‹ Constitutions et règle de vie pour les sœurs des communautés religieuses du diocèse de BrugesChapitre 2 sur 37 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Election de la Supérieure générale et des Sœurs Conseillères.

I. — Est éligible comme Supérieure générale, ou comme Supérieure, toute Sœur âgée de trente-cinq ans, ayant huit ans de profession et de vie religieuse irréprochable.

Sont éligiibles au Conseil toutes les Sœurs qui comptent cinq ans de profession, à moins qu'elles ne soient exclues par mesure disciplinaire.

II. — Toutes les Sœurs professes ont le droit d'élire à l'exception de celles qui, par mesure disciplinaire, seraient privées du droit de vote.

III. — L'élection se fait pour un terme de trois ans, de façon toutefois que^ Sa Grandeur se réserve la faculté d'anticiper ou de retarder l'élection, d'annuler le choix que l'on a fait, ou même de faire les nominations, sans procéder à une élection.

La Supérieure et les Sœurs Conseillères sortant de charge sont rééligibles. Néanmoins la Supérieure, étant restée en charge pendant trois ans, doit obtenir, pour être réélue, les deux tiers des voix, à moins que Sa Grandeur n'en décide autrement.

IV. — Quand une élection est prochaine, on prendra les dispositions suivantes :

1. On aura soin d'avertir à temps Sa Grandeur Mgr l'Evêque, afin qu'il fixe, sur la proposition de la Supérieure générale, le jour de l'élection.

2. Aux trois jours qui précèdent l'élection, on récitera en commun, soir et matin, dans tous les couvents, le Veni Creator et les Litanies de la S^^ Vierge, afin d'obtenir de Dieu que le choix se fasse selon sa sainte volonté.

Le présent Chapitre II des Constitutions

sera lu aux jours susdits, pendant le dîner et le souper.

3. Il est formellement défendu aux Sœurs, soit avant soit après l'élection, de parler ou de donner connaissance du vote qu'elles vont émettre ou qu'elles ont émis. Elles ne consulteront que Dieu et leur conscience, et n'auront autre chose en vue que l'avantage spirituel et temporel de la Communauté.

V. — Le jour de l'élection, les Sœurs s'approcheront de la S*^ Table, à l'intention d'obtenir la bénédiction divine sur le chpix àiaire, et elles émettront leur , suffrage, de la manière suivante :

lo. Si la Communauté n'a pas de maisons affiliées, ou si les Sœurs, ayant droit de suffrage, peuvent toutes se réunir dans la maison où le vote a lieu, l'élection se fait comme suit :

1. Sa Grandeur Mgr l'Évêque ou son délégué récite avec les Sœurs le Veni Creator, après quoi la Supérieure générale sortant de charge, ou la Rév. Mère supérieure de l'unique couvent, remettra le livre des Règles, les clefs et les registres de la Communauté,

2. Pour choisir la Supérieure, chaque Sœur, ayant droit de suffrage, reçoit, sur billets séparés, Jes norns de toutes les Sœurs éligibles,

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à l'exception de son propre nom. Tous ces billets sont écrits d'avance de la même main. La Sœur choisit, parmi ces bulletins, celui portant le nom de la Consœur pour qui elle veut voter, et plie son bulletin de manière à ce qu'on ne puisse le lire.

3. L'élection se fait en présence de toutes les Sœurs, et chacune, par ordre de profession, s'approche du Président, auquel elle remet son bulletin, qui est déposé par lui dans l'urne. Les autres bulletins, qu'elle a reçus, sont déposés dans une urne différente, et brûlés aussitôt après l'élection.

4. Nulle n'est élue, si elle n'a obtenu la majorité absolue des voix, c'est-à-dire plus de la moitié des suffrages ; ou bien les deux tiers, s'il s'agit d'une Supérieure restée en charge pendant trois ans. — Dans aucune élection, on ne fait connaître le nombre exact des voix obtenues.

5. Si personne n'avait obtenu le nombre requis de voix, on procède, de l'assentiment de Sa Grandeur ou de son délégué, à un second scrutin. Dans ce cas, on désigne, à l'exclusion toutefois de celle qui n'a pas réuni les deux tiers des suffrages, là où ce nombre est requis, deux ou trois Sœurs, ayant obtenu le plus grand nombre de voix, et celles-là seules sont éligibles. La Sœur qui, dans ce second scrutin, a obtenu le plus grand nombre de voix

est réputée élue. Si dans le second scrutin, il y a parité de voix, l'Évêque désigne pour Supérieure celle qu'il juge la plus capable,

6. Le résultat de l'élection étant constaté, les bulletins sont brûlés en présence de toutes les Sœurs.

7. Alors le Président fait connaître le résultat de l'élection en disant :

« Pour la plus grande gloire de Dieu ^ et (( de la Très Sainte Vierge Marie, pour le bien <( de cette sainte Communauté, (au nom de Sa <( Grandeur Monseigneur l'Évêque de Bruges), <( je déclare élue Supérieure Sœur N., laquelle, <( en vertu du pouvoir épiscopal, (qui m'est « confié), j'établis dès ce moment Supérieure « légitime de cette Communauté, pour un terme « de trois ans. »

Ensuite la Supérieure élue s'agenouille devant le Président, qui lui remet la Règle, les clefs et les registres de la Communauté, en lui disant :

« Recevez ces marques de l'autorité mater- « nelle à laquelle vous êtes élevée. Remplissez « vos fonctions avec sagesse, prudence et fer- « meté, pour le bien spirituel et temporel de « la Communauté, vous souvenant qu'un jour « vous rendrez compte â Dieu des âmes, qui « vous sont confiées. » Ensuite il bénit la Supérieure, disant : « BenedicUo Dei omnipotentis, Pa- « tris et Filii et Spivitus sancti, descendat super te M et maneat semper. n

La Supérieure, demeurant agenouillée, prononce la promesse suivante :

(( Moi, Sœur N., élue et nommée, malgré (( mon indignité, Supérieure de cette Commu- « nauté, je promets d'être soumise à Sa Gran- « deur Monseigneur l'Evêque ; de prendre à « cœur, comme une véritable mère, les intérêts « spirituels et temporels de la Communauté, et « de veiller à ce que notre sainte Règle soit (( exactement observée dans tous ses points. »

Alors la Mère prend place sur un fauteuil à ce préparé, et le Président dit :

(( Révérendes Sœurs, venez promettre à la « Très Révérende Mère, maintenant élue et lin- <( stallée canoniquement, l'obéissance que vous (( lui devez comme à votre Supérieure légitime. ».

Toutes les Sœurs, par ordre de profession,, s'approchent de la Supérieure, s'agenouillent devant elle et disent à haute voix :

« Moi, Sœur N. , je déclare, en présence (; (du délégué) de Sa Grandeur Monseigneur « l'Evêque et de toutes mes Consœurs, que je (c vous reconnais et accepté pour ma Supérieure (( légitime, vous. Sœur N., à qui je promets « d'obéir, comme à notre Seigneur Jésus-Christ. »

La Supérieure bénit chaque Sœur en lui disant :

« Que la Très Sainte Vierge Marie et son « divin Fils nous gardent, et nous bénissent. »

Quand toutes les Sœurs se sont acquittées de ce devoir, la Supérieure se lève et dit :

(( Puisque Dieu a voulu que par votre choix « et avec l'approbation de Monseigneur l'Évêque, « je sois votre Supérieure et Mère, je vous « demande de vouloir prier pour moi, afin que « je pmsse diriger notre Communauté en paix « et en tranquillité, .pour la plus grande gloire (( de Dieu, pour ma sanctification et la vôtre « et pour le salut des âmes qui nous sont « confiées. »

Ensuite la Supérieure et toutes les Sœurs s'agenouillent et le Président leur donne sa bénédiction.

, 8. L'élection des Sœurs Conseillères se fait de la même manière que celle de la Supérieure, et les élues restent également en fonction pendant une durée de trois ans, de inanière toutefois que leur mandat expire avec celui de la Mère, à moins que Monseigneur l'Évêque n'en décide autrement.

9. A cet effet, immédiatement après la nomination et l'installation de la Supérieure nouvellement élue, on procédera à l'élection des Sœurs Conseillères. Elles sont élues à la pluralité des voix. En cas de parité de voix, le Président décide, la Supérieure générale entendue.

Le résultat de l'élection est proclamé immédiatement devant les Sœurs, et tous les bulletins sont brûlés.

IIo. Si la Communauté compte plusieurs maisons affiliées, de sorte qu'il est impossible ou difficile de convoquer toutes les Sœurs, ayant droit de suffrage, l'élection se fait, dans chaque maison, de la manière suivante :

1. Avant l'élection, on fera parvenir à sa Grandeur Mgr l'Évêque une liste, dressée «d'après l'ordre de profession et portant les noms de toutes les Sœurs, qui peuvent être élues i" comme Supérieure générale, 2^ comme Sœurs Conseillères. Un double de la liste sera affiché, pendant les trois jours de prière qui précèdent l'élection, dans chaque maison et ce dans un endroit où un silence rigoureux, tant en paroles qu'en signes, doit être observé. Dès que le résultat des élections est connu, ces listes seront détachées et brûlées.

2. Lejour de l'élection, immédiatement après l'action de grâces pour la S'^ Communion, les Sœurs, ayant droit de suffrage, se rendent en silence, chacune dans son couvent, à la salle de la maison, à ce déterminée. A son arrivée, chaque Sœur reçoit de la Mère de cette maison un billet de vote identique, sur lequel elle inscrit secrètement le nom de la Sœur, qu'elle choisit comme Supérieure générale. Elle reçoit également une enveloppe, dans laquelle elle enferme le bulletin, contenant son suffrage, et plié en quatre. Chaque Sœur ayant ainsi en-.

fermé son bulletin de vote, la Mère aura soin de mettre, en présence de toutes les Sœurs, les enveloppes fermées dans une enveloppe de plus grande dimension et de la cacheter, et ainsi seront transmis à l'Évêché les suffrages secrets de chaque maison.

3. Les Très Révérends Chanoines, membres de la Commission épiscopale, arrêteront, après réception de tous les suffrages, le résultat de l'élection.

Si ^'une des Sœurs a obtenu le nombre requis de voix, comme il est léglé ci-dessus, on fait connaître à la maison principale ou Maison-mère le nom de la nouvelle élue, avec prière de transmettre aux autres maisons affiliées le résultat de l'élection, et de déterminer en même temps le jour pour procéder à l'élection des Sœurs Conseillères.

4. Les suffrages secrets pour l'élection des Sœurs Conseillères, exprimés sur un seul et même bulletin, sont enfermés et cachetés par la Mère de chaque maison, comme il est indiqué ci-dessus, et envoyés non plus à l'Évêché, mais à la Maison-mère; puis, après réception des suffrages des différentes maisons, on avertit Sa Grandeur Mgr l'Évêque.

5. Alors Sa Grandeur, ou son délégué, fixe le jour où il procédera, dans la Maisonmère, à l'installation de la nouvelle Supérieure

générale, ainsi qu'à la constatation et à la proclamation du résultat de l'élection des Sœurs Conseillères, le tout conformément au cérémonial ci-dessus. *

6. Si au premier tour de scrutin, aucune Sœur n'a obtenu le nombre requis "de voix pour la dignité de Supérieure générale, Sa Grandeur Mgr l'Évêque transmettra à la Maison-mère les noms de deux ou trois Sœurs, ayant obtenu le plus grand nombre de voix, à l'exclusion toutefois, s'il le juge à prox)Os, de celle qui n'a pas réuni les deux tiers des suffrages, là où ce nombre est requis. Les noms des deux ou trois Sœurs éligibles étant ainsi indiqués, on procédera, dans chaque maison, et toujours de la même manière, à une nouvelle élection.

7. Dans cette seconde élection, après avoir donné et enfermé les suffrages pour la Supérieure à élire, on votera, sur un second bulletin distinct, pour toutes les Sœurs Conseillères, de façon toutefois à ce que chaque Sœur votante inscrive sur son billet de vote un nom en plus qu'il n'}^ a de Sœurs Conseillères à élire. En effet, si l'une des Sœurs votantes avait indiqué comme Sœur Conseillère celle qui est élue Supérieure, le dernier nom inscrit remplacerait le nom de la Supérieure, pour compléter le nombre des Sœurs Conseillères,

8. Les deux paquets renfermant les bulletins de vote, avec désignation distincte : Supérieure, Sœurs Conseillères, sont expédiés à la Maisonmère, où, au jour fixé. Sa Grandeur ou son délégué arrête et proclame le résultat des deux élections et en outre procède à l'installation de la Supérieure, le tout comme il est indiqué ci-desus.

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