L'ADMINISTRATION MILITAIRE. IH
Et si au moins il n'y avait que du papier et des millions perdus Mais il y a bien plus : il y aie service
enchaîné, paralysé, ralenti; il y a le découragement de tous ceux qui ont a se soumettre a tant de formalités; et enfin il y a qu'avec une telle organisation, si une guerre maritime arrivait, il faudrait : ou renoncer aux écritures qu'on dit nécessaires, ou renoncer à l'action même d'une marine ainsi entravée.
Le ministère de la guerre n'écrit pas autant que celui de la marine, cela est vrai ; mais il est entré dans la même voie; chaque jour il s'y enfonce davantage; et chaque fois qu'un homme ou un fait nouveau s'y introduit, toujours il s'y organise avec le plus vaste déploiement d'écritures. Ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, et je le prends dans le service d'Afrique : sur une dépense évaluée à 100,000,667 fr. pour l'année 1849, il y a 23,632,515 fr. pour la seule administration militaire; dcplus,2,604,870fr. pour l 'administration des finances ou autres, et, en outre, plus de 5,000,000 fr. pour les administrations communales, en tout plus de trente et un millions de dépense à l'effet d'administrer Le digne maréchal Bugeaud citait à la tribune
le bourg de La Cale, où il en coûte chaque année 745 francs par tête pour administrer les habitants.
Celle question, assez compliquée, de l'administra-
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(ion de la guerre, j'en avais fait une étude spéciale. Dans ce travail je faisais voir : comment le système actuel exige qu'il soit fait dans l'armée beaucoup de choix peu militaires, afin de satisfaire aux exigences des écritures. Comment, l'écriture administrative s'ac-
croissanl toujours, les bâtiments des bureaux de la guerre, malgré leur vaste étendue, sont obligés de s'accroître tous les ans, d'hôtels en hôtels, de rues en
rues Comment l'extrême complication de ces bu ■
reaux, et des comités, et des bureaux des comités, et des commissions, et de toute cette vaste fabrication de rapports et de correspondances multipliées à l'infini, paralysent l'action et placent le pouvoir, qui devrait commander, dans une obscurité où il n'aperçoit que ce que lui montrent les rédacteurs d'écritures.
Je faisais voir par des faits nombreux, et quelquefois par des faits très importants, les retards, les omissions, les incohérences, les perles, qui résultent d'un tel étal
de choses Je faisais voir, enfin, qu'avec une telle
organisation, les véritables chefs militaires, les commandants de corps , les directeurs de services , les inspecteurs généraux, et les ministres eux-mêmes, ne sont en réalité que les instruments des bureaux.
Je concluais en disant : Les bureaux régnent et n'ud-