dans la première partie des réformes de Hahnemann ; et, pour la plus grande part, dans l'odieuse persécution qui rejeta violemment et injustement les disciples de la nouvelle doctrine en dehors de l'école et des hôpitaux et les força, pour ainsi dire, à servir sous un drapeau, dont toutes les couleurs ne leur étaient pas sympathiques.

8 AVANT-PHOPOS

Aujourd'hui, qu'un certain apaisement s'est fait, et que les enseignements sortis du laboratoire ont répandu sur l'art de guérir une lumière nouvelle, il nous semble possible d'exposer la constitution de la thérapeutique.

Les travaux de matière médicale et de clinique de Hahnemann et de ses élèves ; la sérumthérapie fondée par Pasteur sur la loi des semblables et l'atténuation des toxines; l'asepsie chirurgicale, due aussi à ce grand homme, et relevant de la loi des contraires ; cet ensemble de connaissances, qui se succèdent et s'enchaînent depuis un siècle jette sur les enseignements d'Hippocrate, restés jusqu'ici incompris, une clarté qui permet de les prendre pour base de la thérapeutique et d'entreprendre la constitution de cette science.

Mais il est nécessaire que nous exposions d'abord l'histoire générale de la thérapeutique.

Au milieu de systèmes multipliés il est facile de discerner dans la tradition deux grands courants thérapeutiques : l'un vient d'Hippocrate, l'autre de Galien.

La doctrine thérapeutique d'Hippocrate est complète. Elle repose sur un principe : la nature médicatrice et sur deux lois d'indication ; le contraria\eonlrariis et le similia similibus. Cette doc-

trine a pour base l'observation et répond à toute les exigences de l'art de guérir.

Le galénisme diffère essentiellement de la doc trine d'Hippocrate. Son principe est de dompte la maladie et la seule loi qui régisse les indica lions est celle des contraires. C'est donc pa excellence une thérapeutique étiologique. Enfin I galénisme place le raisonnement au-dessus d l'observation, c'est du dogmatisme pur.

Chronologiquement, nous devrions commence par Hippocrate l'exposition des doctrines médicales ; mais la thérapeutique contemporain n'étant que l'évolution naturelle de la thérapeu tique de ce médecin, nous ferons d'abord l'histoire du galénisme pour ne point interrompe l'ordre logique qui nous conduira, par des étape successives, d'Hippocrate à Pasteur.

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