SU H LES ARMES A VAPEIK
Une forteresse tout entière, contenant mille défenseurs, contenant 120 pièces d'artillerie, contenant six mois de vivres et une masse de munitions de guerre, est mise en mouvement contre la résistance de Veau, et même en mouvement très-rapide, par le simple souille des vents, ou par la simple action de la vapeur. Il était donc bien naturel d'essayer si un modeste projectile d'artillerie ne pourrait pas être mis en mouvement, dans l'air, par ces moteurs qui font mouvoir un vaisseau à trois ponts.
Aussi l'a-t on essayé. Le fusil à vent est une application de cette idée. Et, depuis le fusil à vent, il a été fait sur l'emploi de l'air comprimé, sur l'emploi de la vapeur, sur remploi d'autres moteurs encore, dés expériences diverses. Plusieurs de ces expériences ont donné des résultats dont l'attention publique, en France et ailleurs, en a été sérieusement occupée.
Dès 1695, Papin écrivait : que la machine à vapeur pourrait s'appliquer à jeter des bombes et à ramer contre le vent. En 1781, le général d'Arçon, dans un mémoire lu à
l'académie de Besançon, proposa d'inonder les approches delà fortification par la machine à vapeur, de faire une mauvaise saiion factice, et rendre impraticables le* minet de l'astiegeant. En 1805, le général Chasseloup proposa des casemates, d'où l'eau en vapeur jetterait des pierres et des bombes sur l'ennemi. En 1813, Napoléon dicta au général Bernard quelques idées sur l'emploi des machines à vapeur pour emplir les fossés dos places. En janvier 1814, M. Gérard, manufacturier à Paris, exécuta un appareil simple qui, parla vapeur, lançait trente balles de fusil, par minute. En 1824 [24 mai), je lus, devant l'Académie des sciences, un mémoire sur celte question. D'autres écrits, d'autres travaux ont paru depuis. De temps à autre, il est présenté il cet égard des projets qui ne sont pas tous indignes d'être étudiés. Et quand la vapeur produit les effets que nous voyons tous les jours ; quand l'air peut se comprimer jusqu'à l'énorme puissance de cent atmosphères, il est impossiblo que la balistique ne trouve pas la d'utiles moyens d'action.
Je pense, à cet égard, que pour les projections à grande distance, ou à grands chocs, ou à grande pénétration, et, par conséquent, à grande densité et à e rai| do vitesse, la poudre est un moteur trop supérieur a tous les autres pour ne pas être indispensable. Et je pense, de plus, que les appareils à vapeur seront toujours trop compliqués pour convenir à la plupart des circonstances de la guerre : mais je pense aussi que, pour une balistique moins exigeante, que pour la défense des places : par exemple pour noyer par une projection d'eau le travail d'approche de l'assiégeant j pour lancer des pierres ; pour lancer des projectiles creux à directions courbes sur ses travailleurs, quand ils