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AVANT-PROPOS

Nous tenons en premier lieu à souligner une grossière erreur qui continue à se perpétuer dans le public et même parmi les médecins, à savoir que chez la femme la largeur des hanches dépasserait celle des épaules, autrement dit, suivant une expression populaire, que la femme serait plus « forte » de hanches que d’épaules.

De tout temps, les artistes ont essayé de réaliser un canon artistique du corps de la femme. Mais ces artistes, et notamment ceux du Moyen-Age et de la fin de la Renaissance allemande, pour créer leur canon, au lieu de se reporter exclusivement au nu réel, ont vu leurs sujets exclusivement d’après la mode. Or, la mode a toujours été, en principe, dans le passé, de porter des robes qui augmentaient d’une façon excessive la largeur des hanches. Il était de bon goût de développer à loisir cette partie du corps féminin destinée à contenir l'enfant.

La taille plus petite, la saillie plus marquée des crêtes iliaques, la couche graisseuse, particulièrement développée dans la région pelvienne, ont elles aussi contribué à donner l'illusion que les hanches étaient plus larges que les épaules. Le cumul de la graisse dans la région du petit bassin est en effet un caractère sexuel secondaire assez important. La nature se plaît à combler de graisse cette région comme par précaution pour envelopper avec un soin tout particulier cette partie où l’enfant se développera. Cette graisse se présente d’ailleurs de la

façon suivante dans la région pelvienne : très rétrécie sur la crête iliaque, elle se renfle sur la couche musculaire sous-jacente (20 mm.), s’amincit sur le point le plus saillant du trochanter (12 mm.) et puis au delà se dilate fortement (25 mm.) dans l'angle sous-trochantérien pour enfin atteindre sur la cuisse 15 mm.

En principe, la largeur des hanches est en rapport avec la largeur des épaules et la longueur totale de ia taille. Jamais la largeur des hanches n'a été, même pour la femme, supérieure à la largeur des épaules, et si l'on pense communément le contraire, c'est — nous le répétons — une erreur, une grossière erreur, que nous tenons particulièrement à signaler.

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