‹ Constitutions de la nation française (volume 2)Chapitre 351 sur 355 · SCIENCES M0RALES · texte numérisé non relu

SCIENCES M0RALES

les honneurs ? les richesses , te pouvoir jet le roi des

Français n'est plus qu’au souverain fiejfeux*

Depuis saint Louis , de pieuse et glorieuse mémoire , les efforts du trône tendent constamment à l'affranchir de V oppression des grands vassaux.

Le peuple devient , dans cette lutte , le puissant auxiliaire des rois ; et la puissance royale, la prospérité de la nation s’accroissent en proportion de ce que Faristocratie perd de son autorité*

A mesure que les lumières se répandent, on discute les droits, on démasque les usurpations: tout cela ne se fait pas sans résistance, sans coups d’État , sans violences réciproques ; le pouvoir passe d’une main à une antre , il flotte quelquefois incertain. Au milieu de ces conflits , l’ancienne constitution qui avait disparu n’est remplacée par aucune autre ; rien n’est fixé , rien n est défini; et lorsqu’arrive la révolution, 011 est fondé à conclure , avec M. Lanjuinais , que « ce qu’on a vu „ s’écrouler , en 1789 , n’était point l’ancienne consti- » lution , mais la dernière des formes incertaines du „ despotisme et de l’anarchie , substituées à l’ancien » gouvernement représentatif. »

Le besoin d’une réforme se fait généralement sentir, ^le est inévitable. Mais, dit M. Lanjuinais , « on ne >1 calculait point l’opposition probable des courtisans „ et des autres privilégiés ; on considérait leur petit » nombre , on ne prévoyait pas leurs artifices , m » l’appui qu’ils trouveraient dans la faiblesse ou les » préjugés du prince , dans l’ignorance, et la misère du pauvre, ni leurs plans, bien tôt conçus et pratiques sans cesse , de pousser à tous les excès pour crier aux » scandales , et déshonorer enfin tout le système de ré-

forme pour mieux V étouffer ; ni leurs émigrations n hostiles , ni leurs monvemetis continuels de guerre » civile et de guerre étrangère : on ne songeait pas » surtout aux effroyables mesures , aux lois déréglées )i qui naîtraient de leur résistance ; on ne songeait pas w assez aux intrigues des ambitieux , aux rases des u traîtres 5 aux fureurs des partis, et aux suites fu— » nestes des doctrines exagérées , ou imprudentes, ou » perverses* »

ïci l'auteur ouvre une large thèse, qui, méditée, approfondie, plus développée, allégerait la révolution d'un grand poids* Il prétend que la plupart des excès révolutionnaires furent excités par les nobles eux -mêmes, et il cite des faits palpables à l'appui de cette assertion* Ne pouvant arrêter le char, ils voulaient du moins le précipiter.

Les bornes de cet article ne me permettent pas de suivre Fauteur dans Fins torique de toutes nos formes de gouvernement ; l'anarchie effervescente, l'insuffisance du Directoire , 3e consulat métamorphosé en empire , cet empire gigantesque au dehors, oppresseur au dedans ; les émigrés devenus écuyers et chambellans du nouveau maître, <t et se renforçant, à cette école, » dans la pratique et la théorie de l'obéissance passive » à laquelle déjà ils étaient dévoués ; » la France gouvernée, non par des lois justes et librement délibérées, mais par des sénatus-consuïtes de commande , des décrets de propre mouvement, des avis de l'éternel Conseil d'État ; une volonté unique mise à la place de la volonté de tous ; les peuples attaqués , vaincus , humiliés , exaspérés : mais bientôt Parc de l'Europe tendu contre nous , et notre territoire envahi par l'étranger»-

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