INTRODUCTION. XXI
d'ailleurs au Reichstag les libertés politiques, c'est pourtant sous son influence qu'elles pourront sans doute gagner successivement à leur cause les petites monarchies allemandes dont quelques unes, plus attardées que les autres, se refusent encore aux réformes constitutionnelles et laissent subsister dans leur plénitude les institutions d'un autre âge. — La majeure partie des parlements des Etats n'a point de session ordinaire annuelle et le budget y est voté pour une période de deux ou de trois ans. Dix-sept Etats n'ont qu'une seule Chambre, composée le plus souvent des délégués envoyés par les anciens ordres : ordre équestre ou grands propriétaires, bourgeoisie, paysans ; quelquefois aussi le souverain nomme une partie des membres, et la responsabilité ministérielle n'existe pas plus que le droit d'initiative. — D'ailleurs, et par un esprit de réaction contre la nouvelle constitution de l'empire, il est même question de rendre biennal le vote du budget fédéral. — A diverses reprises déjà, le Reichstag a manifesté son désir de modifier la constitution de 1871, afin d'obliger chacun des gouvernements fédérés à constituer un régime parlementaire : ses propositions ont été jusqu'à présent repoussées par le Conseil fédéral ; mais toute résistance cesserait sans doute le jour où l'Allemagne, devenue pacifique, ferait un retour vers sa tradition de 1848. — Indépendamment du suffrage universel établi pour l'élection des membres du Reichstag, on peut signaler son introduction antérieure pour les élections à deux degrés des membres de la seconde Chambre en Prusse et dans le Grand-Duché de Bade.
L'Empire d'Autriche avait gardé aussi, jusqu'en 1848, le régime de la monarchie absolue. Il était à prévoir que les questions de nationalité se feraient jour tôt ou tard avec une violence extrême au milieu de ces peuples si divers de race et d'intérêts: les Allemands, les Magyars, et les Tchèques ou les Slaves, et, avant que le développement des li-