Chronophotographie
Dans ces derniers temps on a considérablement développé une méthode d'enregistrement photographique dont voici la définition générale. On fait d'un objet une série de photographies instantanées séparées par des intervalles de temps égaux.
On obtient ainsi l'histoire de l'objet.
i°. — Objet lumineux petit sur fond obscur; plaque fixe.
La technique est simple : un disque métallique percé de fenêtres sur une circonférence concentrique à son axe de rotation, tourne d'un mouvement uniforme devant un objectif photographique auquel il sert d'obturateur à guillotine. Le diaphragme extérieur de l'objectif a juste la dimension des fenêtres.
Sur une plaque photographique immobile, on obtient d'un objet, qui par hypothèse est de dimensions suffisamment petites et se déplace assez vite sur un fond obscur, une série d'images qui correspondent aux passages des fenêtres devant l'objectif. Pour que les images soient nettes, il faut que la pose soit réduite (10 a à 1 ?), par conséquent que l'objet soit particulièrement lumineux.
Le fond doit être obscur pour ne pas voiler la plaque là où ne se trouvent pas les images de l'objet photographié.
Cette méthode permet d'étudier le vol des insectes et des oiseaux. Elle fournit de précieux renseignements sur les formes successives des animaux dans les allures même rapides (cheval au galop, homme courant), et sur la loi de variation de ces formes par rapport au temps.
Il faut que les images successives soient suffisamment espacées pour ne pas se recouvrir.
Comme il n'en serait pas ainsi pour l'homme, on le revêt entièrement de noir; sur son costume on coud des bandes blanches étroites ou des points brillants qui seuls sont assez lumineux pour impressionner la plaque.
Pour augmenter la vitesse du mobile photographié relativement à ses dimensions et supprimer la superposition des images, on utilise parfois un miroir qui tourne devant l'objectif.
2°. — ObJets de dimensions notables ou a peu près immobiles; plaque mobile.
Le problème est beaucoup plus compliqué. La méthode précédente donne des images en partie superposées qui ne sont d'aucune utilité. Il faut changer la plaque photographique après chaque épreuve. D'où la nécessité de deux mécanismes : l'un découvrant l'objectif à des intervalles de temps égaux, l'autre amenant sous
Bi» CONSTRUCTION DES INSTRUMENTS DE UESVRE
l'image réelle de l'objet étudié, une plaque sensible ou une pellicule neuves.
Bien des dispositifs permettent ces opérations d'une manière plus ou moins satisfaisante. Us sont oubliés depuis l'invention du cinématographe, sur lequel nous reviendrons.
Lorsqu'on n'enregistre les phénomènes que toutes les secondes, a fortiori pour des intervalles plus grands, il suffit ordinairement de déplacer à la main la plaque sensible sons-une fenêtre. C'est très
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facile avec une sorte de double chariot permettant des mouvements dans deux directions rectangulaires. En limitant, par exemple, la fenêtre à 2 cm1, une plaque 13x18 reçoit aisément une centaine d'épreuves. Une couche sensible sur verre est un meilleur substratum qu'une pellicule; un cliché de 3x2 cm. sur plaque donne des renseignements bien plus nets qu'une photo de cinéma.
J'insiste parce que, la mode étant au cinéma, on l'emploie à tort cl à travers, maigre son défaut capital, qui est le prix des films.