XVIII INTRODUCTION
unique et sur les décisions de laquelle le souverain n'avait qu'un droit de veto suspensif; mais elle ne devait pas être appliquée. Le retour du roi Ferdinand ne fut pas plus favorable aux patriotes qui avaient organisé la résistance à l'invasion qu'aux partisans (afrancesados) du roi Joseph ; la masse de la population, d'ailleurs, acceptait volontiers la restauration simultanée de l'inquisition et du pouvoir absolu. — En présence de l'insurrection de 1820, le roi jura d'exécuter la constitution de 1812, et les Cortès se réunirent; mais l'intervention armée de Louis XVIII permit à Ferdinand de ne point tenir ses promesses et assura encore une fois le rétablissement de l'ancien régime. Ferdinand mourait en 1833, après avoir fait reconnaître les droits de sa fille par une assemblée de nobles, d'ecclésiastiques et de députés des villes qui rappelaient les Cortès du temps de Philippe V beaucoup plus qu'ils ne constituaient une représentation nationale. — La régence de la reine Christine, celle d'Espartero et le règne dlsabelle se succédèrent au milieu des embarras de la guerre civile suscitée par les prétentions de don Carlos et de ses enfants. Les revendications libérales, manifestées, pendant cette longue période, presque exclusivement par des pronunciamentos militaires tour à tour triomphants ou écrasés, laissèrent flotter la nation entre des essais de monarchie constitutionnelle et des retours au régime absolu : le parti libéral lui-même, quand il fut aux affaires, recourut souvent à la dictature. Le statut royal de 1834 instituait deux Chambres : la Chambre haute, composée de membres héréditaires et de membres à vie nommés par le roi, et la seconde Chambre, composée de députés élus à deux degrés par les contribuables les plus imposés et par les membres des municipalités, qui toutes étaient alors à la nomination du roi. Le droit d'initiative restait le privilège exclusif du souverain. — La constitution de 1837 admettait un Sénat composé de membres choisis par la reine sur des