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I. — CARACTERES HISTOCHIMIQUES

La morphologie, le développement, l'histoire nucléaire ont été étudiés dans les Batrachospermes, mais on sait encore fort peu de chose des substances qu'ils élaborent. Ces dernières années pourtant, Haas et Hizz [60]! ont abordé l'étude chimique du Batrachospermum moniliforme, Roth., en y recherchant les polyols; le résultat fut d'ail leurs négatif. Cette recherche exceptée, on ne possède sur ces algues que des données histologiques.

La cellulose existe dans les membranes, mais seulement lorsqu'elles ont atteint un certain développement, comme l’ont montré en particulier vox Sozus LatBacH [61] et Siropor [62]. Si l’on plonge un fragment d'algue fructifiée dans le chlorure de zinc iodé, seul axe bleuit, les autres parties prennent une teinte vert pâle ou restent incolores. Il faut employer un réactif très concentré, et essuyer l’algue avant l'essai (par exemple en la promenant sur un fragment de porcelaine) : les Batrachospermes en effet retiennent beaucoup d’eau, à cause de la substance mucilagineuse, du « gélin > caractéristique qui les enrobe (1).

Plusieurs auteurs ont étudié les inclusions cytoplasmiques, en s'adressant le plus souvent au 3. moniliforme. Lorsqu'on plonge l’algue fructifiée dans la liqueur iodo-iodurée, le brunissement des gonimoblastes est très frappant. Les cellules végétatives prennent aussi une teinte brune, mais beaucoup plus pâle : ces caractères ont été dé-

(1) Le Chantransia ne présente pas de gélin. Ses membranes bleuissent dans le chloroïiodure de zinc, la teinte devenant seulement plus pâle dans les parties jeunes (SIropoT). Nous n'avons étudié ici que la phase Batrachosperme,

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crits par Vox Sozus LaupBacH. D'après cet auteur, les vacuoles sont très petites dans les cellules jeunes; plus tard elles grandissent et leur conteuu tient en suspension de nombreux granules, colorés faiblement en brun par l’iode. Pour ScHurrz (cité d’après Czurpa |63]), les cellules âgées, dans la même espèce, contiennent des grains amylacés groupés surtout autour du novau. Selon ScHmibLe [64], le contenu des spores est analogue à celui des monospores de Thorea r«mo- Sissin«.

SiroDoT [65 p. 167 et suivantes] décrit des globules refringents, inclus d’abord dans le protoplasme, « plus nombreux autour du noyau, qu'ils rendent plus apparent », et dont quelques-uns tombent dans les vacuoles. L'auteur distingue :

1°les globules, petits, Sphériques, transparents, très peu nombreux dans chaque cellule (2 à 6), rencontrés dans #3. moniliforme Roth et B. testale Sirdt. Cette description fait songer à des gouttelettes lipidiques.

2° les corpuscules, affectant des formes diverses, et susceptibles d'acquérir des dimensions relativement grandes, translucides, souvent nombreux; l’iode les colore en jaune rougeâtre; ils sont insolubles dans l'alcool et l'éther, mais dissous par la potasse, On ne trouve ces corpuscules que dans quelques espèces; ils sont abondants dans certaines variétés de B. vagum, Ag. L'auteur les désigne sous le nom de « leucites » et leur attribue la composition générale du protoplasma.

SIRODOT n'a pas insisté sur le brunissement du 1. moniliforme dans l’eau iodée. D'abord insensible, ce caractère s'accentue à mesure qu'avance la saison. Nous avons observé en décembre des échantillons sexués, porteurs de gonimoblastes à leur début, mais l’iode les teintait à peine; en avril le brunissement est net; à la fin mai, les algues deviennent dans l’eau iodée d’un brun presque noir.

En ce qui concerne le B. ragum, nous n'avons pas eu l'occasion d'observer les variétés keratophyllum et flagelliforme, où Siropor signale des « corpuscules » abondants. Nous avons seulement trouvé des variétés stériles, portant de nombreuses sporules. Celles-ci brunissent nettement dans l’eau iodée, ainsi que les cellules voisines.

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