CHAPITRE VIL
Des exercices de piété et de la fréquentation des Sacrements.
I. — Les prières du matin et du soir se font telles qu'elles se trouvent prescrites dans le catéchisme du diocèse.
Après la prière du matin, les Sœurs feront chaque jour leur méditation, dont les points seront proposés la veille après la prière du soir. Elles consacreront à cet exercice si important de l'oraison mentale le temps d'une demiheure, la prière du matin comprièe.
Le matin au début de la prière, le midi après l'examen particulier, et le soir avant le souper, elles diront ensemble Y Angélus, au son de la cloche.
Souvent, pendant le jour, elles loueront Dieu et imploreront son secours, par de ferventes prières jaculatoires, spécialement au son de l'heure et au commencement de quelque ouvrage.
Tous les jours, elles diront ensemble, à l'heure indiquée, un chapelet de cinq dizaines.
Les Sœurs légitimement empêchées de pren- ■ dre part aux prières communes, auront scinde les faire en privé, au premier moment libre, avec l'autorisation de la Mère. Surtout elles n'omettront pas la méditation.
IL — Les Sœurs réciteront chaque jour l'Office de la sainte Vierge, en latin. Dans toute communauté suffisamment nombreuse, cette récitation se fera en chœur. Cependant la Mère peut autoriser les Sœurs, empêchées par un travail urgent ou d'autres bons motifs, à réciter l'Office, .partiellement du moins, en leur par-
ticulier, ou même à le remplacer au besoin par un chapelet; mais là où le nombre des Sœurs rend la chose possible, la récitation en chœur de cette prière publique de l'Eglise ne peut jamais être omise totalement.
III. — Tous les jours les Sœurs feront ou écouteront une lecture spirituelle d'un quart d'heure. On ne se servira pour cette lecture que des écrits des Saints Pères et Docteurs de l'Église, ou de livres approuvés par l'usage universel de la sainte Église, comme le livre de Vlmitation de Jéstis- Christ, ou de la sainte Règle et des Constitutions, ou enfin des Vies des Saints ou autres livres spirituels, dûment approuvés par l'autorité ecclésiastique. Dans le doute, on devra consulter au préalable le révérend Directeur. Cette prescription s'applique également aux livres à lire au réfectoire ou laissés à l'usage particulier des Sœurs.
IV. — Un autre exercice très utile, voire même nécessaire, pour l'avancement dans les voies de la perfection, c'est l'examen de conscience. Les Sœurs feront chaque jour un examen particidier avant le dîner, et un examen général pendant la prière du soir, La Mère dirigera ces exercices, de façon à bien faire comprendre aux Sœurs la nature et l'objet propres de chacun d'eux, et la manière de les faire avec fruit.
En cas d'empêchement pour une Sœur d'as-
— assister à cet exercice si important, elle doit le faire en particulier, comme il est dit ci-dessus, numéro I.
V. — Les Sœurs se confesseront tous les huit jours. Elles.se prépareront avec le plus grand soin à recevoir dignement- le Sacrement de Pénitence, s'attachant moins à n'omettre aucune faute vénielle, qu'à s'exciter à une sincère et parfaite contrition, tant sur les péchés de la vie passée, que sur certains péchés véniels ou certaine catégorie de ces péchés, dont il est plus urgent de se corriger, d'après les lumières reçues et les résolutions faites dans leurs méditations et dans leurs examens particuliers de conscience.
Vers les Quatre-temps le confesseur extraordinaire se présentera au couvent, et le confesseur ordinaire s'abstiendra cette semaine d'entendre les confessions. Toutes les Sœurs doivent s'adresser au confesseur extraordinaire, sinon pour se confesser, du moins pour lui demander quelque conseil, ou sa bénédiction.
En dehors des confesseurs ordinaire et extraordinaire désignés, une Sœur peut encore, conformément au Décret inséré au Chapitre X des Constitutions, demander à la Supérieure, dans un cas particulier et pour de bons motifs, un autre confesseur, approuvé pour les religieuses, et habitant le même doyenné, auquel
appartient le couvent où elle réside. Les Sœurs éviteront, en conscience, de faire pareille demande sans raison sérieuse. Le confesseur demandé sera invité par la Supérieure à se rendre au couvent, et sous aucun prétexte une Sœur ne sortira de la maison à seule fin d'aller trouver elle-même ce confesseur.
Quant aux Sœurs autorisées à résider hors du couvent, pour le soin des malades, ou pour un autre motif légitime, elles s'adresseront pour a confession au curé de la paroisse, où elles résident. Si elles ont besoin d'un autre confesseur, elles se conformeront aux dispositions du Décret, comme ci-dessus.
Enfin, les Supérieures accorderont toujours à une Sœur malade, qui doit recevoir les derniers Sacrements, le confesseur qu'elle désire, pourvu qu'il soit approuvé pour entendre les confessions dans ce diocèse.
VL — Les Sœurs se prépareront avec grande ferveur à la sainte Communion. Il y a trois jours de communion ordinaire par semaine : le Dimanche, ;et le Mardi et Jeudi, ou bien, le Mercredi et Vendredi, selon la coutume existante.
Il y a communion extraordinaire, tous les jours de fête de l'année, où le service divin se fait comme le Dimanche, et de plus aux fêtes du Sacré Cœur, de S. Joseph, des patrons et protecteurs particuliers de la Congrégation
religieuse, et aux jours accordés par faveur spéciale de Sa Grandeur Monseigneur l'Évêque.
A ces jours de communion de règle, toutes les Sœurs pourront s'approcher de la Sainte Table, à moins que leur confesseur n'en décide autrement. La communion extraordinaire se fait le jour même, où elle tombe, et ne peut être remise à un autre jour, de manière qu'elle ne constitue une communion de gain, que lorsqu'elle ne coïncide pas avec une communion ordinaire de la semaine.
En dehors des jours de communion de règle, les Sœurs ne communieront point, sauf permission spéciale de leur confesseur. Si une Sœur obtient pareille permission, elle en avertira la Mère supérieure.
Elles sont spécialement autorisées à demander cette permission aux jours anniversaires de leur naissance, de leur vêture et de leur profession.
VII. — Une fois par mois, au jour à désigner par la Supérieure, les Sœurs feront la récollection spirituelle ou revue du mois écoulé.
On gardera pendant toute la journée le silence rigoureux, excepté pendant les récréations après le dîner et après le souper. Les méditations et lectures spirituelles se feront sur l'une des fins dernières; on lira aussi deux ou trois chapitres de la Sainte Règle.
Les Sœurs feront l'examen particulier du mois écoulé, et prendront pour l'avenir de bonnes résolutions, se proposant un défaut à corriger ou une vertu à acquérir ou à pratiquer plus parfaitement pendant le mois qui va commencer.
VIII. — Chaque année, un prédicateur extraordinaire donnera aux Sœurs une retraite de cinq jours, à la fin de laquelle elles renouvelleront leurs vœux. La Supérieure générale prendra les mesures nécessaires pour que toutes les Sœurs puissent profiter de cette faveur spirituelle, en indiquant, autant que de besoin, deux maisons différentes ou deux dates, aux époques les plus propices, où ces exercices puissent avoir lieu.
IX. — En dehors du jeûne et de l'abstinence prescrits par l'Église, il est défendu aux Sœurs de faire aucune mortification et pénitence corporelle, sans autorisation de la Mère et du Confesseur.