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Méthode de Gambey

i". — Je ne sais pas ce que faisait M. le baron Séguier du temps qu'il vivait, sinon qu'il était académicien libre, ce qui, pour beaucoup de gens, est une raison suffisante d'exister. Mais ce que je sais bien, c'est avoir rarement lu quelque chose de plus stupide que sa note sur la méthode de Gambey pour diviser les cercles. Pauvre Gambey! M. le baron a beau nous affirmer que son confrère l'honorait de toute sa confiance et l'avait rendu témoin de la délicate opération qu'il est censé décrire, je plains Gambey de passer â la postérité sous une pareille égide. Malheureusement je suis bien forcé de vous décrire la méthode de Gambey d'après son truchement baronesque : excusez-moi si je me trompe.

Gambey plaçait son cercle horizontalement, l'axe debout sur sa pointe. Quatre microscopes étaient montés sur des massifs de pierre. Gambey déterminait, par la méthode que connaît le lecteur, deux diamètres à angle droit. Les microscopes étaient dès lors invariablement fixés. Il résulte d'une phrase de Séguier «pie Gambey déterminait par tâtonnement an coin f> fia un certain nombre de points équïdistants dans un quadrant, points qu'il reportait sur les autres quadrants au moyen de microscopes. Séguier ne dit pas le nombre de ces points repères.

Gambey installait alors à la place d'un des microscopes une fraise tranchante avec laquelle il creusait des sillons en face des repères ci-dessus déterminés, sillons ayant la pente de la denture à obtenir. 11 utilisait pour cela un des autres microscopes.

En définitive, le cercle est creusé d'un nombre .r de sillons aussi èquidistants que possible.

100 CONSTRUCTION DES instruments de mesure

L'espace à garnir entre les sillons est apprécié avec une règle divisée; une vis tangente est construite ayant un pas tel qu'il entre un nombre entier de fois dans l'intervalle de deux sillons. Cette vis, cannelée comme un taraud (fig. 90 bis, F), sert de fraise pour creuser une denture épousant son propre filetage. Nous voici donc revenu à la méthode du duc de Chaulnes; précisons les perfectionnements.

2°. — Je laisse de côté le taraud en deux tronçons, dont le déplacement relatif faisait varier le pas. A la rigueur, on conçoit la possibilité d'un taraud à pas variable, composé d'au moins 4 ou 6 secteurs déterminés par des plans méridiens de la vis dans laquelle le taraud est taillé; on ne conçoit pas un taraud à pas variable formé de deux tronçons.

Un meilleur perfectionnement consiste à réaliser d'abord une denture moyennement exacte, en taillant séparément les espaces compris entre deux sillons-repères consécutifs : on arrête l'action du taraud au moment où le premier filet arrive sur un sillon; on y engage le dernier filet, sans chercher d'abord à raccorder le travail.

Pour que la taille sôit régulière, il faut rendre le plateau à tailler parfaitement libre d'obéir à la fraise ; Gambey équilibrait le frottement du cercle sur son pivot au moyen d'une corde enroulée sur Taxe vertical du cercle, passant sur une poulie d'axe horizontal et portant un poids convenable.

Le meilleur dispositif me paraît l'emploi d'un plateau formé de deux plateaux superposés, vissés l'un sur l'autre et taillés1 ensemble. La denture obtenue, on dévisse les plateaux; on tourne l'un par rapport à l'autre de 90° ou de 180°, on revisse et l'on retaille. Il est clair que si les dentures sont parfaites, une rotation relative d'un nombre entier de dents ne doit rien changer.

Gambey employait deux et quatre tarauds maintenus à des disdances angulaires invariables et fortement pressés contre le plateau à fileter. Pour éviter que le plateau cessât d'être rond, le support du taraud est muni d'une vis de butée prenant appui sur une partie de la jante non attaquée et réglant la profondeur de la coupe.

,?°. — Évidemment tout cela est très judicieux. Mais le lecteur doit comprendre que s'il est possible d'obtenir une vis rectiligne quasi parfaite (§ 91), il ne Test pas d'obtenir une denture circulaire d'une perfection comparable.

D'abord le taraud qui épouse une denture circulaire ne la touche qu'en un petit nombre de points; la régularisation automatique par contact simultané sur un grand nombre de filets est impossible, même avec un filetage exécuté sur un demi-tore creux.

Tandis qu'avec un écrou et une vis droite le rodage est indéfiniment permis, il ne l'est plus pour une denture circulaire. En effet, le rodage ne peut évidemment pas changer le nombre de dents, les creux ne pouvant se remplir de matière : donc le pas du taraud est immuable. Au contraire, le nombre de dents du cercle restant invariable, le pas doit diminuer à mesure que diminue le diamètre,

COMPAS ET CERCLES GRADUÉS t'Jl

c'est-à-dire à mesure que les parties frottantes se rodent mutuellement. 11 faut donc partir d'un taraud à pas légèrement trop petit pour le diamètre du limbe, ou, ce qui revient au môme, d'un limbe légèrement trop grand pour Le taraud, alin que, la denture terminée, le rodage ait enlevé juste ce qu'il faut pour ramener l'égalité des pas. Est-îl bien nécessaire de prouver au lecteur qu'à inoins d'une -providence spéciale pour lps constructeurs de cercles, la denture a des chances de ne pas être régulière, juste, au moment où le rodage amène l'égalité des pas?

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