‹ Constitutions de la nation française (volume 2)Chapitre 350 sur 355 · SCIENCES · texte numérisé non relu

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Constitutions de la Nation française, avec un Essai de Traité historique et politique sur la Charte ; et un Recueil de pièces corrélatives^ par le Comte Lahjui-nâis, Pair de France s etc* (i).

Si les bons historiens sont rares , ce n’est pas qu’il soit difficile de raconter des faits ■ niais iï est difficile de remonter aux causes , de les mettre, pour ainsi dire , à nu, d’en déduire des conséquences justes, des leçons utiles , et d apprendre aux hommes à juger les événe— mens contemporains par l’expérience des siècles passés* fane Connaître a fond les diverses constitutions d’un, grand peuple j observer le pouvoir dans sa formation , son développement, sa marche , ses égaremens même , suivis bientôt de sa décadence et de sa chute ; montrer diverses formes de gouvernement se succédant Pnne à

(*> °n rusent pour ce nouveau Recueil scientifique et littéraire, dont il parait un cahier de douze feuilles d’impression chaque mois, chez MM; Baudouin, imprimeurs -libraire a, rue de Vaugirard, n* 36. — Prix, pour Tannée : 4a fr. pour Paris * 45 fr. pour les départemens j 5o fr. pour T étranger*

( 1 ) Deux vol* in-8, Paris, Baudouin frères, rue de Yaugfrard n. 36* Prix, 4fr.

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l’autre ; Sa barbarie vivant d’arbitraire , l’arbitraire enfantant la tyrannie ; le renversement de la tyrannie amené par l’amour on plutôt le besoin de la liberté; les partisans de celle-ci entraînés à la licence par les résistances mal calculées; les défiances entretenues par la duplicité, les marches rétrogrades et la mauvaise foi ; les excès provoqués par les excès contraires ; le despotisme s’érigeant sur des ruines, absorbant tous les pouvoirs, méprisant tous les intérêts, emporté quelque tems par un tourbillon de gloire, mais abandonné à lui-même au jour des revers , et tombant de son propre poids, moins parce qu’il fut renversé, que parce qu’il ne fut pas soutenu ; tirer de ces révolutions diverses des règles de conduite, des réflexions sages, propres à affermir les citoyens dans un esprit de paix et de justice;; leur montrer que le bonheur d’une nation ne peut se trouver que dans l’oubli des griefs, l’union des volontés , la modération des désirs, l’usage mesuré de la liberté, et l’usage non moins mesuré du pouvoir ; le respect de tous les droits , le ménagement de tous les intérêts î un tel sujet est le plus beau que puisse choisir le publiciste, l’homme d’État, le vrai citoyen ; c’est celui qu’a entrepris de traiter M. Lanjuinais.

Ancien avocat, professeur eu droit après deux concours, dès l’âge de 21 ans, profond jurisconsulte, député par le choix du peuple , maintenu à de hautes fonctions par respect pour sa seule vertu , souvent proscrit , jamais prescripteur , toujours te meme , quel autre eût pu mieux que lui nous donner une histoire abrégée du droit constitutionnel français ?

Les traits de ce tableau sont rapides , mais fortement prononcés. L’auteur parle d’abord des gouyernemens

et des constitutions en general ; il „e craint pas de Se demander ce qu’on doit entendre par gouvernement légitiment il pense, avec Bossuet, que .. le gouvcrne- » ment légitime est opposé de sa nature au gouvernement " arbitraire , qui est barbare et odieux. Nous ajoute- » rons, dit-il , que le gouvernement, qui fut le mieux » qualifié en droit gouvernement légitime , lorsqu’il a >■ cessé de fait, et qn’i! n’existe plus visiblement dans » le territoire de l’État, n’est qu’une prétention, soit » légitimé , soit illégitime , à laquelle chacun des ci- » toyens peut ou doit être plus ou moins affectionné; ” mais Perso,lne «'est coupable , personne ne peut » être puni précisément, pour avoir servi ou obéi sous « un gouvernement de fait. La raison naturelle et !a » religion chrétienne , la prudence et l’humanité sont ’’ «"animes sur ce point. Les Anglais ont très sagement » prescrit l’obéissance an gouvernement de fait , par » une loi positive la plus formelle. «

L auteur parcourt ensuite les diverses espèces de gouvernement ; et il n’hésite pas à donner la préférence au gouvernement représentatif et constitutionnel.

Il démontre que , sous la première race , le gouvernement se rapprochait beaucoup de cette forme , et il se plaît à rappeler le beau mot de l’illustre madame de Staël : c est la liberté qui est ancienne. , et le despotisme qui est moderne.

Heureux peuple , dont le nom exprime le caractère ! Franc , c’est-à-dire , libre et vrai .

Mais, les assemblées de la nation, remises en honneur sous Charlemagne , tombent en oubli sous ses trop faibles successeurs.

La nuit féodale tend ses voiles , l’aristocratie envahit

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