ESSAI DE CLASSIFICATION MORPHOLOGIQUE DES 20 JEUNES FILLES SPORTIVES
Il nous a paru possible de classer ces jeunes filles d’après la taille :
1° Dans un premier groupe, nous avons compris les jeunes filles dont la taille est inférieure à 1 m. 55, autrement dit celles que nous appellerons « petite taille ».
2° Dans un deuxième groupe, celles dont la taille varie de 1 m. 55 et 1 m. 60, c’est-à-dire celles que nous considérerons comme de « taille moyenne ».
3° Dans un troisième groupe, celles dont la taille varie de 1 m. 60 et 1 m. 65, c’est-à-dire celles que nous considérerons comme de « grande taille ».
4° Enfin, dans un quatrième groupe, celles dont la taille étant supérieure à 1 m. 65, nous considérerons comme de « plus haute taille ».
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Le premier groupe (petite taille) compte 5 cas sur les 20, que nous avons examinés, soit 25 % des jeunes filles sportives. Ces 5 cas sont les n°° 7, DTIPIG, LE:
Ainsi que nous l’indiquerons, il ne nous a pas paru possible dans ce groupe de découvrir un type moyen d’après la taille et les diamètres transversaux.
La taille moyenne du groupe—1 m. 539. Diamètre biacromial — 34 cm. 2 et diamètre bi-trochantérien — 28 cm. 8.
D'où nous en déduisons que le diamètre bi-acromial égale les 22,2 % de la taille et le diamètre bi-trochantérien égale les 18,7 % de la taille.
Examinons rapidement ces 5 cas :
N° 7. — Les diamètres bi-arcomial et bi-trochantérien sont tous deux petits par rapport à la taille. Il s’agit d’un manque de développement général.
N° 9. — Si le diamètre bi-trochantérien est petit par rapport à la taille, il est également petit par rapport au diamètre bi-acromial.
N° 11. — Le diamètre bi-acromial est trop grand par rapport à la taille, le bi-trochantérien étant normal par rapport à la taille. Il s’agit d’une personne présentant un certain état pathologique.
N° 16. — Le diamètre bi-acromial est trop grand par rapport à la taille, alors que le bi-trochantérien est trop petit par rapport à la taille. Il s’agit d’une désharmonie de développement.
N° 17. — Le diamètre bi-acromial est normal par rapport à la taille mais le diamètre bi-trochantérien est trop petit.
Ainsi, sur les 5 jeunes filles du Groupe petite taille, toutes présentent un type particulier.
Il n’y a pas d'harmonie entre la taille et les diamètres en largeur.
Dans le deuxième groupe (taille moyenne), nous avons compté en tout 4 cas (n°* 2, 8, 10 et 18), soit une proportion de 20 %. Mais, contrairement au groupe précédent, nous pouvons établir pour ce groupe un seul type morphologique d’après la taille et la largeur des diamètres transversaux.
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Nous avons, en effet, trouvé pour la taille moyenne du groupe 1 m. 58, pour le diamètre bi-acromial 35 cm. 25 et pour le diamètre bi-trochantérien 29 cm. 25.
Autrement dit, le diamètre bi-acromial est donc les 22,3 % de la taille, et le diamètre bi-trochantérien les 18,5 % de la taille. :
D’autre part, pour chacune des jeunes filles, le diamètre bi-acromial est apparu comme normal par rapport à la taille. Seul le diamètre bi-trochantérien semble un peu petit par rapport à la taille et au diamètre bi-acromial (eu égard aux chiffres habituellement donnés par les auteurs).
Ces résultats se répétant pour chacune des jeunes filles, le groupe considéré paraît être le plus harmonieusement développé.
Dans le troisième groupe (haute taille), nous avons trouvé 6 cas (n°' 1, 3, 6, 12, 13 et 19) sur 20, soit 30 % environ des jeunes filles.
La taille moyenne du groupe est de 1 m. 621, le diamètre bi-acromial moyen de 34 cm. 5 et le diamètre bitrochantérien moyen de 29 cm. 4.
Le diamètre bi-acromial se trouve donc être les 21,2 % de la taille et le diamètre bi-trochantérien les 18,1 % de la taille.
Dans le quatrième groupe (plus haute taille), nous avons obtenu 5 cas (n°: 4, 5, 14 et 15), soit 25 % des jeunes filles. La taille moyenne du groupe est de 1 m. 657, le diamètre bi-acromial de 35 cm. (soit 21,1 % de la taille) et le diamtre bi-trochantérien de 30 cm. 4 (soit 18,5 % de la taille).
Il semble possible de réunir ces deux derniers (3° et 4* Groupes) pour en former un seul groupe morphologique, en comparant les diamètres transversaux et la taille.
Le nouveau groupe morphologique serait ainsi caractérisé :
— Un diamètre bi-acromial petit par rapport à la taille.
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— Un diamètre bi-trochantérien petit par rapport à la taille et au diamètre bi-acromial.
Dans le troisième groupe, le n° 13 nous paraît toutefois former une exception ; le bi-acromial paraît en effet presque normal par rapport à la taille. En réalité, ce résultat est dù à une forte prédominance thoracique.
De même le n° 19 où le bi-acromial et le bi-trochantérien paraissent eux aussi petits par rapport à la taille. En réalité, il s’agit de cas d'espèce où nous devons tenir compte d'un écartement exagéré des trochanters dù à un état d'ordre rachitique. La différence Bi T-Bi 1 (Bi I—diamètre bi-crète-illiaque) a en effet été trouvée égale à 4 cm. Or, ainsi que nous l'avons maintes fois remarqué, au-dessus de 3 cm., une telle différence est l'indice d’un écartement des trochanters d'ordre rachitique.
Résumons maintenant les résultats que nous avons obtenus pour les quatre groupes et comparons-les avec ceux donnés par les auteurs.
Rappelons à cet effet que les auteurs classiques (Jay- LE) avaient mesuré des femmes françaises, parisiennes, âgées de 20 à 40 ans et ayant une taille comprise entre 1 m. 57 et 1 m. 60, c’est-à-dire une taille moyenne. Ils avaient trouvé :
— pour le diamètre bi-acromial, les 23,3 à 22,5 % de la taille ;
— pour le diamètre bi-trochantérien, les 20,4 à 20,6 % de la taille.
Or, nous, pour nos sportives, nous avons trouvé :
Pour le premier groupe (petite taille) :
Bi À : 22,2 % de la taille.
Bi T : 18,7 % de la taille.
Pour le deuxième groupe (taille moyenne) :
Bi A:22,3 % de la taille.
Bi T : 18,5 % de la taille.
Pour le trcisième groupe (haute taille) :
Bi À : 21,2 % de la taille.
Bi T : 18,1 % de la taille.
Pour le quatrième groupe (plus haute taille) : Bi A : 21,1 % de la taille.
Bi T : 18,5 % de la taille,
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Autrement dit, dans les 4 groupes, le diamètre bitrochantérien est sensiblement le même par rapport à la taille. Par contre, il apparaît comme étroit si on le compare à celui donné par les auteurs classiques.
Quant au diamètre bi-acromial, il est pour les deux premiers groupes les 22,2 % et 22,3 % de la taille, c’està-dire qu’il correspond à peu près aux résultats classiques. Au contraire, pour les deux autres groupes (haute et plus haute taille), il n’est plus seulement que les 21,2 et 21,1 % de la taille, c’est-à-dire qu’il apparaît comme nettement inférieur aux chiffres donnés par les auteurs.
Cherchons à expliquer ces résultats :
D'abord en ce qui concerne le bi-trochantérien nettement inférieur au chiffre donné par les auteurs classiques.
Il est hors de doute que nos sportives, par le fait même qu’elles sont sportives — et ceci nous l’avons nous-même vérifié — ne sont pas sujettes à présenter un amas graisseux au niveau des trochanters, et que, par suite, l’erreur susceptible de résulter de la mesure du bi-trochantérien osseux n’existe pas à proprement parler en ce qui les concerne.
Il en est différemment avec les femmes non sportives, celles que, sans nul doute, ont mesurées les auteurs classiques. Avec elles, l’amas graïisseux peut exister, il existe généralement, d’où une cause possible d’erreur, en trop, malgré toutes les précautions qui peuvent être prises dans les mesures, précautions que nous n’avons pas manqué de signaler au début de la présente étude.
C’est pourquoi, à notre avis, il est possible que nous ayons pu obtenir pour nos sportives un résultat inférieur à celui donné par les auteurs.
En ce qui concerne le bi-acromial.
Nous rappelons que nous avons trouvé en ce qui concerne nos sportives pour la proportion du diamètre biacromial par rapport à la taille un chiffre à peu près égal à celui donné par les auteurs classiques et ceci pour nos deux premiers groupes — taille inférieure à 1 m. 60 — c’est-à-dire pour les groupes correspondant identiquement, au point de vue taille, aux jeunes filles mesurées par les auteurs — taille également inférieure à 1 m. 60.
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Pour les deux autres groupes — taille supérieure à 1 m. 60 — l'accroissement du bi-acromial n’a pas suivi l’accroissement de la taille étant tombé, ainsi qu’il résulte des données de nos précédents renseignements, des 22,3 % de la taille (2° groupe) aux 21,2 % (3° groupe) et 21,1 % (4 groupe) de cette même taille.
Ces résultats ne sont d’aucune manière surprenants, car il est généralement admis qu’à partir d’une certaine taille, les diamètres en largeur croissent, pour les types que nous pourrions appeler « élancés », dans une proportion relativement moindre que la taille elle-même.
Toutefois, nous avons indiqué précédemment que le diamètre bi-trochantérien nous a paru, lui, être resté à peu près le même relativement à la taille et ceci méme pour les types élancés. Faut-il en conclure que ce diamètre est et reste un caractère de sexualité qui n’est pas susceptible de devenir plus inférieur eu égard à la taille. Son rapport relativement à la dite taille serait ainsi un nombre à peu près constant (compris entre 18,1 et 18,7 %, suivant nos mesures). Nous nous permettons d’émettre cette hypothèse.
Il y a une autre conclusion à tirer de notre étude.
C’est le type même de la jeune fille sportive.
Sur nos 20 jeunes filles sportives, 18 appartenaient aux types morphologiques : respiratoire, musculaire et musculo-respiratoire, et deux seulement au type digestif.
Aucune n’appartenait au type cérébral.
Pour le type respiratoire, cela se conçoit ; on sait que le type respiratoire est caractérisé par une prédominance du thorax. Il a besoin, pour obtenir son plein épanouissement, de tous les éléments rassemblés dans l’atmosphère et, à cet égard, il trouve dans la vie en plein air que lui procurent les sports, une ambiance conforme à celle qu’exige sa constitution morphologique.
Pour le type musculaire, la chose est également compréhensible. Ce type est, en effet, caractérisé par une prédominance des membres. Or, dans le sport, il trouve un excitant mécanique à cette prédominance morpholo-
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Quant au type musculo-respiratoire, dérivant à la fois de l’un et de l’autre, il bénéficie des avantages des deux types.
Ce seraït en tout cas une erreur de penser que le sport puisse transformer le type morphologique, tout au moins lorsque celui-ci est déjà arrivé à son stade déterminé. Ainsi nos jeunes filles n’ont pratiqué intensément le sport qu’à un âge où leur constitution définitive était déjà atteinte. La pratique du sport n’a pu donc qu’accentuer leur type et non l’atténuer, et, à plus forte raison, le transformer.
En principe, on est porté à faire du sport d’après sa constitution. Ainsi que nous venons de le rappeler, les types favorables aux sports sont les types musculaire, respiratoire ou musculo-respiratoire.
Les autres types : digestif, cérébral, ne sont pas, en principe, favorables aux sports. Lorsqu'on appartient à l’un de ces deux types, ou à un type qui n’est pas nettement déterminé, si le sport, lorsqu'il est pratiqué de très bonne heure, peut parfois atténuer le type en poussant dans une certaine mesure son développement dans un autre sens, il n’arrivera jamais, croyons-nous, à le transformer.
En principe, les jeunes filles vraiment aptes à faire du sport donnent plutôt l’apparence d’être avant tout élancées, d’allure un peu masculine.
Ceci peut provenir de ce que les sportives ne présentent pas en principe un amas graisseux dans la région du bassin, et peuvent ainsi parfois donner lillusion d’être plus rectilignes et amincies.
Mais il est hors de doute qu'avant le sport elles avaient déjà latente en elles cette allure élancée masculine particulière. Il semble en tout cas certain que jamais une jeune fille, malgré son désir de mode, ne peut espérer, par la pratique du sport, atteindre ce type élancé si par sa constitution primitive elle n’y était pas prédisposée.