CHAPITRE V
De la pauvreté.
I. Les Sœurs éviteront que la pauvreté ne soit pour elles un vain mot. Celles qui, en entrant au couvent, ont réellement renoncé aux avantages temporels de la richesse, seront heureuses de se contenter de moins; celles par contre, plus nombreuses peut-être, qui ont trouvé au couvent la nourriture et l'entretien, qu elles n'auraient pu se procurer dans le monde, recevront, avec d'autant plus de reconnaissance et d'humilité, ce que la Communauté leur fournira. Toutes accepteront ce qui leur est donné, à l'instar d'une aumône faite aux épouses de Jésus pauvre et indigent.
II. — En esprit de pauvreté, les Sœurs accepteront avec plus de joie et de préférence ce qui les rapproche davantage de la pauvreté réelle, ce qui leur échoit de plus commun, de plus défectueux, de plus usé.
De même, elles tâcheront de ne rien casser, de ne rien dissiper, de ne rien laisser se gâter, utilisant tout comme le font les indigents soigneux, par suite de leur pauvreté réelle.
III. — Dans le même esprit de pauvreté, les Supérieures agiront comme les mères soigneuses des ménages pauvres. Elles tâcheront de mettre tout à profit, mais sans avarice; elles n'achèteront, ni pour l'usage des Sœurs, ni pour les maisons, rien de luxueux ou de trop recherché; mais toujours elles donneront aux Sœurs, que celles-ci soient en santé ou en maladie, ce qu'il leur faut, d'après les besoins de chacune, pour leur entretien convenable.