VÉRIFICATION
Je vais apprendre aux professeurs de lycées ce qu'est une vérification. Ils s'imaginent que cela consiste à replacer les virgules et à recompter les zéros. C'est tout autre chose.
Reprenons ce résultat.
Le point visé est à 2km,750.
Calculons la déviation de l'image mobile.
Elle est en mètres 2,40 : 2.750;
MICROMETRES, STÀD1AS ET TÉLÉMÈTRES
en millimètres 2.400 : 2.750—0,874 millimètre. Calculons la déviation due au prisme à 1 mètre :
0,01745 : 2 = 0,00873 mètre =
73 millimètres.
Les déviations se compensent si le prisme est à 10 cm.
4". — Voilà ce terrible problème résolu : deux lignes de calcul.
On lui a reproché que le mot objet est pris dans le sens de point lumineux, la superposition n'étant pas possible pour les images d'un objet étendu dissymétrique, en raison de l'existence de deux miroirs seulement (au lieu des quatre de l'appareil Barr et Straud). Belle objection, à la vérité, bien digne de gens qui avaient commencé par déclarer le problème insoluble, objection inexistante du
reste pour 1' « objet » le plus naturel à choisir, qui est un point ou un trait vertical, un mât de navire, en particulier.
On lui a reproché une indétermination. Il n'y a pas de solution unique si l'image de gauche n'est pas maintenue immobile. L'indétermination disparaît en faisant la chose la plus simple, celle qui se présente le plus naturellement à l'esprit : il faut avoir le cerveau bêtement constitué pour chercher midi à quatorze heures.
Au reste l'énoncé dit : « Montrez qu'où peut calculer... » L'orientation à donner à l'instrument rentre dans le problème aussi bien que le choix de l'objet.
Les professeurs des lycées de l'Académie de Toulouse, pris en flagrant délit d'ignorance crasse, ont dit toutes les sottises de gens qui veulent sauver la face. J'espère que les récents événements leur auront appris ce qu'est un télémètre; sans en être sur cependant : le mot n'est pas dans les programmes! Mais dans leurs polémiques,
qu'ils aient au moins l'honnêteté de ne pas supprimer les figures qui accompagnent un texte!
Démontrer des théorèmes et ne jamais les appliquer est inepte. Certains professeurs ne seront satisfaits que si le ministre publie douze problèmes entre lesquels les facultés devront choisir; on les changera tous les dix ans. Afin que personne ne risque de montrer son ignorance, les professeurs se réuniront en congrès pour élaborer les solutions. Elles seront affichées pour que nul n'en ignore. Je parie pour leur fausseté, à supposer que lé* énoncés ne soient pas idiots. Peu importe, du reste : ces messieurs leur trouveront toujours des solutions, une expérience récente est là pour le montrer!