XXII INTRODUCTION
bertés politiques pût utilement se manifester, il fallait décider du sort même du vieil empire autrichien, embarrassé à la fois par le soulèvement de ses peuples orientaux et par les difficultés du rôle prépondérant que le congrès de Vienne lui avait laissé sur l'Allemagne. Les années qui s'écoulèrent de 1847 à 1852 virent éclore une explosion formidable : elle coïncidait avec l'agitation allemande, et la révolution française de 1848 contribuait à augmenter son clan. Chaque peuple restant étroitement cantonné dans la revendication de sa nationalité, le sang coula inutilement en Bohême, en Hongrie, en Croatie et à Vienne. L'effort fut stérile, malgré son héroïsme, et le pouvoir absolu reprit ses droits en 1852. Néanmoins, des multiples constitutions, accordées pendant les moments de crise, et reprises plus tard, quand la force le lui permettait, par le pouvoir impérial, il en restait assez, dans le souvenir du moins, pour qu'au lendemain de Sadowa les libertés publiques fissent un pas en même temps que la question des nationalités. L'empire d'Autriche sortait définitivement de la Confédération germanique par le traité de Prague. L'année suivante, il consentit à l'établissement du « dualisme, > donnant ainsi satisfaction à ce besoin d'autonomie pour lequel la Hongrie avait tant souffert vingt années auparavant. Les aspirations slaves ou tchèques ne sont pas encore satisfaites, et la couronne autrichienne s'efforce de maintenir quelque union entre les nationalités un peu disparates, qui composent aujourd'hui la € Cisleithanie i d'après les termes du compromis de 1867. La Moravie et surtout la Bohême ont paru, à diverses reprises, disposées à suivre l'exemple des Magyars et à réclamer, elles aussi, une séparation d'avec l'Autriche. Cependant, et malgré ces difficultés, le progrès libéral n'a pas cessé de s'affirmer. — En Autriche, les lois de 1867, mises cette fois à exécution, ont établi une monarchie constitutionnelle avec deux Chambres ; la seconde seule est élective, mais jouit des droits