Fabrication du verre. j
1°. — Matériaux.
La silice est prise sous forme de quartz, de silex (qu'on chauffe et qu'on projette dans l'eau froide pour Y étonner, puis qu'on bocarde), ou sous forme de sable, contenant le moins possible de fer quand on cherche un verre incolore.
Les alcalins sont pris sous forme de carbonates de sodium et de ' potassium, de sulfate de sodium, même de sel marin.
La chaux est prise sous forme de chaux, parfois de craie ou d'un carbonate de chaux quelconque.
L'alumine est empruntée à l'argile silicate d'aluminium). -
Nous donnons ci-dessus la teneur en plomb sous la forme PbO (litharge). En fait, le plomb est introduit sous la forme minium (Pb'O4). Le minium ne doit être ni cuprifère (coloration rouge du verre obtenu), ni argentifère 'coloration jaune).
Pour supprimer la coloration vert-bouteille que donne le fer, on utilise le bioxyde de manganèse ,MnO*, savon des verriers).
i)0. — Creusets et fours.
La fusion se fait dans des creusets hauts de 50 à 80 cm., épais d'une dizaine de centimètres. La matière est un mélange d'argile fraîche (silicate d'alumine) et de briques réfractaires pulvérisées (argile cuite). On la malaxe, on la tourne. Les creusets sont séchés lentement; puis, après un temps suffisant à basse température, on les met dans le four, d'abord vides, puis avec des débris de verre. Les parois se recouvrent d'un verre difficilement fusible, formant couverte.
Les fours à verre sont bâtis en briques très réfractaires d'une composition analogue à celle des creusets, reliés par une bouillie d'argile. Le laboratoire du four est un espace voûté, dans lequel on dispose une douzaine de creusets; le foyer est au-dessous.
Suivant le combustible employé, les creusets sont ouverts ou fermés; il faut éviter que les gaz de la houille ne lèchent la matière en fusion. La fumée colore le verre et réduit le cristal.
Je n'insiste pas sur les fours à bassin et sur le chauffage par récupération, mon but étant simplement de fixer les idées du lecteur.
.7°. — Fusion, Ai-tina<;e.
Quand le four a atteint une température voisine de 1200°, on introduit dans les creusets des débris de verre, puis le mélange de silice, de carbonates et d'oxyde. La charge (de J00 à 200 kilogs pour les verres d'optique) se fait en plusieurs fois. Quand elle est complète, on pousse le feu. A la surface apparaît le fiel du verre, impuretés qu'on enlève.
On maintient la température, ce qui affine le verre. Les corps non dissous, les grumeaux, se déposent; les bulles gazeuses s'éliminent. On aide l'affinage par une agitation convenable, un brassage au moyen do crochets en fer au bout desquels on emmanche une. sorte de creuset étroit et long. On insuffle parfois dans le verre do l'air ou de l'oxygène.
Pour les verres d'optique surtout, le brassage doit être intense et prolongé.