‹ Constitutions européennesChapitre 17 sur 274 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

l'autre à dominer l'Allemagne unifiée. — La question des libertés politiques n'apparut au grand jour qu'en 1848, comme contre-coup des événements de France ; l'Allemagne se couvrit alors de constitutions destinées à disparaître pour la plupart à bref délai. Le Parlement de Francfort tenta vainement de réaliser l'unité ; il offrit au roi de Prusse, qui refusa, la couronne impériale avec une autorité limitée par les droits d'une Chambre qui devait sortir du suffrage universel. Le gouvernement autrichien, victorieux dans ses affaires intérieures, eut vite raison de ces divers efforts : il conserva sa prépondérance en Allemagne et réussit à maintenir, dans sa forme féodale, la Diète de la Confédération germanique. Tout mouvement libéral disparut alors et l'on se prépara à la guerre, sanglante cette fois, qui devait décider de l'hégémonie entre les deux monarchies rivales. Commencée en Danemark, la crise se termina à Sadowa par la victoire et l'agrandissement de la Prusse. — La constitution de l'Allemagne du Nord, en 1867, transforma la Diète et organisa, à côté d'un Conseil fédéral qui représentait les souverains, une Chambre élective au profit de laquelle la loi de 1869 établit le suffrage universel. — La constitution de l'empire, en 1871, a resserré les liens entre les États du Sud et ceux du Nord sans modifier sensiblement l'état des choses inauguré en 1867. — En résumé, l'unité a absorbé exclusivement les esprits depuis 1852 ; elle s'est faite, sauf quelques réserves de la part de plusieurs États ; mais les habitudes militaires et la politique de conquête devaient réagir sur l'organisation constitutionnelle.En tant qu'Empire, l'Allemagne n'a pas encore un régime représentatif, et les droits concédés au Reichstag sont peu étendus. Assemblée plutôt consultative que délibérante, n'ayant point action sur un ministère responsable, la Chambre allemande est placée sous la surveillance du Conseil fédéral, où l'intérêt dynastique des divers souverains allemands est assuré de trouver une sauvegarde protectrice. — Si incomplètes que soient

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