LE GOUVERNEMENT ET L'ARMÉE
guerr#ne sont, en fait et en réalité, ni des membres convftablemènt responsables du gouvernement, ni des chefs militaires agissant avec liberté.
En disant cela : ce n'est nullement la centralisation actuelle que j'entends critiquer. A plusieurs égards, sans doute, il est très-fâcheux que Paris soit tout, et que la France ne soit rien. A plusieurs égards, il convient que la centralisation soit moins absolue. Et si cette action, moins absolue, était une convenance du temps de la monarchie, c'est une indispensable nécessité sous un gouvernement où le pouvoir exécutif est beaucoup moins fort et sera beaucoup plus vivement
combattu Mais, après avoir émis cette opinion sur
la centralisation en général, je pense, «quant à l'armée, qu'elle doit, sous tous les régiirifes et sous tous les rapports, être toujours soumise aux règles de la plus parfaite unité.
Il y aurait ici beaucoup à dire, et ce que je crois être à dire, je l'avais sérieusement préparé : mais les motifs que j'ai produits au chapitre précédent pour ne pas introduire dans un livre militaire la discussion du système administratif, existent de même, et ils existent avec plus de poids encore, pour n'y pas introduire les détails d'une discussion sur la manière dont le gouvernement doit fonctionner.
Si donc, je place ici seulement un tronçon ^i chapitre dont j'avais recueilli et rédigé les éléments : c'est pour faire voir que ce n'est point par oubli qu'a été omise une question d'une telle gravité.
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Le livre, qui se termine ici, a traité beaucoup de questions, trop, de questions peut-être ; et cependant, combien encore, qui, pour ne pas trop entreprendre, n'y ont pas été abordées. Ainsi : rien sur les châtiments et les, récompenses, les retraites et les réformes, objets si importants. Rien sur l'excellent corps de la gendarmerie, qui, si vaillamment et si honnêtement, établit partout la sécurité. Rien sur les officiers de santé, qui rendent si bien de si honorables services. Rien sur le costume de l'armée, dont peut-être on s'occupe trop souvent. Rien sur les établissements où se construit et s'alimente le matériel de la guerre. Rien sur les invalides et les vétérans, dont beaucoup seraient moins coûteux et plus heureux, si on les laissait dans leur village avec une bonne pension. Rien sur notre grande position militaire et coloniale de l'Algérie, qui, à elle seule, comporterait tout un livre.
Stt CHAPITRE XXXHI.
IVien sur l'ensemble de nos colonies qui, an point tic vue militaire, doivent être an territoire national ce que les forts extérieurs sont à une grande position bien fortifiée. Uien enfin sur la révision de nos Codes militaires : mais, quant à ceci, le silence veut dire : que nulle époque ne serait moins opportune que l'époque actuelle, si pleine d'ablation, pour discuter un sujet qui ne saurait être trop sérieusement traité.
.le n'ai point parlé non plus de la participation de l'armée, soit mentalement, soit l'épée à la main, aux révolutions qui, depuis soixante ans, agitent l'Europe...
.l'eu dirai ici un seul mot L'année n'a pas cessé
un seul instant d'être vaillante; et, prise en niasse, elle a toujours été honnête et fidèle : pourquoi donc, en 1815, n'a-l-elle pas défendu la Constitution el le chefde l'Etat? Pourquoi ne les a-t-elle pas défendus en 1830? Pourquoi ne les a-t-elle pas défendu! m
1848! Est-ce que, peut-être, l'armée aurait été
d'accord avec les auteurs de ces trots révolutions î
Aucunement C'est que les nations et les gouvernements doivent trouver, en eux-mêmes, et trouva indépendamment de leurs soldats, la force morale et la force politique indispensables pour se tenir debout... One la probité politique, la volonté politique, le sentiment de la liberté, de l'ordre public, de la stabilité de l'Etal, se manifestent dans l'ensemble du pays : el
ils seront certains d'être énergiquement défendus par les forces de Tannée.
Le but de cet ouvrage a été d'étudier comment ob peut arriver, pour les dépenses militaires, à des réductions qui, sans altérer la puissance nationale, produisent les économies qui sont devenues impérieusement nécessaires lia été aussi d'étudier comment
on peut constituer la défense du territoire et l'ensemble de nos dispositions militaires, de manière à établir, aussi convenablement et aussi fortement que possible, à l'intérieur la sécurité de tous, et, k l'extérieur, la dignité de la France Enfin, il a été d'offrir aux personnes, qui ne se sont pas spécialement occupées des questions militaires, quelques aperçus sur ce qui se trouve être d'intérêt général dans toutes ces questions.
Nous n'avons pas proposé d'arriver à l'économie par l'amoindrissement du sort de chacun : parce que ce serait un abaissement et un affaiblissement de l'État lui-même, qui a besoin d'avoir à lui les hommes d'élite, et qui par conséquent doit faire en sorte que le service public ne soit pas dédaigné. Mais nous avons indiqué : quels sont les emplois trop peu utiles ; les organisations trop compliquées; les écritures excessives; les approvisionnements superflus; les forte-
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resses et les étals-majors irop nombreux : cl surtout quels sont les moyens d'instituer une double réserve ■ réserve qui remplisse au besoin les cadres des troupes ■ le li^in-, et réserve tirée des citoyens armés, qui, sans ebarger le irésor pendant la paix, possède une certaine puissance pendant la guerre. Enfin, comme base fondamentale de la véritable économie, nous avons invoqué ce principe : que, dans la constitution militaire d'un grand peuple, il faut préférer la qualité à la quantité. Kl celte condition de la qualité substituée à la quantité doit s'appliquer à tous le* grades; nunseulement afin d'obtenir des économies, maïs encore afin d'obtenir une plus certaine garantie de puigsaBM contre toute espèce d'ennemis.
Nous avons dît : mais était-il pas besoin de le dire ! que quand l'Etal se décide à des suppresseur , afin d'obtenir des économies, il ne doit pas agir avec dureté, comme un pouvoir impitoyable; mais graduellement, et avec une bienveillante justice pour les positions acquises, puur les services rendus, pour les dévouements éprouvés.
Il n'entre pas dans notre sujet de traiter celte autre question, qu'il nous suffit ici d'énoncer : que l'économie principale, que la sirprême économie, qui n'es! pas seulement financière, mais politique ê monda ad
plus haut degré, corôigte à éviter la guerre : à l'éviter parce qu'elle est un mal, et un mal qui engendre tous 4Jes maux ; à l'éviter en devenant forts et stables chez nous ; à l'éviter en laissant, à l'extérieur, les nations régler leurs affaires sans notre intervention, la France étant assez puissante pour n'avoir pas à craindre qu'on intervienne impunément dans les siennes.
Quant à l'accroissement, au progrès, à l'affermissement de la puissance nationale : nous avons proposé de tenir la jeunesse militaire assez longtemps sous le drapeau pour qu'elle y contracte l'habitude jainte et nécessaire de le respecter. Nous avons proposé, le système de réserve qui nous a paru le plus conforme aux mœurs du pays, aux, intérêts du trésor et à la discipline de l'armée. Nous avons proposé l'éducation gravement surveillée et placée au-dessus de l'instruc- * ,. tion. Nous avons proposé l'amélioration du sort des sous-officiers , et des règles d'avancement, en dehors des faveurs et des intrigues. Nous avons proposé les commandements moins nombreux, placés plus ha|g, permanents et couronnés par un comité supérieur de la guerre. Nous avons essayé de faire voir, qu'au moyen des corps spéciaux, on peut tenter l'essai d'une organisation qui fournirait à la fois des travailleurs pour la paix et des combattants pour la guerre. Nous avons présenté diverses considérations sur notre force
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maritime, qui est une portion essentielle des ressources militaires 'le la France. Enfin, nous avons soumis it la discussion un dispositif à la fois simple el grand denoa» forteresses, de nos camps, de nos garnisons , de nos cbemins de fer et de nos flottes, afin que l'action de nos forces de terre et de mer s'exerce avec ensemble el unité.
Pour la garde nationale, nous avons examiné quelques-unes des difficultés qui se trouvent aux principes mêmes de cette grande question, et nous avons proposé une organisation tendant à en faire une institution solide, qui offre une véritable garantie à l'ordre public.
Enfin, sur l'ensemble, etsur les principales questions île la constitution militaire de la France, nous avons proposé ce qui est sérieux, ce qui est pur, ce qui, sous tous les régimes, est énergique, honnête, élevé : c'est là, el non dans tels ou tels systèmes, que se trouveront toujours le progrès, l'honneur el l'affermissement des institutions; le progrès, l'honneur et raffermissement de la société.