‹ Constitution militaire de la France: étude sur les modifications à apporter au système de nosChapitre 41 sur 66 · LES TRÈS-GRANDS CALIBRES · texte numérisé non relu

LES TRÈS-GRANDS CALIBRES

même à la trouver tellement simple, qu'ayant vu réussir un canon-obusier du calibre de 80, pesant comme un canon de 36, on en fit un pesant seulement comme un canon

de % Le principe de la stabilité indispensable prévalut

ici, comme avait prévalu auparavant le principe des masses et des vitesses ; l'usurpateur, trop léger, ne manqua pas de sauter hors de son affût, et il fallut en revenir à ce qui

avait été l'objet d'une sérieuse étude La même témérité

suivie du même insuccès, et le même retour au vrai, eurent lieu de même en Angleterre.

Les canons qui tirent horizontalement les bombes ont été faits, principalement, dans la vue de mettre tout navire, même un faible navire, toute batterie, même une batterie de peu de pièces, en état de détruire tout vaisseau, même le colosse à trois ponts qui porte cent vingt bouches à feu. Or, les expériences qui ont été faites et refaites en France, en Angleterre, en Russie, en Suède et partout, ont justifié cette espérance.

Le mot espérance, quand il s'agit de destruction, semble d'abord peu convenable, mais quand on y réfléchit, on reconnaît : que la faculté donnée au plus faible de se faire craindre du plus fort est une garantie donnée à la liberté des mers, à l'indépendance des peuples, aux intérêts commerciaux de tous, et aux progrès de la civilisation.

Voici quels furent les effets obtenus dès la première expérience faite à Brest: la première bombe dispersa en débris 150 pieds carrés de charpente, et répandit dans le vais-

sas NOTE II.

seau qui servait de but uue fumée insupportable.!') (Juc autre déchira une large portion du grand mat, et emporta une ferrure pesant 130 livres. Une troisième enleva une courbe de deux quintaux, et abattit par son explosion plus de quarante madriers, cloués verticalement pour simuler les canonniers autour des pièces. Une autre fit au flanc du vaisseau une brèche énorme et imparable, etc.... Et cependant ce n'était que le calibre do 80. Quel sera donc l'effet des calibres de 120, 150 et 200?....

Les détenseurs persistants des coutumes anciennes ont dit, et quelques-uns même disent encore, que le tir des canons à bomhe est plus lent que celui des canons ordinaires. Voici, a cet égard, la vérité { et cette vérité me vient de l'amiral Lalande, qui m'a donné les résultats d'une longue expérimentation sur sa flotte). La vérité, c'est que pendant qu'on tire trois coups d'un canon de 30, on tire deux coups d'un canon de 80. Ainsi, d'un cûlé, ce sont90 livres de fer, lancées en trois boulets; et, de l'autre côté, 110 livres de fer, lancées en deux bombes, c'est-à-dire 20 livres de fer de plus, et, en outre, l'énorme effet de l'explosion, effet qui est la question tout entière.

Et il n'est pas à dire que l'explosion de trois projectiles creux de 30 produirait un effet comparable à l'effet de deux projectiles creux de 80 : l'expérience, très en grand, en a été faite et réitérée; or, elle a démontré (ce qui en soi

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