Meules
i°. — Meules en grès.
La meule ordinaire est un cylindre de grès, terminé par deux seclions droites. On la meut autour de son axe par un procédé quelconque, par exemple, au moyen d'une manivelle qu'une tringle T relie à un levier L tournant autour de l'axe horizontal O. On pose le pied sur le levier au voisinage de cet axe. Grâce au moment d'inertie relativement grand de la meule, on lui communique ainsi une vitesse suffisamment constante, malgré la discontinuité de l'action du pied.
La meule plonge à moitié dans une auge de fonte, elle-même à moitié remplie d'eau; elle se meut dans le sens de la flèche; la capote de fonte G évite les éclaboussures au moment où la pièce à aiguiser est soulevée. Celle-ci est placée comme l'indique la figure.
Les meules ordinaires sont en grès. Les grès sont des agrégats de grains de quartz, réunis par un ciment plus ou moins cohérent. Le ciment est argileux ou calcaire. Certains grès sont assez résistants pour servir au pavage; dans la construction des meules, on utilise au contraire des grès quasi poreux et retenant bien l'eau, de grain plus ou moins fin, suivant l'usage auquel on les destine.
Si la meule est sèche, elle est réduite en poussière quand on appuie dessus un outil d'acier. D'où la possibilité de la tourner, de creuser des cannelures dans sa jante, toutes opérations qui constituent le ri/loge. Si la meule est mouillée, c'est elle qui use l'acier; cependant on façonne parfois la meule mouillée. Le riflage s'effectue avec un vieux fer de rabot, un fragment de ressort, un morceau de tôle d'acier, une vieille lime, ou encore des fraises spéciales. Pour l'aiguisage des outils il est commode que la jante de la meule soit légèrement arrondie.
Les meules sont ordinairement vendues percées d'un trou carré dans lequel on fixe l'axe le plus axialement possible, avec des coins de bois ou en coulant du plomb. Elles sont symétriquement ébauchées à la circonférence; on les finit une'fois montées. L'axe est un carré C de fer de 2 à 3 cm. de coté, transformé en cylindre aux deux
bouts; on réserve on collier y qui, entrant dans une contre-parlie ménagée dans un des coussinets, supprime les translations parallèles à l'axe.
2*. — Mevles factices.
Les meules-étaient jadis toutes en grès naturels (des Vosges, de Saverne, de Provenchères, en grès rouge ou gris). On en construit aujourd'hui beaucoup en grès artificiel, c'est-à-dire en silex(quartz) réduit en poudre iine et .
aggloméré par un ciment généralement résineux.
Parfois on remplace la silice par de l'alumine (e'/Heri, S 38). On obtient alors les meules par fusion et coulage.
3*. — "Meules es cabbo-
RAHDl'W.
Pour le travail des métaux, on utilise de plus en
plus les meules en carborandum. C'est un carbure de silicium SiC, obtenu en faisant agir la haute température du four électrique sur un mélange de 35 de coke, 55 de sable siliceux et 10 de sciure de bois. Le carborandum se présente sous forme de cristaux très durs.
On les désagrège, on les tamise, on les mélange avec de l'argile, du feldspath et de 1 l'eau; on moule la pàtc obtenue, on chauffe au rou^e : on fabrique ainsi des meules <lc grains et de dimensions variés.
La figure 22 représente la meule com- Fîg. ai. plètc. L'axe mis en
rotation par une courroie (non représentée) porte une meule à chacune de ses extrémités. Pour user l'objet, on le présente à la tranche de la meule de droite, en se servant du support S pour fixer les mains. Le mouvement de la meule se produit vers le support. Quand la pièce à user est de grandes dimensions, on utilise la meule de gauche; l'objet est posé sur la partie droite du support S' et appuyé par lu main contre le plat de la meule.
Dans les meules lapidaires proprement dites, la meule est horizontale et tourne autour d'un axe vertical. Nous reviendrons là-dessus plus loin. -