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Mires lointaines des astronomes

1°. — La mire idéale serait une étoile immobile dans le ciel, située à l'horizon du plan méridien de l'observatoire et assez lumineuse pour ne pas être confondue avec d'autres lumières. Certes il est théoriquement possible de réaliser approximativement ce programme. Mais si l'observatoire est dans une ville, on risque de confondre l'étoile artificielle avec d'autres points lumineux. S'il est isolé, il faut construire et entretenir une ligne électrique permettant d'allumer et d'éteindre à volonté la source lumineuse servant d'éto île- Dans le premier cas, rien à faire. Dans le second, on tourne la difficulté au moyen d'un collimateur à réflexion, grâce à une observation curieuse de Fizeau.

La voici. Plaçons un point lumineux dans le plan focal principal d'un objectif; réduisons autant que possible les dimensions de c& point (petit trou d'aiguille dans une plaque métallique). L'Optique géométrique indique en arrière de l'objectif l'existence d'un faisceat* cylindrique de rayons parallèles ayant juste la section droite de ctf objectif. Au contraire, l'expérience, d'accord avec la Théorie des ondulations, montre que le faisceau lumineux s'élargit; l'objectif reste lumineux quand l'observateur s'éloigne latéralement du cylindre géométrique, de quantités qui, à la vérité, correspondent toujours à des angles très petits, mais qui, à grande distance, peuvent être de l'ordre du mètre. Pour la théorie du phénomène, le lecteur se reportera au Cours sur les Interférences et la Diffraction.

2°. — Ceci posé, installons dans l'observatoire du Mont-Gros, près de Nice, par exemple, un collimateur C d'objectif L, dans le plan focal principal duquel se trouve la source lumineuse S. Installons à 6k,5 de là au nord de l'observatoire, sur le mont Macaron, un collimateur h réflexion C formé de l'objectif L' et du miroir M. Réglons les appareils de manière que le faisceau issu de L tombe sur L', soit réfléchi sur M et revienne sur ses pas. Comme conséquence de l'observation de Fizeau, au retour le faisceau est visible à quelque distance du collimateur G : on peut le recevoir dans la lunette méridienne, pourvu qu'elle ne soit pas trop éloignée du collimateur C. Pour éviter toute dissymétrie, on encadre la lunette au moyen de deux collimateurs identiques C, placés de part et d'autre à la même distance (de l'ordre de 40 cm.).

Le lecteur reconnaît dans ce système une partie de l'appareil de Fizeau pour la détermination de la vitesse de la lumière, à la différence que la lumière revient, non plus dans la lunette d'émission, mais à côté.

Au reste, on peut éclairer le collimateur à réflexion au moyen d'un oculaire autocollimateur, ce qui rapproche encore les deux dispositifs.

collimateurs, des appareils (en principe identiques à ceux des physiciens) destinés à fixer une direction. Ils se composent simplement d'une lentille et d'un réticule, le plus souvent d'une loupe Stanhope

sur la face plane de laquelle sont tracés deux traits en croix (traits brillants sur fond obscur). La loupe fournit de ces traits une Image rirtuelle très éloignée par rapport i Iai,uellc las erreurs de para Lla.rcducs au déplacement de l'œil deùcnnenl nètfligeahles.

Soit R un point lumineux (fig. 248); supposons la loupe enlevée; déplaçons l'oeil de O en O' : la variation angulaire de la ligne de visée

OR est a. Rétablissons la loupe; elle donne de R l'image virtuelle éloignée R'; le même déplacement de l'œil n'amène plus que la variation angulaire ?. Si R' est à l'infini, p est nul. Pratiquement un œilleton limite les déplacements de l'œil; il détermine d'une manière quasi parfaite la ligne de visée, alors même que R' n'est pas à l'infini.

En définitive, l'emploi d'un collimateur revient à celui d'une alidade à pinnules(§ 164). La pinnule voisine de l'œil est ici l'œilleton; la pinnule éloignée de l'œil est à la distance où se trouve l'image virtuelle donnée par le collimateur : d'où une précision très grand0 de visée.

2°. — Pointage avec le collimateur.

Le pointage avec le collimateur précédent nécessite deux pointage^ successifs : en direction et en hauteur (nous supposons les traits dt^ réticule l'un vertical, l'autre horizontal). En effet, il est impossible de voir simultanément le but et la croisée des traits.

On commence par mettre le but dans le plan vertical déterminé par le centre du dioptre (ou le centre optique de la lentille) et le trait vertical. Pour cela on hoche la tête de haut en bas : le trait vertical apparaît dans le paysage; on déplace le support du collimateur autour d'un axe vertical de manière que le but se place sur le trait vertical.

On règle ensuite en hauteur. Pour cela on hoche la tête de droite à gauche, de manière à voir successivement le trait horizontal et le paysage, plus exactement, en raison des images accidentelles (voir mon Cours sur la Vision...), le trait dans le paysage. On fait tourner le support du [collimateur autour d'un axe horizontal jusqu'à ce que le but se place sur le trait horizontal.

Quand les deux conditions précédentes sont remplies, la droite GR est dans la direction du but.

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