‹ Constitutions et règle de vie pour les sœurs des communautés religieuses du diocèse de BrugesChapitre 30 sur 37 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Conseils aux Sœurs hospitalières et garde-malades.

I. — Les Sœurs chargées du soin des ma*lades et des vieillards auront sans cesse devant les yeux la parole du Sauveur : Ce que vous avez fait au moindre des miens, vous me l'avez fait à moi-même. Cette parole renferme le plus puissant encouragement à l'exercice des œuvres de miséricorde et indique la manière la plus parfaite de les exercer.

En effet, cette parole est celle-là même que

prononcera le souverain Juge, quand au jugement dernier il appellera les justes à la récompense éternelle.

Cette même parole nous apprend qu'il faut voir dans les vieillards et les malades les membres souffrants et la personne même de Jésus- Christ.

1. En conséquence., les Sœurs chargées de ce service rempliront leur mission avec zèle et avec joie, avec botité et douceur, avec charité et patience, non seulement à l'égard de ceux qui sont eux-mêmes bons, patients, reconnaissants, mais aussi sans distinction ni préférence, envers ceux qui sont difficiles, impatients, ingrats.

2. Elles témoigneront à tous indistinctemenit une chrétienne amabilité, mais se garderont bien de toute familiarité. Elles donneront par contre, en paroles et en actions, l'exemple de la modestie et de la réserve, qu'elles exigeront ainsi à juste titre de ceux qui sont l'objet de leurs soins. Elles tâcheront d'édifier un chacun par leur piété^ par leur fidélité à tous leurs devoirs, et d'inspirer ainsi le respect et la confiance. Elles ne peuvent oublier que leur premier devoir est de se sanctifier elles-mêmes par la pratique des œavres de miséricorde, et que dans cette pratique, qui n'est pas sans dangers, elles .doivent bien veiller sur elles-mêmes, en

particulier sur leurs 3^eux et sur leur cœur, de peur de blesser leur propre âme, en soignant le corps des autres.

3. Les Sœurs qui servent les vieillards et les malades ne peuvent perdre de vue que le soin des corps est subordonné au soin des âmes. Leur mission la plus importante est d'instruire, autant qu'il est nécessaire et possible, les personnes confiées à leurs soins, dans la doctrine chrétienne, principalement dans les points que tout chrétien doit connaître par nécessité de moyen ei de précepte ; de leur rappeler leurs devoirs religieux, de les. préparer à recevoir les saints Sacrements. Elles les exhorteront aussi à observer exactement le règlement de la maison, à vivre entre eux en bonne entente, à s'aimer et à se prêter assistance mutuelle.

Souvent, mais toujours aux moments propices, sans fatiguer ou importuner les malades, elles leur suggéreront des pensées salutaires, les exhorteront à la patience et à la résignation à la volonté divine, en un mot, les prépareront à une sainte mort et à l'éternité bienheureuse.

IL — La Mère désigne les Sœurs appelées à soigner les malades à domicile. Cette mission de la Mère est bien délicate, et exige un jugement éclairé, une grande connaissance de ses sujets, comme des personnes chez qui les Sœurs sont appelées, enfin beaucoup de réflexion et de prières.

Les instructions données au numéro précédent sont applicables aux Sœurs qui soignent les malades à domicile. En outre, celles-ci se conformeront aux dispositions suivantes :

1. Elles n'iront point dans d'autres maisons que celles où elles sont envo3^ées, et ne séjourneront pas plus longtemps dans une maison que leur service charitable ne l'exige.

2. Elles se souviendront toujours qu'elles sont placées auprès des malades uniquement pour les assister et non pas pour se mêler des affaires temporelles des familles ou d'autres choses étrangères au service des malades.

3. Elles ne se conduiront, dans les maisons où elles sont, ni en maîtresses ni en servantes, mais comme des Religieuses envoyées pour assister par charité les membres souffrants de Jésus-Christ leur Epoux. C'est pourquoi elles ne donneront jamais aucun ordre aux domestiques de la maison, mais elles leur demanderont toujours poliment ce dont elles ont besoin; pour le même motif elles ne feront dans les maisons, où elles sont envoyées, d'autre travail que celui exigé par le service des malades. Si on voulait les charger de l'une ou de l'autre besogne étrangère à ce service, elles répondront avec politesse que leur Règle et leurs Supérieurs ne le leur permettent point,

Page 1