‹ Constitutions de la nation françaiseChapitre 241 sur 305 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

[n°. 3i.] Séance royale du 16 mars 181 5. « Messieurs,

» Dans ce moment de crise, où l'ennemi public a pénétré dans une portion de mon royaume, et qu'il menace la liberté de tout le reste , je viens au milieu de vous resserrer encore les liens qui , vous unissant avec moi , font la force de l'État; je viens, en m'adressant à vous , exposer à toute la France mes sentimens et mes vœux.

» J'ai revu ma patrie ; je l'ai réconciliée avec toutes les puissances étrangères, qui seront, n'en doutez pas, fidèles aux traités qui nous ont rendus à la paix; j'ai travaillé au bonheur de mon peuple : j'ai recueilli, je recueille tous les jours les marques les plus touchantes de son amour; pourrais-je, à soixante ans, mieux terminer ma carrière qu'en mourant pour sa défense?

» Je ne crains donc rien pour moi , mais je crains pour la France î celui qui vient allumer parmi nous les torches de la guerre civile, y apporte aussi le fléau de la guerre étrangère ; il vient remettre notre patrie sous son joug de fer; il vient enfin détruire cette Charte constitutionnelle que je vous ai donnée , cette Charte , mon plus beau titre aux yeux de la postérité, cette Charte que tous les Français chérissent, et que je jure ici de maintenir.

»» Baîlions-nous donc autour d'elle, qu'elle soit notre étendard sacré! Les descendans d'Henri IV s'y rangeront les premiers; ils seront suivis de tous les bons Français. Enfin, Messieurs, que le concours des deux Chambres donne à l'autorité toute la force qui lui est nécessaire ; et cette guerre , vraiment natiouale , prouvera , par son heureuse issue, ce que peut un grand peuple uni par l'amour de son Roi et de la loi fondamentale de l'État. »

Ça* LOIS ET ACTES.

S. A. R. Monsieur, après avoir profondément salué le Roi, a dit :

« Sire,

» Je sais que je m'écarte ici des règles ordinaires en parlant devant Votre Majesté ; mais je la supplie de m excuser, et de permettre que j'exprime ici en mon nom et au nom de toute sa famille combien nous partageons du fond du cœur les sentimens et les principes qui animent Votre Majesté. »

Le prince , en se retournant vers l'assemblée , a ajouté :

•« Nous jurons sur l'honneur de vivre et de mourir fidèles à notre Roi et à la Charte constitutionnelle qui assure le bonheur des Français. »

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