Ordonnances de
La fabrication et la vérification des poids et mesures commerciaux est encore réglée dans son ensemble parcelle loi et les ordonnances explicatives de 1839. Les quelques modifications introduites ont été rendues nécessaires par les progrès industriels. La lecture de ces ordonnances produit d'abord sur le physicien un ahurissement que la visite d'un bureau de vérification accroît notablement. Non seulement les tolérances légales sont énormes, mais de toute évidence on ne peut certifier qu'elles ne sont pas dépassées : en lait, les vérifications sont exécutées au petit bonheur.
II ne saurait en être autrement; il n'existe, du reste, aucun intérêt social à ce qu'il en soit autrement. Après avoir réfléchi d'une part au nombre formidable de gens dont les/><W.v ri mesures sont soumis à des vérifications premières et periot/it/ues* par suite au temps qu'exigerait une vérification quantitative précise; d'autre part, au peu d'intérêt que présente ordinairement dans le commerce la prévision dans les mesures, on admettra que. les choses sont ce qu'elles peuvent être et qu'il est inutile de mettre de la précision sur le papier. Quand vous achetez une livre de bonbons de clmeolal, voih exigez que le plateau de la balance v tombe »: dès lors à quoi ^«ivirait-il que. le poids de 500 grammes soi! exact au centigramme près ? La tolérance légale est d'un décigranimc: quel intérêt réel existe-t-il de s'assurer que le poids présenté à la vérification ne pèse pas 500,1.5 grammes, ce qui en toute rigueur doit le faire
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rejeter? Les vérificateurs se gardent d'une minutie commercialement inutile : ils opèrent au petit bonheur.
Encore pourrait-on à la rigueur vérifier le poids h la précision légale. Mais le physicien lui-même se tirerait avec peine d'une vérification précise des capacités, en raison des difficultés inhérentes à ces sortes de mesures, en particulier à celles que produit la capillarité pour les liquides. Quant aux mesures de longueur, elles font intervenir des questions singulières.
Par exemple, la tolérance sur le demi-mètre en bois est de 6 dixièmes de millimètre par excès; le demi-mètre commercial est donc indéterminé entre 500,0 et 500,6 millimètres légaux. Si vous commandez un prisme ayant entre ses sections droites extrêmes une longueur d'un demi-mètre, vous n'avez pas le droit de vous plaindre tant que sa longueur restera comprise entre les limites ci-dessus fixées.
Pratiquement, la difficulté n'existe pas, parce que de deux choses Tune : ou Terreur de 0,(5 mm. sur un demi-mètre n'a pas d'importance (ce qui est le cas de la plupart des objets en bois), ou le constructeur trouve de son intérêt d'avoir des mesures plus exactes que ne l'exigent les bureaux de vérification, cela, pour ne pas compromettre la réputation de sa maison.
En somme, nous devons considérer les bureaux de vérification, non comme des établissements scientifiques, mais simplement comme protégeant les citoyens contre des fraudes inacceptables. C'est pourquoi l'ordonnance n'admet que des erreurs en plus : toute mesure erronée en moins est rejetée sans autre forme de procès.