‹ Construction, description et emploi des appareils de mesure et d'observationChapitre 174 sur 402 · Emploi de la méthode (Foucault · texte numérisé non relu

Emploi de la méthode (Foucault

i". — La méthode des rayons aberrants est d'une remarquable élégance (fig. 198).

Eclairons la surface d'un miroir (nous verrons comment la méthode

se généralise) au moyen d'un cône de rayons divergents issus d'un petit trou S fortement éclairé. Plaçons un très petit écran K de manière qu'il intercepte juste l'image donnée par le miroir. Si le miroir est exactement stigmatique, nous supprimons ainsi toute lumière pour l'œil O placé au delà de l'écran.

Mais si la surface du miroir est irrégulière, l'écran ne supprime pas tous les rayons réfléchis : d'où la possibilité de conclure la

position et la nature des défauts, de la luminosité plus ou moins grande des diverses parties du miroir.

Si, plaçant l'œil en 0\ l'élément A du miroir parait lumineux, il faut que la normale à cet élément, au lieu d'être AC, soit quelque part du côté A*. Si, plaçant l'œil en O", l'élément A parait lumineux, il faut que sa normale soit quelque part du côté As'.

Nous revenons en un sens à la méthode du diaphragme (§ 171). Le trou S et la pupille étant l'un et l'autre très petits, chaque élément du miroir étant assimilable à un élément de plan, il faut mettre l'œil sur une droite bien déterminée pour que, regardant un élément, il paraisse lumineux (à la petite luminosité près due à ,1a diffusion). L'avantage de la méthode actuelle est, au moyen de l'écran E, d'éliminer le régulier et de ne laisser que l'irrégulier.

Les parties défectueuses du miroir tranchent donc en clair ou en obscur sur lés parties correctes. D'où la possibilité des retouches locales.

or

Ai

Fig. 199.

20. — Comme il s'agit d'expériences fondamentales,' le lecteur répétera les suivantes \(\g. 199).

Un trou A est éclairé par une source S; la lentille L en donne l'image A'. On vérifiera qu'il est possible de placer l'œil de manière que la surface de L paraisse uniformément éclairée. L'image A' se forme alors sur la pupille. La tète restant immobile dans cette position, il est possible d'introduire devant l'œil un petit écran tel que, pour un déplacement petit de cet écran, la surface de la lentille devienne obscure. L'écran s'interpose alors entre la pupille et l'image.

Constituons un appareil avec deux lentilles et deux prismes (fig. 199). Il donne généralement du trou A deux images distinctes At et A2 : en déplaçant les prismes nous arrivons à superposer ces images. On trouve alors une position de l'œil telle que les surfaces des prismes paraissent en même temps uniformément lumineuses. Mais, la tète restant immobile, le moindre déplacement de l'un des prismes supprime l'éclairage uniforme de ce prisme. Le second dispositif constitue un appareil complexe dont nous pouvons dissocier les éléments; il est comparable à deux éléments de miroir, avec cet

OBTEXTlOïf ET ESSAI DES MIROIRS PLANS ET COXCA VES ^11

avantage qu'on ne peut changer la situation relative des cléments d'un miroir, tandis qu'on peut modifier les parties de l'appareil indépendamment l'une de l'autre.

Reprenons la première expérience. Plaçons la tête de manière que la lentille L soit uniformément éclairée. Avec un peu de baume de Canada modifions une partie de la surface : elle cesse d'être uniformément lumineuse, les rayons y devenant irrégulièrement réfractés. Inversement, couvrons l'image régulière A' par un petit écran; promenons l'œil autour de cet écran : la surface de la lentille reste sombre, à l'exception des points que nous avons modifiés par la couche de baume.

Page 1