COLONIES DE LA PREMIÈRE SÉRIE
La Martinique, la Guadeloupe et laRéunion forment un groupe à part, qui se distingue de Tensemble des autres établissements par une aptitude plus grande à participer à tous les actes de l'existence nationale. Là, les populations sont françaises par la naissance aussi bien que par les traditions; elles ne sont pas sollicitées par le regret d'un état antérieur, que la conquête aurait brusquement supprimé; elles n'ont pas connu d'autre civi-
lisation que celle de la France \ Tœuvre de colonisation, en ce qui les concerne, est complètement achevée.
Et ces trois îles ne sont pas, bien qu'elles semblent, depuis quelque temps, reléguées au dernier plan, les moins précieuses des dépendances de la France. Elles ne touchent, par aucune frontière, à des territoires étrangers -, elles ne nécessitent pas la dépense d'une occupation militaire; elles ont été dans le passé, elles sont encore dans le présent, — peut-être ferait-on bien de ne pas T oublier, — les principaux marchés de notre commerce colonial. Il suffira, pour s'en rendre compte, de les comparer, sous ce rapport, à la plus belle, la plus importante et la plus prospère de toutes nos colonies nouvelles, la Cochinchine.
En 1883, c'est-à-dire à une époque où déjà de grands mouvements de troupes se faisaient dans rindo-Chine, non sans jeter sans doute quelques perturbations dans les données de la statistique, les exportations de France en CochincMne s'élevaient à une somme de 7.156.897 fr. Dans cette évaluation était comprise, évidemment, pour une bonne part, celle des exportations destinées, sinon au
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corps expéditionnaire duTonkin,au moins aux garnisons assez nombreuses de la colonie. Dans la même période, l'exportation de France aux trois îles, considérablement réduite par rapport à ce qu'elle fut autrefois, était exprimée par les chiflEres suivants :
Martinique 13.639.915 fr.
Guadeloupe 12,384.971 fr.
Réunion 7.832.138 fr.