FEUX COURBES
environnée, accablée, criblée, qui, dans l'état actuel de» choses, fait la faiblesse de l'assiégé.
D'après cette vue, j'ai, étant très»jeune, en 1809; développé une proposition qui se résumait en ceci : établir dans l'intérieur des bastions un édifice casemate, dont les feux courbes soient dirigés sur le prolongement de la crête du glacis, des deux demi-lunes voisines, et sur la capitale du bastion; établir dans l'intérieur des demi lunes un édifice casemate, dont les feux courbes soient dirigés sur le prolongement de la crête du glacis des deux bastions voisins et sur la capitale de la demi-lune. Ces casemates, défilées des vues du dehors, et mises à l'épreuve de la bombe r couvriraient une artillerie inextinguible, qui, à la fin du siège, par ses bombes, ses obus et ses pierriers, environnerait les logements qui sont indispensables à l'assiégeant r pour battre les murs des bastions et des demi-lunes.
Comment établir des batteries de brèches sous un tel feu? Les obus, les pierres convergeant sur ces logements, empêcheront la construction de tout blindage; et les bombes écraseraient ces blindages, s'il était possible qu'ils fussent construits. Or, sans batterie de brèche, comment faire des brèches !
Mon travail, alors remis à M. le général Gassendi, fut l'objet d'un rapport favorable fait par M. le général Ruty. L'année suivante, M. Carnot, qui n'avait nulle connaissance de mon mémoire, publia une proposition analogue; mai» c'était avec de simples balles de fusil qu'il voulait projeter une pluie verticale; et le corps du génie prouva, dans plu-
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sieurs écrits, que contre ces feux courbes a petits projectiles, que contre cette pluie île petites balles, il serait peu difficile de se préserver, et que si les travaux de l'attaque en étaient rendus un peu plus périlleux, ilg a'en seraient nullement arrêtés.
Contre mon travail, qui n'avait pas été publié, nulles objections ne s'élevèrent. Je le montrai à M. Camot, et j'eus la satisfaction devoir que, dans sa dernière édition (celle iu-ï" de 1812 j il avait reconnu : que les feux casematés seraient bien plus durables ; que les feux d'obus et de bombes seraient bien plus efficaces; que les deux positions que j'avais proposées pour les casemates étaient celles qui qui feraieat converger la défense sur les points dangereux do l'attaque; et que sa proposition de 1812 était absolument semblable à celle que j'avais faite en 1809.
De telles questions demeurent ordinairement reléguées dans les cartons des ministères, ou sur les rayons des bibliothèques, et, longtemps avant de prendre vie, elles v sommeillenta l'état de chrysalide. Mais enfin, il peut survenir tel chef qui soit possédé de la manie du progrès; il peut arriver tel hasard qui réveille ce qui dormait i et alors, le bien public peut s'opérer. C'est pour ouvrir L'une de ces chances a des idées que je croîs utiles, que, sans perdre jamais l'espérance, je publie ici cette proposition, qui, précédemment, avait été inutilement présentée cl inutilement publiée.