L'ATTAQUE ET LA DÉFENSE DES PLAGES
changer de place très-facilement, et n'exigeant que des munitions de peu de poids, sont des bouches à feu éminemment propres soit à l'attaque soit à la défense des places* Les mortiers moyens produisent plus d'effet, mais causent plus d'embarras, plus de dépenses, plus de lenteurs; ils n'écrasent pas les abris de l'ennemi ; et il vaut mieux avoir trois mortiers de 24 qu'un mortier de 80. Les gros mortiers sont lents, sont lourds , et n'enfoncent pas les voûtes h l'épreuve : mais ils enfoncent les blindages, ils détruisent les habitations et jettent l'épouvante. Nous avons vu au chapitre précédent combien, en s'élevant au-dessus des dimensions ordinaires, on arrive à de tels effets de mortiers : que les forts, les citadelles et les petites places pourront être mis hors d'état de se défendre, pour ainsi dire, sans être assiégés.
En dehors des armes régulières, s'offrent aujourd'hui les fusées dites à la Congrève. Ces fusées ont peu de justesse et elles coûtent cher : cependant, comme elles se transportent bien plus facilement que les bouches à feu, elles pourraient, si on les étudiait sérieusement sous ce rapport, devenir pour la défense des places un moyen peut-être aussi utile que nouveau. Il est une fusée surtout, dite explosive, et d'invention française qui, pénétrant avec vigueur dans les terres qui couvrent l'assiégeant ou l'assiégé, ou dans les gabions, ou dans les blockhaus, les disperse rapidement par d'invincibles explosions. Cette arme n'a pas une grande portée ; mais, vers la fin des sièges, elle serait un moyen d'un grand effet pour l'attaque, et plus encore pour la defense, qui, dans ces derniers moments, n'a presque plus d'artillerie en état de tirer.
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Ce qu'il faudrail aujourd'hui à la défense des places : caserait une bouche à feu qui eût la légèreté des petits calibres pour se transporter facilement d'un point où l'on est trop battu sur un autre point ; qui eût cependant le calibre des grosses bouches a feu, afin de lancer des projectiles a explosion d'un effet suffisant. C'est-à-dire qu'il faudrait un canon-obusicr, par exemple, du calibre de 2-1, uu obusier qui serait absolument, ou à peu près, celui dont j'ai parlé a la note G, pour les batteries de réserve de campagne- Et il faudrait que cet obusier (sans chambre) fût monté sur un affùl qui eût la double propriété d'être roulant comme l'affût de siège, et d'être élevé comme l'affût de place. double condition qui serait possible avec une bouche à feu d'un poids modéré. Ce serait introduire une artillerie mobile dans le service des places, comme on l'a jadis introduite dans le service de campagne; celle introduction simplifierait considérablement l'armement des places, en substituant une seule espèce de bouche à feu a tous tes calibres de canons et d'obusiers. Et la mobilité de l'artillerie de la défense est indispensable : car, rester immobile avec de la grosse artillerie de siège, sous la pluie actuelle des feux de l'attaque, c'est renoncer à se défendre. Ayant développé cette idée en Ï815, dans un ouvrage qui fut imprime à trente exemplaire, M. Carnot, le grand ingénieur, me dit : Si vous faite» prévaloir votre proposition, voit* rendrez un service considérable, mais vous ne la ferez pas prévaloir. Et Napoléon, â qui on montra ce livre pendant les cent-jours. exprima, en d'autres termes, le même avis que M. Carnot. Plus tard, en 1811, ainsi que je l'ai dit dans les notes précédentes, j'ai reproduit ma proposition, et cette fois encore elle n'a point prévalu. 11 en est temps aujourd'hui comme alors; mais alors le colonel Parisot, ligué avec moi, pré-