Réticules
1". — On appelle réticule un système de fils 1res fins servant à repérer le plan où se produit l'image réelle voisine de l'œil. En général, on utilise simultanément un réticule et un oculaire positif : le plan du réticule est donc à une distance du verre antérieur de l'oculaîre de l'ordre du millimètre.
Le réticule se réduit souvent à deux fils en croix déterminant un point. Dans les lunettes méridiennes (servant à déterminer les heures des passages au méridien), le réticule est composé de 0 ou de 1 1 fils verticaux, autant que possible équidistants. A ces fils on adjoint un lîl mobile dans un plan très voisin; pour cela il est porté par un chariot m ù par une vis inicrométrique (S 230 bis). Il sert à déterminer l'écarteiuent des fils.
'J*. — Les fils rétïculaires sont ordinairement tirés des cocons ou des toiles d'araignées. Leur diamètre est de l'ordre de 5 ;*. Ils doivent leur valeur à leur très grande extensibilité {élasticité, au sens vulgaire du mot, qui est juste le contraire du sens scientifique). Les fils métalliques sont mauvais parce que, si peu tendus qu'ils soient, ils s'allongent d'une manière permanente : ils ne restent donc jamais rectilignes, ne serait-ce qu'à cause des variations de température. Le fil d'araignée, au contraire, s'allonge dune manière temporaire d'une fraction notable de sa longueur : il reste tendu.
Voici comment on l'utilise : c'est une opération courante dans les laboratoires.
Avec du fil d'acier ou de laiton raide, on construit un petit arc AA auquel on colle par fusion deux fragments CC de gola/, ou d'un autre mélange fondant à la chaleur.
On lire du cocon un bout de fil; on ramollit le gola/. d'un colé et on enroule le fil dans le golaz ramolli; on laisse refroidir. Ou opère de même de l'autre côté en pressant au peu le petit, arc entre, les doigts. Le golaz refroidi, on détend l'arc ; le fil se trouve ainsi tendu et allongé.
La ligure 226' représente un diaphragme; sur le pourtour du trou percé dans ce diaphragme, sont en creux les traces de deux traits rectangulaires. On pose le fil sur deux traces T, T dans le prolonge-
COXSTRUCTIOX DES IXSTRUMENTS DE MESl^RE
mont Tune de l'autre; puis on le soucie, en usant comme fer d'un bout de lil de 1er, comme soudure d'un peu de cire vierge D.
On a le soin de bien faire fondre la cire.
On vante les réticules en (ils de quartz argentés; mais je ne vois pas en quoi ils remportent sur les fils d'araignée, qui durent plusieurs années et ne coulent que la peine de les ramasser.
,?\ — Précision des i»oixtks.
On superpose mal deux traits opaques, l'un cachant nécessaire* ment la position de l'autre. Il est beaucoup plus précis d'amener un trait à bissecter l'intervalle de deux traits ou fils parallèles voisins. On utilise parfois un trait interrompu (fig. 226 à droite), plus large que le trait à faire coïncider quand ce dernier est opaque; l'œil juge avec précision si le plus fin est dans Taxe du plus gros.
Pour amener une image réelle t dans le plan normal T/'à la direction de visée TO, on s'appuie sur le déplacement relatif de / et de T quand la ligne de visée change (quand l'oeil passe de O à O').
Kig. 22(5.
Supposons que dans la première position T paraisse coïncider avec /; dans la seconde la coïncidence n'existe plus. On a :
TF^T/.tga.
L'angle a étant petit, si le trait est d'abord en /', l'intervalle TV ne paraît pas varier quand l'œil se déplace. La méthode consiste donc à hocher la tête et à vérifier que les intervalles ne changent pas.
Nous avons vu au S 187 que la position des diaphragmes influe sur la précision de ce critérium.