‹ Constitution militaire de la France: étude sur les modifications à apporter au système de nosChapitre 33 sur 66 · MIT · texte numérisé non relu

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tous ces objets dus expériences un grand, des tttpepencu entre les mains delà troupe, et des expériences à la guerre d'Algérie. Ces expériences, les travaux sur cet objet de MM. de Pontcharra, Thicry, et d'autres officiers; les discussions du comité d'artillerie, et les écrits qui ont été publies, ont jeté sur celte question des lumières qui. précéi^ah ment, étaient loin d'exister.

Ces recherches furent, d'un autre oflté, singiilièiemciil favorisées par une heureuse idée de M. Del vigne. La balle, avant lui, devait, pour entrer de Force dans les rayures, être enfoncée à coups de maillet, ce qui rendait lu tir de la carabine très-difficile cl très lent. M. Del vigne, dès 1828, montra comment on peut faîte entrer librement la balle et la faire sortir forcée. Cela eut une grande part au succès actuel, cl lit qu'un tir qui, auparavant, n'était qu'exceptionnel, put devenir aussi rapide que le lir ordinaire.

Le procédé de M. Delvignc exigeai), au fond de I arme, une chambre qui n'était pas sans quelques inconvénient* et dillicultés. M. Touvenin proposa de remplacer la chambre par une tige en fer dans l'axe, qui, en arrêtant la balle, permet de la frapper de manière à Taire pénétrer le plomb dans les rayures. Cette lige, qui avait le très-grand avantage de s'adapter aux fusils existants, prit donc son rang parmi les éléments mis en expérience..

Tout récemment, l'un des officiers qni ont le plus concouru au progrès du fusil, M. Mignet, a (ail voir que la lige pouvait élre supprimée, au moyen d'un procédé trèssimple [ l'origine et la propriété de ce procédé ne me

sont pas connus). De premières expériences viennent de démontrer que sa suppression, loin de diminuer la portée ou la justesse, avait, au contraire, pour effet de les augmenter. Il résultera de ceci ( à part quelques difficultés qui probablement seront vaincues) une simplification et une économie considérables. La tige de M. Touvenin n'en aura pas moins eu sa part du succès obtenu, en facilitant les expériences, qui, sans elle, auraient peut-être été moins simples et moins décisives.

Un autre élément, élément très-considérable, fut la forme allongée et cylindro-conique de la balle. L'allongement du projectile porte avec lui cet avantage que, pour une masse égale, on expose à la résistance de l'air une moindre surface, et qu'on peut lancer un projectile de choc égal, au moyen d'une bouche à feu de moindre calibre. Cette idée n'était point nouvelle*, elle était même déjà ancienne, lorsque, en 1770, M. de Turpin l'essaya à La Fère et h Metz -, elle avait été essayée par M. Guiton de Morveau, en Tan II, en l'an VI et en l'an IX, sur un cylindre en fonte avec bague en plomb; elle avait été proposée en 1800 par M. Bodeau; en 1815, essayée en Russie sur un projectile ellipsoïde ; en 1826, M. le colonel anglais Niller avait essayé la forme cylindro-conique; en 1833, M. le chef d'escadron d'artillerie Caron avait expérimenté

cette forme cylindro-conique avec succès à Charleville ;

en 1838, M. le capitaine Blois y avait proposé l'importante modification d'un creux à l'arrière, pour porter plus en avant le centre de gravité. Puis, étaient venues les propositions de MM. Thiery, Delvigne et autres.

Enfin, avant, pendant et après 1844, MM. Tamisier,

Aligne, TouvL'iiin, travaillèrent à des expériences qui furent parfaitement faites; ils combinèrent entre eux les divers éléments de la question; ils y introduisirent des éléments nouveaux, et ds conduisirent avec persévérance leur travail. M. le duc de Montpcnsier , qui commandait à Viricennes, y donna sa collaboration aussi éclairée que bienveillante ; et son appui écarta les lenteurs et les obstacles dont la naissance île tout perfectionnement est ordinairement entravée.

Parmi les nouveaux èlèmeiils introduits furent les crans circulaires que M. Tamisier fit creuser à l'arriére du cylindre de la balle. Ces crans opposent a la résislance de l'air des surfaces perpendiculaires à la direction de la trajectoire: ce qui, par une résistance éventuelle de l'air convenablement disposée, faitrentrer la balle dansladirection voulue, toutes les fois que, par une cause quelconque, elle tend h s'en écarter. Ils sont la hampe du javelot, les pennes de la tlèche, la queue do la fusée.

Enfin, qu'il me soit permis de le dire : il s'est fait ici une large application du principe qui a fait réussir, en 1823, mon canon a bombes : principe qui consiste a produire la quantité d'action voulue et à vaincre la résistance de l'air par l'accroissement de la masse et par la diminution de la vitesse (voir note II), Ainsi, l'ancienne balle ne pesait que 25 à 26 grammes, et la nouvelle en pèse 48; la charge de poudre de l'ancienne balle était de 9 grammes et la charge de la nouvelle n'est que de V 1/2 : c'est a-dire que, scmblatnenl .i ce qui se fait pour mes canons, le projectile pèse presque lu double, et que la charge de poudre est réduite ïi moitié.

Tels ont été les principaux éléments du gùccès obtenu. Et de plus, on a trouvé que le fusil existant peut être transformé en fusil-carabine : ce qui est un fait considérable pour l'introduction pratique de ce progrès.

Et consignons ici une observation qui peut ajouter encore à ce qui a été obtenu : c'est que, lorsqu'on met en joue, il vaut beaucoup mieux amener l'arme de bas en haut que de haut en bas. Le tir en est plus juste de beaucoup. La cause en est facile à saisir* L'expérience en a été faite en Belgique, elle en a été faite en Angleterre, et les Anglais ont fait récemment une application en grand de ce procédé dans leur guerre de l'Inde.

Il y aura sans doute quelques difficultés de détail et quelques objections plus ou moins fondées contre l'adoption générale de cette arme nouvelle. Mais, que sont les détails dans une question qui change la guerre, et qui la change, ainsi que nous l'avons fait voir au chapitre IX, dans le sens de la supériorité de la France, dans le sens de la défense contre l'attaque, et dans le sens de la paix, qui est le premier intérêt de l'humanité. (0

(l) Il est bon d'indiquer les objections, afin d'en faire voir le néant, les voici: On dira, et cela est vrai, qu'il est gênant à la guerre de traîner deux espèces

de cartouches d'infanterie, la cartouche ordinaire et la nouvelle Eh bien,

n'ayons que la nouvelle. On dira., et cela est vrai, que pendant la durée de la transition, il faudra les deui cartouches... Eh bien, on les aura; on lésa maintenant, et on a des cartouches différentes en bien plus grand nombre pour les munitions de l'artillerie. L'ancienne cartouche, d'ailleurs, peut se tirer, et même avec avantage, dans le fusil nouveau. On dira que la nouvelle balle est pins lourde que l'ancienne et que déjà les caissons sont trop lourds... Eh bien, on traînera un moins grand nombre de caissons : cent coups qui portent

Depuis longtemps (en 1742), Robins avait fait voir combien ce serait un grand avantage d'avoir des pièces d'artillerie rayées en hélice comme les carabines : cette amélioration, disait-il, serait tonte une grande révolution dans les usages de la guerre.

Quand, en 1844, le succès du fusil-carabine fut assuré, je fus engagé à chercher pour les bouches à feu de l'artillerie, une semblable solution, j'y avais travaillé: le 30 juillet, je déposai un premier mémoire, et le 27 décembre, un second sur les essais à tenter.

En 1845, il fut fait,à Vincennes, d'après quelques autres propositions, et d'après les miennes, des expériences sur des boulets de 6 de formes diverses : des inconvénients se manifestèrent, et Ton n'obtint ni justesse ni portée.

La même année, la marine m'accorda une expérience par laquelle je recherchais un certain résultat : ce résultat ne fut pas obtenu.

Vers cette époque, et je crois même que ce fut auparavant, on s'occupait en Suède, sur les plans d'un officier piémontais, H. Cavalli, d'expériences où l'on obtint des portées de 1/7 et même de 1/3 plus grandes que les portées ordinaires.

La marine flt aussi, pour M. Delvigne ( à qui le fusilcarabine doit l'un de ses principaux éléments de succès), quelques expériences. Les marins ne pensent pas que des résultats satisfaisants aient été obtenus.

Le comité d'artillerie, de son côté, fit des expériences sur un canon de 30, en fonte ; l'exécution des hélices fut parfaite , mais les résultats balistiques ne furent pas obtenus par ces expériences.

On a vu, à l'exposition de l'industrie de cette année, deux nouveaux essais de M. Delvigne. Ces essais (dans les-

Les faits étant ainsi posés, en ce qui concerne le fusil, voyons maintenant ce qui est fait et ce qui est à faire, en ce qui concerne les bouches à feu de l'artillerie : afin que l'artillerie ne demeure pas impuissante et stationnaire derrière le progrès, position à laquelle, certainement, elle ne voudra pas se résigner.

Plusieurs des éléments que nous venons d'énumérer peuvent être communs aux canons et au simple fusil, tels que la rayure de l'arme, la forme du projectile, la grande masse substituée à la grande vitesse, etc. Mais le projectile en fonte ne peut entrer dans les rayures que par des appendices ou tenons fragiles.... Mais le forcement ne peut s'opérer sur un projectile en fonte comme sur un projectile en plomb. . . . Mais le frottement dans les rayures, étant produit par une masse 300 et 300 fois plus lourde qu'une balle de fusil , peut tout détruire. ... Mais, etc., etc.. Usera donc indispensable de suppléer, par quelques procédés équivalents, à ce qui ne peut être entièrement imité ; et ici, s'ouvre un vaste champ qui est hérissé d'obstacles.

Je ne sais que très-imparfaitement ce qu'on a tenté à cet égard dans les diverses parties de l'Europe, mais voici quelques dates et quelques faits qui sont relatifs h cette question:

font plusd'effetque mille coups qui Déponent pas. Enfin, on dira qu'on ne peut faire abandon des centaines de mille fusils qui existent dans nos magasins... Eh bien, on ne Us abandonnera pas, on les transformera, puisque la simplicité du noufeau système égalant sa puissance, il peut, moyennant une médiocre dépense, s'adapter aux fusils existants.

en présence des tirailleurs de l'infanterie ; et si on veut qu'au lieu de demeurer en arrière, l'artillerie s'avance par un très-grand progrès, qui lui donnerait d'une part des bouches à feu beaucoup plus légères dans les manœuvres ; et d'une autre part des bouches à feu beaucoup plus puissantes par leur justesse et par leur portée.

Ici, comme partout, il faudra, pour arriver à un utile et honorable succès, l'action simultanée de trois grandes choses : le savoir, le vouloir et le pouvoir.

SUR LA SIM PLU' ICA Tl OS DBS CALIBRES DE L ABTILLBRIE.

La complication des calibres, dans l'origine de l'art, était infinie ; or, la complication cause des dépenses, et elle cause des embarras qui souvent ont de la gravité. Nos principaux réformateurs réglementèrent, à diverses époques, en simplifiant; cependant, malgré les simplifications successives qui ont en lieu, nous avons encore aujourd'hui, en fait, les quatorze calibres suivants :

1° Calibre de 4. C'est celui de l'ancien canon de bataille, qui n'est plus réglementaire, mais qui fait encore partie du matériel ; 2" Calibre de 6. Qui est dans le même cas que le précédent; 3" Calibre de 8. C'est celui du principal canon de campagne, et d'un certain nombre de gros canons encore employés dans les places; 4° Calibre de 12. C'est celui du canon de réserve de campagne, d'un des canons de sièges et placée, et de lobusier de montagne ;

3' Calibre de 16. Canon il

tV r.-,|iliri' île 18. Cee*M(sjgJ |p4 d'un certain nombre i les cotes;

7° Calibre de 24. Du principal canon de sièges et places; de

l'obusier de campagne de m ,l 5, et du plus petit des mortiers ;

8° Calibre de 30. Du canon commun aux services de terre

et de mer, pour la défense des côtes ;

9° Calibre de 32. Calibre d'un ancien canon, qui est celui de

l'obusier ancien de 6 pouces, et de l'obusier nouveau de O^lô (0 ;

10° Calibre de 36. Un certain nombre de canons de ce calibre sont encore employés sur les côtes;

11° Calibre de 48. Même observation que pour le 36;

12° Calibre de 80. C'est celui de l'obusier de siège de O*^,

du mortier de O"^, et du Nouveau canon-* obusier de côte et de marine

de O»^ ; 13° Calibre de 150. C'est celui de l'ancien mortier de 10

pouces, du mortier actuel de QPfil,

et de l'un des canons à bombes de la

marine; 14» Calibre de 250. C'est celui du mortier de 0*,32.

Et ce n'est pas seulement en théorie, et sur le papier,

(l) Il est à remarquer ici que l'obusier de 0",16 et le canon de 50, ont été faits à la même époque, et qu'il eût été très-raisonnable d'admettre pour les deux bouches à feu , soit le calibre de SSi, soit le calibre de 50. Le différence de 32 à 30 n'était pas suffisante pour motiver cette complication. On dira que l'un est un canon et l'autre un obusier : mais ce canon de 30 tire des obus el surtout des obus. On dira que l'un est de terre, l'autre de mer*, mais les deux services doivent s'aider dans les ports, sur les côtes, aux colonies, et partout. On dira qu'on n'a pas été averti : mais je suis personnellement certain qu'on l'a été.

22i nuit: a.

bus ces objets des expériences en graml, des erp^encet entre les mains de la Iroupe, et des expériences a la guerre d'Algérie. Ces expériences, les travaux sur cet objet de MM. de Pontcharra, Thicry, et d'autres officiers; les discussions du comité d'artillerie, et les écrits qui ont été publiés, ont jeté sur celte question des lumières qui, précédemment, étaient loin d'exister.

Ces recherches Turent, d'un autre coté, tio|tt!6retMll1

favorisées par une heureuse idée de M. Delvigue. La balle, avant lui, devait, pour entrer de force dans les rayures, être enfoncée a coups de maillet, ce qui rendait le tir de la carabine très-diilïcilc et Irèslent. H. Delvigue', dés 1828, montra comment on peut faire entrer librement la balle et la faire sortir forcée. Cela eut une grande part au succès actuel, et lit qu'un tir qui, auparavant, n'était qu'exceptionnel, put devenir aussi rapide que le tir ordinaire.

Le procédé de M Delvigue exigeait, au fond de l'arme, une chambre qui n'était pas sans quelques inconvénients et difficultés. M. Touvenin proposa de remplacer la chambre par une tige en fer dans l'axe, qui, en arrêtant la balle, permet de la frapper de manière à faire pénétrer le plomb dans les rayures. Cette lige, qui atait le très-grand avantage de s'adapter aux fusils existants, prit donc son rang parmi les éléments mis en expérience..

Tout récemment, l'un des officiers qui ont le plus concouru au progrès du fusil, M. Mignel, a fait voir que la tige pouvait être supprimée, au moyen d'un procédé trèssimple | l'origine et la propriété de ce procédé ue me

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