LE GOUVERNEMENT ET L'ARMÉE
Et plus la publicité, plus la civilisation, plus l'instruction, et surtout la sérieuse éducation, étendront leur domaine : moins l'armée française pourra devenir autre chose que la fidèle épée de la France.
Mais, dira-t-on, n'est-il pas dangereux de séparer le gouvernement et le pays, ne fut-ce que par la pensée ? Cela est dangereux, oui, mais le danger se trouve dans la nature même des choses ; et devant les dangers, il
vautjroieux ouvrir les yeux que de les fermer Or,
en ouvrant les yeux, on voit que toujours, et dans tous les cas, l'armée doit se dévouer pour la France : mais qu'il y a des cas où il est difficile qu'elle estime le gouvernement.
Je ne ferais certes pas une telle observation, si elle pouvait porter la plus légère atteinte à la pensée de discipline et d'obéissance, à la pensée d'ordre, de devoir et de dévouement; mais elle en est, au contraire, l'expression la plus pure. Et c'est dans les nobles sentiments de l'armée, bien mieux que dans un sentiment servile, favorable à tous les pouvoirs, que se trouve une puissante garantie de stabilité.
Ce qui doit, en effet, ce qui peut demeurer stable , et stable à toujours : ce n'est pas telle ou telle institu-
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lion, plus ou moins ancienne, qui aura figura plus ou moins heureusement dans noire Longue histoire ; ce
n'est pas telle ou telle l'orme politique tracée sur les pages d'une Constitution sans cesse refaite et abandonnée : c'est la France elle-même ; c'est la Fiance Bras l'ensemble de sa glorieuse existence et de ses grandeurs ; c'est la France avec la générosité de son ealère, avec la moralité, l'honneur et les intérêts, qui lui donnent dans le monde le haut rang auquel tant de siècles l'ont élevée.
Tout gouvernement, quel que soit son principe, fonctionne, quant au personnel et au matériel de l'armée, par l'action habituelle d'un ministère de la guerre. Or, quand on a étudié celte action, el surtout, quand ou l'a étudiée à la fois dans les chambres et dans le service militaire, on voit, el il ne serait que trop facile de faire voir, que notre ministère de la çuçrre, en ce qui concerne le commandement, el en ce qui concerne les relations avec les pouvoirs de l'État, n'est pas plus qu'en ce qui concerne l'administration, constitué comme il convient a une si haute autorité.
Et c'est surtout parce que le commandement qui doit tout dominer , el parce que la responsabilité qui doit ai;ir librement, sont l'un et l'autre enchltoâ dans le dédale administratif, que nos ministres de la