L'ATTAQUE ET LA DÉFENSE DES PLACES
principe déjà masse suppléant à la vitesse. Or, on pourra faire bien plus que n'a fait l'expérience anglaise, car, à Wolwick, le mur était très-rapproché du glacis, ce qui exigeait d'élever l'angle de départ jusqu'à 14 degrés, tandis qu'en battant par la trouée du fossé de la demi-lune les bastions du corps de la place ennemie, le projectile ne devant plus arriver par un angle très- plongeant, pourra partir sous un angle peu élevé, recevoir une vitesse plus considérable, et agir avec plus de puissance.
Les obusiers sont très-bons à l'attaque des places, parce que leurs feux courbes vont fouiller derrière le parapet, derrière les traverses, et que les explosions font un effet considérable, surtout quand ils sont de gros calibre. Les obusiers sont bons aussi à la défense des places; mais il faut à la défense des obusiers qui donnent à l'obus assez de vitesse pour le faire pénétrer de plein fouet dans les gabions et les terres de l'assiégeant. Nous verrons à la fin de cette note qu'on peut faire un obusier qui conviendrait parfaitement à la défense.
Les canons de gros calibre, 24 et 16, sont spécialement propres à l'attaque. Etant peu mobiles, ils ne peuvent convenir à la défense que jusqu'au moment où l'assiégeant a ouvert ses feux : car alors ils sont inévitablement réduits au silence sur le front d'attaque, et ne peuvent plus être employés que de loin sur les parties non attaquées. Les gros canons ont de plus, dans les places, ces autres inconvénients de ne tirer que très-lentement, de consommer des munitions énormes, et de servir à l'ennemi, quand il a
pris Tune de nos places, pour aller en attaquer d'autres.
•Sri
Ntm: o.
Les canons à bombes, ou si on veut les gros canoiis-obu- «ers, c'est-à-dire tes pièces de 80, 120, 150, peuvent servir dans l'attaque des places : a Taire les bombardements sou» des angles peu inclinés, ce qui est plus redoutable ; à tirer des obus à ricochet el même de la mitraille à ricochet ; et à lirer do plein fouet contre le parapet d'un saillant, de manière à raser ce parapet et a voir ensuite, à découvert, loute l'étendue de la branche qu'il couvre, et à y détruire les traverses, les affûts et tous les moyens de l'assiégé. Ûans la défense, ces bouches à feu, en plongeant leurs projectiles à grande explosion dans les gabions farcis de l'assiégeant, dans le coffre de ses batteries, dans ses cavaliers, passages ■le fossé, etc., pourront causer à l'attaque des embarras l'onsid érables. Les expériences faites a cet égard ne laissent aucun doute : il en a été fait une à Vincennes où quatre projectiles creux, du calibre de 80, ayant éclaté dans le coffre d'une batterie, placée à 500 mètres, ont bouleverse toule la portion supérieure de celte batterie. Ce sont des bouches h feu lourdes, il est vrai, et dont les munitiom sont lourdes aussi, mais une fois sur place leur effet serait d'une extrême puissance. Ces mêmes pièces, en tirant des boulets massifs de 80, de 120, contre les murailles et contre les façades casematées qui se montrent, les renverseront très-promptement. Et quel ne sera pas leur effet pour la destruction des murailles mêmes qui ne se montrent pas, en employant la méthode essayée à Wolwick, dont il Ml fait mention ci-dessus? Mais, répétons-le : ces bouches à feu très-puissantes ne doivent être confiées qu'aux places qui, par leur grande force défensive, ne risquent pas de les faire facilement tomber aux mains de l'ennemi.
Les petits mortiers pouvant se placer partout, pouvant