CHAPITRE IX
Interrègne en i8i5. — Efforts de la nation française pour assurer son indépendance au dehors , et sa liberté au dedans, sous une monarchie constitutionnelle et représentative.
io5. Tant de violations , d'injustices et d'imprudences, tant d'autres fautes de détail , auxquelles il serait inutile de s'arrêter , excitaient partout l'inquiétude et l'irritation la plus vive -, elles décidèrent apparemment Napoléon à quitter son île d'Elbe , trop voisine , pour notre repos, des côtes méridionales de France ; à essayer de ressaisir les rênes du gouvernement , durant le congrès des puissances à Vienne, et malgré le voisinage de leurs armées.
Les navires d'Angleterre , qui devaient empêcher son évasion, semblaient conniver à l'entreprise. Tout -à coup, le commissaire anglais surveillant l'ile d'Elbe, la quitte pour donner un bal à Livourne : c'était vers la fin de février. Aussitôt Napoléon s'embarque avec quelques centaines d'hommes ; sans nul obstacle, il traverse la mer-, il aborde paisiblement sur les côtes de Provence; et, s'annonçant pour un libérateur, il se dirige sur Paris, soutenu par une troupe de militaires , applaudi ou souffert par les citoyens. Grenoble lui ouvre ses murailles -, on s'incline à l'aspect des couleurs nationales, merveilleux talisman dont il abusait , parce