Etalons à bouts et calibres industriels
i°. — Avant d'aller plus loin, il est bon de préciser la nature du problème auquel les étalons à bouts fournissent une solution.
Il s'agit de donner à certaines pièces industrielles interchangeables les dimensions voulues : on emploie des calibres. Pour vérifier ces calibres, des étalons sont nécessaires ayant entre leurs extrémités la longueur prescrite : ce sont des étalons à bouts. Nous verrons plus loin comment on les compare aux règles à traits, règles qui sont les traductions fidèles des prototypes.
2°. — Plusieurs problèmes se posent à propos des étalons.
Le bon fonctionnement d'un mécanisme ajusté avec toute la précision possible exige que la température d'usage ne s'éloigne pas sensiblement de la température d'ajustage (température de définition de la machine), à supposer que toutes les pièces n'aient pas le même coefficient de dilatation. Dans ce cas, du reste, il est vain de perfectionner l'ajustage. Si les pièces sont de métaux de dilatations très voisines, la machine, ajustée à une température, reste sensiblement ajustée pour des températures notablement différentes.
De là résulte un premier corollaire : les étalons à bouts doivent être en acier, non seulement parce que ce métal peut acquérir une dureté qui les garantit contre les déformations, mais encore parce .que, l'acier ayant sensiblement le même coefficient de dilatation que le métal dont on construit les machines, les étalons pourront servir à toutes les températures pas trop éloignées de leur température de définition.
3°. — Heste à savoir quelle doit être la température de définition, c'est-à-dire la température pour laquelle la longueur réelle de Téta- Ion est égale à sa valeur nominale.
Les ingénieurs ont proposé de donner aux étalons, par suite aux machines, leur longueur nominale à une température comprise entre 15° et 20°. Avec raison le Bureau international des poids et mesures s'est élevé contre l'introduction d'une température normale secondaire dans la définition des unités métriques. 11 a décidé que les étalons à bouts seraient exacts à la température de la glace fondante, température bien déterminée et facile à obtenir.
Certes, les machines ne fonctionnent jamais à cette température; mais c'est un inconvénient minime, étant donnée la quasi-égalité des coefficients de dilatation des métaux servait a fabriquer les étalons. Les étalons égaux entre eux à 0* ou ayant à cette température un certain rapport, sont encore égaux à 20° ou conservent le même rapport à cette nouvelle température.
Quand une machine contient des métaux d'inégales dilatabilités, il devient nécessaire de l'ajuster au voisinage de la température d'usage. Même dans ce cas, qu'importe que ce soit avec des étalons
SYSTEME MÉTRIQUE 1 fil
ayaiitO* pour température de définition, puisque la grandeur absolue de la machine n'intervient pas ?
Malheureusement, les constructeurs vendent des étalons et calibres sans indiquer la température de définition. J'ai, par exemple, sous les yeux un catalogue de bagues et de tampons dont la précision garantie (!) est de 2 |i, cela jusqu'au diamètre de 200 mm. Mais on oublie de dire à quelle température la longueur réelle est égale à la longueur nominale.
Pour simplifier, admettons que l'acier se dilate d'un millimètre ilUOQ ■'■ par mètre, pour une élévation de température de 100". 11 se dilate donc de 10 j* par mètre et par degré. L'étalon de 20 cm. se dilate de 2 ;i par degré. Il serait donc du plus élémentaire bon sens d'indiquer pour quelle température ces calibres.
île haute /irt'eision sont censément exacts, la loi n'imposant encore aucune convention.