Pour ce qui regarde la conduite des
enfants à l'égaid d'eux-mêmes, les Sœurs appelleront souvent, théoriquement et pratiquement, l'attention des enfants sur la modestie en paroles et en actions et sur la fuite des mauvaises compagnies, sur l'amour du travail, sur-la propreté et l'esprit d'économie, sur la tempérance et la sobriété.
III. — Quant à la conduite des Sœurs à l'égard de leurs élèves, elles leur porteront à tous indistinctement une affection maternelle basée, non sur un sentiment humain et naturel, mais sur la vertu surnaturelle de charité divine. Elles les traiteront avec une constante douceur et patience, tout en se montrant sérieuses et au besoin sévères.
Il est essentiel de conserver toujours le calme et l'égalité d'humeur, et d'être envers tous, sans distinction, juste et impartial.
De cette manière, les maîtresses gagneront la confiance et l'amour de leurs élèves, tout en leur laissant le respect et la crainte révérentielle de l'autorité,
IV. — Les Sœurs ne laisseront jamais les enfants abandonnés à eux-mêmes, ni en classe, ni à la cour, ni en aucun endroit où ils restent confiés à leurs soins. La surveillance de tous les instants est nécessaire, mais elle ne doit pas dégénérer en une espèce de police et d'esr pionnage : elle doit rester autant que possible
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inaperçue de l'élève, à qui il faut montrer de la confiance, tout en ne le perdant jamais de vue.
A la surveillance, une bonne maîtresse ajoute la direction : elle met tout en œuvre pour connaître le caractère, l'humeur, les bonnes et les mauvaises inclinations de chaque enfant en particulier. Cette connaissance la mettra à même de diriger l'initiative privée de l'enfant, de lui apprendre peu à peu à agir par luimême, pour éviter les dangers et pour choisir la voie droite du devoir et de la vertu.
V. — Quand un enfant a besoin d'être corrigé, il faut, avant de punir, épuiser les moyens de bonté et de persuasion, lui faire sentir en quoi il a manqué, le menacer au besoin de punition, afin de provoquer le repentir et le bon propos.
Si les moyens de persuasion et la menace elle-même restent sans effet, il faut exécuter la menace, qui, par conséquent, ne pourra jamais être telle qu'on n'ait aucune intention de l'exécuter ou qu'il ne soit guère possible de le faire.
La pénitence imposée doit toujours être modérée, plutôt légère que grave, et surtout appropriée au but, qui est l'amendement du coupable : elle doit en conséquence être adaptée au naturel de l'enfant et proportionnée à la faute commise. Un système uniforme de puni-
tion, auquel les élèves s'habituent, est plutôt nuisible que salutaire.
Il faut être heureux de pouvoir pardonner et donner dispense complète ou partielle de la pénitence, dès que l'enfant donne des preuves évidentes de repentir. On se souviendra d'ailleurs que mieux vaut pouvoir récompenser que de devoir punir, et qu'il est bien préférable de prévenir une faute que de devoir la réprimer.
Jamais il n'est permis aux Sœurs d'user de violence ph5/sique, quelque légère qu'elle soit. Un enfant vraiment incorrigible par les moyens moraux, doit être dénoncé à la Mère Supérieure, qui, le Directeur consulté, pourra le remettre entre les mains de ses parents. Il en est de même d'un enfant qui chercherait à pervertir les autres.
VI. — Pour bien s'acquitter de leur devoir d'enseigner, les maîtresses de classe répéteront fréquemment les leçons qu'elles ont reçues à ce sujet, elles entretiendront ces connaissances acquises et les perfectionneront par l'étude, la lecture, les conférences pédagogiques. Tous les ^ quinze jours, la Mère réunira les maîtresses en conférence, pour s'instruire mutuellement, pour délibérer sur l'état des écoles, sur les difficultés rencontrées, sur les moyens à employer pour faire fleurir l'enseignement et la discipline, en un mot sur tout ce qui peut faire progresser l'instruction et l'éducation des enfants.
Une Sœur ne se rendra pas en classe, sans s'être préparée à ses leçons, et la Mère veillera à ce que les piaîtresses de classe-aient le temps de faire cette préparation si nécessaire, et en profitent comme il convient. Les Sœurs auront soin avant tout de l'enseignement religieux; et elles feront réciter cha'que jour les prières du chrétien et les feront comprendre, comme il est dit ci-dessus. Elles feront apprendre par cœur, exactement et mot à mot, le texte du catéchisme diocésain, en y ajoutant des explications simples et bien à la portée des jeunes intelligences.