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Homogénéité du verre

Avant d'aller plus loin, insistons sur l'absence d'homogénéité des plateaux de verre tirés d'une même fonte. Par exemple, dans une fonte pour laquelle le verrier indiquait un indice (raie D) égal à 1,6137, les divers plateaux avaient des indices à peu près également répartis entre 1,613 et 1,615 : la variation est donc de quelques millièmes. Une telle hétérogénéité produit sur le paramètre v de dispersion des variations de Tordre du centième (voir mon Optique géométrique).

On peut soutenir que le résultat est fort beau, l'homogénéité et la précision étant choses très relative^. La conclusion change singulièrement si l'on remarque que les calculs optiques sont aujourd'hui poussés à un degré de perfection extrême, que l'on désire supprimer jusqu'aux plus petites aberrations, mais que l'hétérogénéité précédente suffit à rendre ce travail théorique parfaitement illusoire.

Dans un même plateau de verre, même bien recuit, on peut trouver une hétérogénéité du même ordre, suivant que le prisme d'essai est taillé dans la matière du bord ou celle du centre.

Il faut attribuer ces imperfections à ce que le verre n'est complètement fluide à aucun instant de la fabrication : c'est une pâte plus ou moins épaisse, dans laquelle le mélange est difficile. En élevant la température dans l'espoir d'un brassage plus parfait, on exagère le nombre des bulles.

Les parties du bloc qui provient d'une fonte, se trouvent d'abord en des points différents du creuset; d'où une hétérogénéité chimique, à laquelle se superpose une hétérogénéité physique provenant du refroidissement et subsistant partiellement malgré le recuit.

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