INTRODUCTION. XXIII
qui sont en rapport avec le régime parlementaire : ses membres, élus, jusqu'en 1873, par les Diètes locales de chacun des pays cisleithans, sont, depuis cette époque, directement nommés par des électeurs censitaires répartis entre diverses catégories suivant un mode, il est vrai, encore un peu suranné. — Dans l'autre partie de l'Empire, en Hongrie, ou « Transleithanie », la seconde Chambre du Parlement — également seule élective — a fait revivre en l'améliorant et en abaissant le taux du cens, l'ancienne loi électorale hongroise de 1848. C'est, comme en Autriche, le régime parlementaire définitivement assis. — Enfin, les affaires restées communes entre la Hongrie et l'Autriche sont administrées avec un ministère spécial par les « Délégations », véritable parlement composé des membres choisis par le parlement autrichien et par le parlement hongrois.
Les États nouveaux constitués depuis le commencement du siècle au sud-est de l'Europe apportent aussi leur part de réformes libérales. — La Roumanie a adopté la monarchie constitutionnelle, avec deux Chambres élues par des électeurs censitaires. — La Serbie conserve un régime mixte qui laisse une grande influence au souverain. La Chambre unique, toutefois, est nommée pour un quart par le prince et pour le surplus par le suffrage universel. — La constitution de la Bulgarie (1879) établit une seule Chambre élue par le suffrage universel.
Enfin, le suffrage universel existe aussi en Grèce avec une monarchie constitutionnelle qui laisse d'autant mieux fonctionner le régime parlementaire qu'il n'y a qu'une seule Chambre. La dernière loi électorale (1877) a réglé les prescriptions qui ont pour but d'assurer la liberté et le secret du vote suivant un mode spécial, unique en Europe, et intéressant à étudier*