APPROVISIONNEMENT DES PL A CBS
A l'époque de Gribeauval, on décida qu'il y aurait 1000 coups par bouche à feu dans les places de première ligne, et 500 dans les autres places.
La commission mixte de Tan vin , et Y Aide-Mémoire du général Gassendi, prescrivent 900 coups pour les canons de place , 600 coups pour les pièces de bataille des places , et pour les petits mortiers , et 500 coups pour les mortiers et obusiers de gros calibres.
Les prescriptions de l'empereur varièrent suivant les époques. En 1811, il voulait 500 coups par bouche à feu dans les places de première ligne , 300 dans les places maritimes , et 200 dans les places de seconde et troisième ligne. En 1813, pressé par les événements, il ordonna de donner 50 coups aux pièces de l'armement de sûreté, ayant de plus, pour soutenir un siège, 60 à 70 pièces, approvisionnées à 800 coups pour les canons, et à ce qu'on pourrait pour les obusiers et mortiers ; et il ajoutait que certaines places pourraient n'avoir à toutes leurs pièces que 100 coups pour résister à un petit siège. 11 y a de lui d'autres ordres, où il veut 1000 coups pour les canons, et 800 pour les obusiers et mortiers.
En 1814, le comité d'artillerie proposa d'avoir: dans les places de première ligne, 800 coups par canons, et 500 par obusier et mortier j dans les places de seconde ligne , 600
et VOO; dans les places de troisième ligne 400 et 250, et le* pièces de bataille à 600.
La commission mixte, nommée a la fin de 1814, proposa, en principe général : pour le front d'attaque , 1000 coup* par canon, et 800 par obusier et mortier ; et pour les antres fronts 300 coups. Mais, dans l'application à chaque place, on voit l'approvisionnement fixé : pour les canons, depuis 1000 jusqu'à 150 coups seulement ; et depuis 800 jusqu'à 100 coups seulement pour les mortiers.
En 1826, dans l'ouvrage publié par M. le général Rogniat. il est proposé : d'avoir 300 coups par pièce pour l'armement de sûreté, et, pour les pièces du front d'attaque, 1000 coups par canon, et 800 pour obusier ou mortier.
Le Nouvel Aide^Mêmoire, 1831, adopte l'évaluation delà commission de 1811, et de M. lo général Rogniat.
Enfin, en 1833, le rapport du ministère de la guerre au roi demande 1000 coups pour chaque bouche à feu de l'armement des places.
On voit ici des différences d'opinions très-grandes. Et il y a une telle nécessité do réduire les formules trop exigeantes, qu'on a vu, en 1814, une place qui avait des projectiles et de la poudre pour 337,000 coups, c'est-à-dire pour tirer tous les jours près de 1000 coups pendant un an, et qui, d'après les formules, demandait avec insistance qu'on lui envoyât encore 150,000 projectiles et 195,000 kilogrammes de poudre !
Il faut, à toutes les places, ce qui est nécessaire contre les attaques de vive force, oui. Mais faut-il à toutes les places l'approvisionnement nécessaire pour soutenir un siège pied à pied? Je pense que non.