CHAPITRE IV
Office de la Supérieure générale ou de la
Mère-Supérieure de l'unique maison
existante.
I. — Le premier devoir de la Supérieure de la Communauté, son devoir essentiel, celui qui résume tous les autres, c'est de suivre rigoureusement les Constitutions et la sainte Règle
et de veiller soigneusement à ce qu'elles soient exactement observées par tous les membres de la Communauté,
Elle ne peut apporter le moindre changement aux Constitutions ni à la sainte Règle ; elle se gardera d'introduire aucune coutume nouvelle, quelque bonne qu'elle puisse paraître, sans le consentement de Sa Grandeur Mgr l'Évêque.
D'autre part, elle maintiendra avec soin toutes les bonnes coutumes, quoiqu'elles ne soient point prescrites par la Règle. Elle ne laissera subsister ou s'introduire aucun abus. Sont réputés abus, certains usages contraires à la sainte Règle et à l'esprit de la vie religieuse.
II. — Dans des cas particuliers, et pour des motifs fondés et pressants, la Supérieure peut dispenser les Sœurs de l'observation de l'un ou -de l'autre point de la Règle. Toutefois, si cette dispense doit être de quelque durée, elle ne l'accordera point sans avoir consulté les Sœurs Conseillères.
Sans autorisation expresse de l'Evêque, la Supérieure ne peut accorder des exemptions générales, par lesquelles certaines Sœurs seraient dispensées de tous les points de la Règle ou, bien toutes les Sœurs de l'un ou de l'autre de ces points.
III. — La Supérieure, en tout ce qui concerne l'observance de la Règle, se trouve sur
le même pied que les autres Sœurs. Jamais elle ne fera d'exception pour elle-même; elle tâchera au contraire d'être un exemple d'observance exacte et rigoureuse. Si elle a besoin de dispense, elle ne se l'accordera point à elle-même, sans en avoir préalablement donné connaissance au Conseil.
IV. — La Supérieure accueillera avec bonté et charité les Sœurs qui viennent lui demander conseil; elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour les instruire, les consoler et les encourager.
Elle écoutera avec prudence les plaintes qui pourraient lui être faites contre l'une ou l'autre Consœur, et avant d'y donner suite, elle procédera à un examen minutieux.
Elle gardera un secret inviolable sur tout ce qui lui est connu de la vie passée ou présente d'une Sœur, de ses parents ou de ses affaires de famille; elle en donnera seulement au besoin connaissance à l'autorité supérieure.
Elle corrigera et reprendra ses inférieures, qui manquent à leurs devoirs, avec douceur, et, s'il le faut, avec sévérité, mais jamais avec rudesse. Si tous les moyens, employés par elle pour ramener une Sœur à de meilleurs sentiments, restent infructueux, elle consultera le Conseil et le Directeur, et au besoin elle en référera à Monseigneur l'Evêque.
Elle veillera à ce que, sous le rapport temporel, les religieuses des différentes maisons"
soient convenablement soignées, mais avant tout à ce que les Sœurs malades ne manquent ni de consolations, ni de secours corporels et spirituels.
V. — • En général, pour ce qui est des affaires temporelles de la Communauté, la Supérieure agira en bonne mère de famille, en administratrice prévoj^ante.
I. Pour que tout se fasse régulièrement, elle tiendra les registres suivants :
lo Un inventaire de tous les biens immeubles de la Communauté et de ses affiliations, ainsi que des biens meubles et des valeurs, qui appartiennent à la Communauté (non pas des meubles de chaque maison, dont il sera question plus loin), et en outre de toutes les créances et dettes de la Communauté.
2° Un journal où sont annotées avec soin, jour par jour, toutes les recettes et toutes les dépenses, ordinaires et extraordinaires, qui concernent l'administration générale de la Communauté.
3° Un registre où sont inscrites les Sœurs professes avec leurs noms de famille, de baptême et de religion, le lieu et la date de leur naissance, le jour de leur entrée, de leur vêture, et de leur profession, ainsi que la date de leur décès. On tiendra note sur le même registre, ou sur un autre, de tous les faits remarquables concernant la Communauté.
2. Chaque année, au mois d'Octobre, la Supérieure- remettra à Monseigneur l'Evêque un compte ou rapport sur la situation temporelle de la Communauté et de ses différentes maisons affiliées, d'après le modèle déterminé par Sa Grandeur (i).
3. L'administration temporelle tout entière appartient à la Supérieure, et elle ne peut être confiée à > une autre Sœur, si ce n'est comme auxiliaire, en cas de nécessité, et ce sous la suiveillance et la responsabilité de la Supérieure. Celle-ci pourra toutefois, dans les cas prévus par les présentes Constitutions, consulter les Sœurs Conseillères; elle se soumettra du reste en tout à l'autorité épiscopale.
De même l'administration journalière de chaque maison appartient exclusivement à la Mère, sous la surveillance de la Supérieure générale.
4. La Supérieure veillera, tant par ellemême que par les Mères des maisons affiliées, à ce que tous les bâtiments et les meubles soient convenablement entretenus.
Elle ne fera point de nouvelles constructions, et 11'apportera aucun changement notable aux constructions existantes sans avoir obtenu préalablement le consentement de Monseigneur l'Évêque.
(i) V. F ormitlc!i4r£, formule 5.
5. Quant aux dépenses ordinaires, par exemple, celles qui ont pour objet l'entretien des bâtiments, des meubles, l'achat des comestibles, des fournitures jourtialières, etc., la Supérieure pour la Communauté et la Mère pour la maison qu'elle dirige, les feront de leur chef, le plus économiquement possible, quel qu'en soit le montant.
La Supérieure ne fera aucune dépense extraordinaire, s'élevant à la somrhe de, cent francs, sans l'approbation du Conseil. Elle ne permettra aux Mères des maisons affiliées de faire, sans son approbation, aucune dépense extraordinaire, ' atteignant la somme de cinquante francs,
6, On ne gardera en caisse que l'argent nécessaire pour l'usage journalier. Les Mères confieront le surplus à la Supérieure, qui placera l'argent en- rentes sur l'État, ou, de l'assentiment du Conseil, en d'autres valeurs bien sûres, afin d'en retirer un revenu annuel.
7 Sans autorisation épiscopale, ilest sévèrement défendu de prêter ou d'emprunter de l'argent avec ou sans intérêt; de vendre, d'hypothéquer, de grever et de louer des maisons ou des terres appartenant à la, Communauté; d'acheter ou de prendre à bail des biens immeubles; enfin d'accepter ou de refuser des biens immeubles, des rentes ou de l'argent, que l'une ou l'autre Sœur attribuerait à la Communauté, soit par testament, soit par donation entre vifs.
Le paragraphe traitant du vœu de pauvreté fera connaître les droits et les devoirs des Sœurs relativement à la disposition de leurs propres biens.
8. La Supérieure veillera, sous l'approbation de l'Évêque, à ce que les biens temporels de la Communauté soient, d'après les prescriptions de la loi civile, en pleine sécurité; quant aux biens de chaque Sœur en particulier, elle suivra les dispositions déterminées ci-après, relativement au vœu de pauvreté.
Elle ne confiera à personne, pas même à des avocats, notaires, etc., l'arrangement d'affaires ou de difficultés qui auraient surgi, et elle ne demandera conseil ou ne donnera à qui que ce soit aucun renseignement à ce sujet, sans y avoir été préalablement autorisée par Monseigneur rÉvêque.
9. Pour éviter que le souci des affaires temporelles ne fasse tort à l'esprit religieux, elle ne parlera jamais aux Sœurs des difficultés concernant l'administration temporelle, sinon, pour autant que de besoin, au Conseil ou au'x Sœurs que la chose concerne.
VL — La Supérieure générale fera, deux fois par an, la visite régulière de chaque maison affiliée, afin de se rendre un compte exact de la situation matérielle et morale de chacuned'elles, et d'entendre et d'examilier chaque Sœur en particulier.